« Le jazz tisse sa toile... »
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JAZZ AU CHATEAU

FRONTENAY JAZZ FESTIVAL, 5 ème édition, 21 et 22 août 2015

D 30 août 2015     H 20:24     A Jacques Revon    


Frontenay, est une petite bourgade de 173 habitants dans le département du Jura.
C’est dans la cour de son château que se déroule tous les deux ans, depuis 2007, un festival de jazz. Un château construit sur un éperon au 12ème siècle : une vue imprenable !

Ce soir du 21 août, tout est au rendez-vous pour que le festival débute sous les meilleurs auspices. Il fait très beau. Le grand chapiteau où ont lieu les concerts est archi plein. Une association « Jura Jazz Haute Seille » a même été spécialement crée il y a tout juste un an pour organiser cet évènement régional de manière professionnelle.
Son président, Jean Claude Pacaud, anime l’équipe composée de 70 bénévoles, ils se réunissent non seulement par l’envie de participer à ce festival mais aussi pour le construire ensemble au village, au château .
La volonté affichée par les responsables la voici : « Permettre à cette musique d’être accessible au plus grand nombre ». Déjà en 2009, le festival avait choisi d’accueillir la chanteuse Zaz à ses tous débuts.

Cheminement parmi les mots du jazz... -  voir en grand cette image
Cheminement parmi les mots du jazz...

Mais la philosophie de l’association francomtoise ne s’arrête pas là, elle va plus loin. Dans son éditorial, le collectif lance cette année un appel musical à la tolérance, un vivre ensemble.
« Dans ces temps troublés, nous avons plus que jamais besoin de l’esprit du jazz pour rassembler les peuples, maintenir le dialogue entre les différentes cultures, ouvrir des horizons nouveaux, créer des liens fondés sur le respect, l’accueil des différences, encourager les échanges et les partages… »

Durant cette cinquième édition, un projet pédagogique original, artistique et musical destiné à des enfants des villages environnants, voit le jour pour la première fois et s’inscrit parfaitement dans une réflexion associative. Tous les enfants sont scolarisés à l’école primaire de Domblans où sera développée la totalité du projet.

L’idée pour les responsables du festival, c’est de permettre au public grâce à une exposition champêtre, de pénétrer progressivement dans l’ambiance de cette musique et dans son monde. Pour se rendre au château, les spectateurs vont garer leur véhicule puis emprunter à pied, un sentier au long duquel sont exposés les travaux des petits frontrenaisiens : panneaux, maquettes, dessins, mais aussi mobiles… des créations qui donnent d’abord une image au jazz avant d’en écouter.

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Sous une nuit étoilée et sous le chapiteau, le festival s’ouvre avec la participation vocale de treize élèves de l’école primaire, l’ensemble de ces « P’tits loups » d’un soir, est accompagné par la petite harmonie d’un village voisin, Voiteur.
Les trois chansons choisies et interprétées ont été écrites en classe dans le cadre du projet, dont celle baptisée “Rêve de p’tits loups” chantée sur un air de bossa-nova, une musique originale signée Quincy Jones.
Récompensés dans leur travail, ces treize jeunes enfants sont devenus les vedettes d’un soir.
Réussir à faire chanter du jazz par de très jeunes enfants n’est pas qu’un simple défi. Dans le cadre d’un festival de jazz, c’est une idée qui s’inscrit dans un travail conséquent.
Les textes ont été écrits en commun puis mis en musique pendant toute l‘année, avec un éveil au chant, des ateliers voix et rythmes, le tout orchestré par le soutien musical des bénévoles du festival, et celui des enseignantes de l’école. Quant aux partenaires, communauté de communes, Conseil départemental et Région Franche-Comté, ils ont eux à leur manière, facilité la mise en œuvre.

Au total, ce furent deux journées de Festival de Jazz agrémentées de balades artistiques et musicales, voire même gourmandes au sein de quatre caves du village. Les visiteurs ont ainsi eu l’occasion de rencontrer des artistes et s’ils le souhaitaient, de pouvoir déguster avec modération les crus renommés du vignoble local, Château-Chalon et autres Coteaux du Jura.

> Vendredi 21 août à 21 heures,

Mourad Benhammou et les Jazzworkers.

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Mourad Benhammou Jazz Workers

Avec Mourad Benhammou et les Jazzworkers, c’est l’occasion inespérée de se retrouver dans l’esprit des Jazz Messengers d’Art Blakey.
À Paris, en 1958 les précurseurs du Hard Bop étaient sur la scène de la salle Pleyel et jouaient entre autre le célèbre Blues March. Pendant une trentaine d’années des musiciens de renom se succéderont au sein de cette formation, dont les concerts marquent l’histoire du jazz.

Sur les traces de ces grands du jazz, ce 21 août 2015 le quintet affûté de Mourad, va subjuguer les centaines de spectateurs réunis sous le chapiteau blanc installé dans la cour du château de Frontenay.

