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ÓMUN au Luberon Jazz Festival 2015.

Nouveau quartet du guitariste Pascal Charrier.

D 9 juillet 2015     H 06:00     A Florence Ducommun    


Ómun, mot d’origine islandaise signifiant « résonance », a bien inspiré le guitariste Pascal CHARRIER pour monter son nouveau quartet qui a résonné longtemps dans mes oreilles lors de mon premier concert au Luberon Jazz Festival le mercredi 3 juin dernier ! Résonance des instruments qui jouent certes, et résonance du corps tout entier qui reçoit et vibre en accord... ou pas ! Mais mon expérience personnelle ce soir-là a été celle d’une harmonie sur le principe que les tissus et organes se mettent à vibrer très finement lorsqu’ils sont touchés par les sons dont la fréquence est en accord avec eux...

Pascal Charrier -  voir en grand cette image
Pascal Charrier

Pascal Charrier, leader bien connu du Kami Quintet depuis plus de 10 ans, est cette fois ci le co-leader d’ÓMUN avec le claviériste Julien Tamisier. Ils se sont entourés de Robin Fincker au saxophone ténor et à la clarinette et de Sylvain Darrifourq à la batterie.

Dans la région d’Avignon, nous connaissons bien les deux premiers musiciens. Pascal Charrier a commencé ses études musicales à l’IMFP de Salon de Provence et est diplômé du conservatoire d’Avignon après être passé entre les mains d’Alain Soler et de son AMI (Atelier de Musique Improvisée) à Château-Arnoux dans le 04, avant de continuer au Centre des musiques de Didier Lockwood. Les 10 années et projets du Kami quintet lui ont permis de se hisser parmi les personnalités les plus originales et attachantes du jazz actuel.

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Ómun : Robin Fincker, Pascal Charrier, Sylvain Darrifourcq, Julien Tamisier.

À ses côtés pour composer la musique d’ÓMUN, le calme et discret Julien Tamisier a étudié le jazz au Conservatoire de Marseille. Il est un des membres fondateurs du groupe MELC. Il enseigne au C.R.R d’Avignon où il coordonne le département « Jazz Musiques Actuelles » tout en poursuivant une multitude de projets collaboratifs.

Robin Fincker et Pascal Charrier -  voir en grand cette image
Robin Fincker et Pascal Charrier

Robin Fincker a quant à lui étudié à la Guildhall School of Music (Londres) et au Conservatoire Superieur de Musique de Paris (CNSM) et partage son temps entre la Grande Bretagne et la France en tant qu’instigateur de projet hyperactif et sideman fort demandé (voir son site)

Présente-t-on enfin le touche-à-tout Sylvain Darrifourcq, un des batteurs les plus doués de sa génération ? Ceux qui ne le connaîtraient pas encore peuvent relire son portrait (par Édouard Hubert, CultureJazz.fr-2012, ici).
Ces quatre musiciens n’en sont pas à leur première collaboration puisqu’ils avaient déjà créé ensemble « Freedom Songs » au printemps 2013 et c’est donc une nouvelle aventure qui les réunit avec Ómun.

Un premier morceau qui démarre fortissimo par un petit clin d’œil à Ennio Morricone et son « Il était une fois dans l’Ouest » : c’est la Ballade de Septembre qui nous débranche aussitôt de la salle de concert pour atterrir en plein désert, d’autant plus qu’il fait très chaud ce soir-là !

Sylvain Darrifourcq -  voir en grand cette image
Sylvain Darrifourcq

Suit « L’exil de la Baleine », magnifique fresque esquissée par les quatre compères qui nous emmène converser avec les baleines sur un fond d’ostinato ultrasonique du clavier où les chants répétitifs des baleines/batterie, clarinette, guitare wahwah et claviers-battements de cœur se répondent : c’est vraiment très beau et planant ! Résonance-Ómun-vibration maximum !

Et « Poum Poum », après quelques secondes de sidération, c’est reparti sur une improvisation très electro menée tambour battant qui se fraye un « Passage » obstiné ostinato où chaque musicien rivalise pour nous embarquer de l’autre côté des apparences ! Derrière les notes composées, la magie opère et les transforme en histoire...« La danse des câbles » ( et non des canards !) me fait penser à un paysage désertique traversé par des pylones électriques dont les lignes se balanceraient dans le vide ; on glisse sur les notes qui nous emmènent en voyage dans l’espace intergalactique avec des répétitions qui nous font quitter la réalité...

Julien Tamisier -  voir en grand cette image
Julien Tamisier

« Leila » nous attend enfin à la sortie de la cabine spatiale pour reprendre doucement contact avec la Terre et nous réveiller.
C’est déjà fini ? on aurait bien continué jusqu’à la prochaine galaxie ! Ceux qui veulent repartir pouvaient pré-commander le disque qui sortira bientôt sur le label Naïnô Records.

Mercredi 3 juin 2015, 20h30 au Vélo Théâtre, APT (Vaucluse) dans le cadre du Luberon Jazz Festival 2015.

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