« Le jazz tisse sa toile... »
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Festival des Vents de Morières

Deux soirées « Jazz aux automnales »

D 2 octobre 2015     H 18:00     A Florence Ducommun    


Voilà un sympathique petit festival dont c’est la 14° edition, qui s’est ouvert au fil des ans à des univers musicaux différents et qui cette année programmait deux concerts qui ont fait salle comble.

BLUE NOTE STORY

D’abord BLUE NOTE STORY avec le quintet du saxophoniste Jean-Michel Proust accompagné de José Caparros à la trompette, Ahmet Gulbay au piano, Cédric Caillaud à la contrebasse et François Laudet à la batterie.

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Ahmet Gulbay et Jean-Michel Proust

Le quintet a rendu hommage par la voix de Jean-Michel Proust et de morceaux phares, au label Blue Note, dont le saxophoniste a été le consultant France quelques années. Ce musicien renommé est également connu en tant qu’animateur radio, journaliste et directeur artistique de projets variés. « Tout au début du monde, Dieu créa la Terre, la femme, le jazz et...Blue Note ». Ainsi s’exprimait Woody Allen en 2004 pour les 65 ans du label, qui en a aujourdhui 76...et Martin Scorsese d’ajouter : « Blue Note est à la musique ce que le Bauhaus a été pour les Arts plastiques ». Et « J’étais si content que je n’ai jamais discuté les conditions. J’ai signé », dira le pianiste Michel Petrucciani.

Après cette introduction, ce furent deux heures ininterrompues d’anecdotes distillées avec humour, entrecoupées de morceaux phares, devant un écran nous montrant quelques-unes des magnifiques pochettes du label. Le temps manque pour passer en revue toutes ces années débutées en 1939 à New York avec Alfred Lion puis Francis Wolff. Les noms se succèdent comme les morceaux choisis : Blues March (Benny Golson), Boogie Woogie ( Albert Ammons et Meade Lux ), Summertime ( Sidney Bechet ), The Preacher, Song for my Father ( Horace Silver ), The Sidewinder ( Lee Morgan ), Footprints ( Wayne Shorter ), Alligator Bogaloo (Lou Donaldson ), Maiden Voyage ( Miles Davis ), Watermelon Man ( Herbie Hancock )... Les épisodes heureux et malheureux du label sont relatés, comme le preneur de son Rudy Van Gelder et son « sound bigger than life », le fameux son Blue Note. L’histoire des pochettes également, signées au début par le graphiste Reid Miles sur les photos de Francis Wolff ( instrument mis en valeur, couleurs minimales...). La chanteuse Patricia Bonner termine le concert sur I’m a fool to want you pour illustrer l’arrivée tardive des chanteuses sur le label dans les années 2000 et le Hanky Panky de Dexter Gordon clôt ce superbe moment d’histoire, illustré avec talent par ces cinq musiciens confirmés.

FABIEN MARY QUARTET

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Hugo Lippi & Fabien Mary

Fabien Mary, magnifique trompettiste français revivaliste des années hard-bop, a donc été choisi pour finir en beauté le Festival des Vents où il s’est produit en quartet avec les superbes musiciens qui l’accompagnent depuis 2001 : Fabien Marcoz à la contrebasse, Hugo Lippi à la guitare et Mourad Benhammou à la batterie. Ce musicien de 34 ans collectionne les prix : Django D’or Jeune Talent pour le disque Twilight (2003), prix “Jazz à Juan Révélation” (2004) ainsi que quatre nominations pour le Prix Django Reinhardt “musicien de l’année” par l’Académie du Jazz de 2008 à 2011. Compositeur et arrangeur brillant, il a créé le quartet entendu ce soir (pour les albums Twilight et Chess), un octet ( Four and Four en 2007) et différents quintet (Quartet + One en 2010, Conception en 2012 et Three Horns Two Rhythm cette année).

Nous le voyons donc ce soir là dans son quartet original. Des deux disques en quartet d’ailleurs, nous n’entendrons que Social Call de Gigi Gryce et Philly Twist de Kenny Dorham, dont on sait l’influence sur le trompettiste avec sa sonorité claire. Les autres morceaux interprétés seront un standard pas très connu Circus, Get Happy de Bud Powell, la jolie ballade Old Folks de Willard Robison, Mister Kenyatta de Lee Morgan, une composition originale récente encore sans titre, Nica’s Dream de Horace Silver et Una Mas de Kenny Dorham en rappel. On voit là la richesse de ce concert absolument pas conventionnel malgré les sources qui elles l’étaient et c’est fort agréable, contrairement à d’autres qui déroulent sans réfléchir leur dernier disque. Chacun des accompagnateurs étaient à souligner et ont été aussi fort applaudis : Mourad Benhammou dans ses solos cinglants et inventifs, Hugo Lippi dans sa dextérité très mélodique et Fabien Marcoz dans sa solide souplesse...

Fabien Marcoz (et Fabien Mary) Ahmet Gulbay et Jean-Michel Proust Hugo Lippi & Fabien Mary Hugo Lippi José Caparros Fabien Marcoz et Mourad Benhammou

Merci à Philippe Renaud, directeur du Festival des Vents et à son équipe pour leur accueil !


Pour aller plus loin :

Portfolio

  • Fabien Marcoz (et Fabien Mary)
  • Hugo Lippi
  • José Caparros
  • Fabien Marcoz et Mourad Benhammou