Mourad Benhammou -  voir en grand cette image
Mourad Benhammou

Pendant plus d’une heure et demie, les Jazzworkers vont enchaîner des compositions originales dans l’esprit des inventeurs du hard bop, au point que le final se transformera en standing ovation.
Des musiciens très professionnels, riches de sensibilités instrumentales, précis comme dans les nombreux échanges et duos des deux cuivres, David Sauzay au saxophone ténor, originaire de Villefranche sur Saône et Fabien Mary à la trompette.
Au piano, un virtuose, Pierre Christophe. Pierre caresse les touches de son piano comme on sait caresser celui ou celle que l’on affectionne et soutient à l’unisson, en accords plaqués, l’harmonie instrumentale de ses amis. Enfin, à la contrebasse Fabien Marcoz, lui a fait partie du Collectif MU à Mâcon et jouait alors jusqu’à point d’heure avec d’autres musiciens dont justement David Sausay, dans une cave mâconnaise, lieu de jazz devenu mythique le « Crescent jazz club ».
Autant dire que nous avons en face de nous sur la scène de Frontenay, chacun dans leur spécialité, des pointures françaises.
Quant à Mourad Benhammou, est-il vraiment nécessaire de le présenter ? C’est un Monsieur drums généreux et convivial, au « drive » d’horloger, précis comme un métronome, un swing venu du fond des tripes, une liberté maitrisée et une assise rassurante pour ses compagnons et amis de scène.
Passionné, il précisera au public acquis à sa cause, que son mentor n’était pas moins que le batteur américain originaire de Chicago, Walter Perkins, décédé en 2004, ce grand drummer lui a un jour offert sa caisse claire !

Une première partie de soirée qui régalera totalement celles et ceux qui aiment ce jazz mais aussi tous ceux qui sont venus une toute première fois goûter à cette musique, comme je crois on vient déguster dans cette région du Jura, un bon « Vin de Paille ».

> 22 heures 45

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Lou Tavano sextet.

Lou Tavano monte sur la scène, accompagnée des cinq jeunes musiciens du Lou Tavano Sextet.

Ce sera pour la majorité des personnes venues à ce concert, un public de 900 personnes, une réelle surprise ! D’ailleurs le présentateur de la soirée n’avait pas oublié de le mentionner en tout début du concert.

Cette jeune chanteuse est très belle, doux et fin visage, on a le droit de l’écrire n’est-ce pas ? Sa voix lui ressemble, suave, sensuelle, un timbre très personnel bien placé. L’aisance de son corps sur les planches n’est pas commune pour une chanteuse, il y a certainement là une vraie raison. Eh bien oui, la jeune Diva a fait précédemment du théâtre et cela se sent et se voit.

Tout au long du concert son regard s’illumine, se transforme, son beau sourire déborde, disons-le carrément le charme de cette demoiselle est vraiment envoûtant ! Ses hanches, elles, suivent de près les rythmes et le tempo des compositions originales (selon moi un peu trop d’ailleurs), déhanchements langoureux et gestuels captivent le regard des spectateurs. Au fil du temps, les évocations corporelles vont prendre un peu trop d’importance alors que l’écoute de sa si belle voix nous transporte déjà dans son univers.

Lou Tavano -  voir en grand cette image
Lou Tavano

Lou a donc visiblement une belle et forte personnalité, elle le sait.
Son style et sa présence sur scène vont, je le pense, s’affirmer bien au-delà du jazz.
Pour en être convaincu, jetez un petit coup d’oeil sur le web et sur un clip baptisé « Meets Alexey Asantcheeff » tourné en juillet 2012.
Beaucoup des compositions chantées sont originales, écrites d’ailleurs pour la plus part pour la demoiselle et par son compagnon Alexey Asantcheeff. Lui, est bien installé au piano, un beau garçon de surcroit, ce couple est donc à nos yeux et sous tous les regards en parfaite harmonie.
Les mélodies sont riches et belles, jouées et même parfois chantées par tous ces jeunes musiciens dont on peut préciser que ce sont déjà de grands professionnels, retenez bien ces noms :
A la trompette Arno de Casanove, aux saxophones Maxime Berton, Alexandre Perrot à la contrebasse et Ariel Tessier à la batterie.
Les morceaux s’enchainent à merveille et Lou scénarise, bien entendu, chaque interprétation.

A la demande d’un public plus que conquis, cette déesse et muse à la fois achèvera son concert par une très chaude interprétation de « Samba em preludio », de quoi imager si cela était encore nécessaire, nos rêves les plus secrets.
Ce soir-là en Franche-Comté, ce fut une très belle nuit sous les étoiles et sous la voie lactée…
Beau concert et beau festival.

Mourad Benhammou Mourad Benhammou Jazz Workers Cheminement parmi les mots du jazz... Pierre Christophe Fabien Mary et Fabien Marcoz. David Sauzay Alexey Asantcheeff et Lou Tavano Lou Tavano sextet. Lou Tavano

Le premier album du Lou Tavano Sextet devrait selon toute vraisemblance sortir début 2016« For You » c’est son titre, un CD diffusé par le label allemand ACT music. Ce sera en quelque sorte une délicate dédicace, très personnelle, une œuvre composée par Alexey en hommage à Lou sa Diva.

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