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Tony Malaby puis Oliver Lake à Choisy-le-Roi

Dans le cadre du festival Sons d’Hiver 2016, en Val-de-Marne.

D 10 février 2016     H 14:57     A Philippe Paschel    


TONY MALABY’S TUBACCELLO

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Bob Stewart, Christopher Hoffman, John Hollenbeck et Tony Malaby.

Tony Malaby (Tucson, Arizona,1964) a réuni un groupe à la structure un peu étrange dans le jazz : saxophone, violoncelle, tuba et batterie-piano préparé. Le batteur est du genre minimaliste : bien qu’il ait installé une batterie normale, il en joue peu et toujours avec des balais, préférant frapper de petits objets placés sur les peaux ; le piano qu’il a préparé est plutôt étouffé, émettant un son unique quasi inaudible : c’est un musicien qui ne croit pas en ses instruments.

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Tony Malaby
6 février 2016 - Sons d’Hiver

Le violoncelliste produit, à grands mouvements de l’épaule et sans utiliser le poignet, un son rêche, âpre, ce qui est voulu, mais peu orthodoxe. Bob Stewart joue fort sagement son rôle d’assise grave, avec un son plein et sans faille. Tony Malaby a toujours un beau son au ténor, qu’il distord dans des passage exaspérés ou hallucinés, alors qu’au soprano, il garde toujours un son droit et chaud.
La musique est claire et permet d’entendre bien chaque musicien. C’est une alternance de mélodies, de duos et de passage exacerbés. La musique jouée par Malaby au Sunside le 16 mai 2012 était beaucoup plus free (cf. carte postale CultureJazz :” cinq semaines, cinq saxophonistes”).

Bob Stewart -  voir en grand cette image
Bob Stewart
6 février 2016 - Sons d’Hiver

Tony Malaby a longuement expliqué le sens des titres avec beaucoup d’humour : Warlord bird (les oiseaux de New York ne sont pas gentils comme ceux de Paris), Headberries (on avait trouvé beaucoup de têtes coupées dans son quartier), Trout shot (Dans un bar perdu dans la campagne où l’on affichait cette boisson, un de ses copains la commande, la serveuse lui demande “Whisky ou rhum ?” et sort de dessous-le bar une truite surgelée, à l’intérieur de laquelle elle verse l’alcool), Picacho, extrait de The Mestizo Suite (un lieu du désert de l’Arizona hanté par les esprits des indiens) et un thème dédié à un acteur assez déjanté (Gary Oldman ?).

Tony Malaby (saxophones ténor et soprano), Bob Stewart (tuba), Christopher Hoffman (violoncelle), John Hollenbeck (batterie, percussions et piano préparé) [85 mn]

OLIVER LAKE ORGAN QUARTET

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Jared Gold, Josh Evans, Oliver Lake & Chris Beck.
Sons d’Hiver 2016

Le groupe d’Oliver Lake est déjà ancien et rodé, mais le trompettiste habituel, et annoncé (Freddie Hendrix), a été remplacé.
Oliver Lake (Mariana, Arkhansas, 1942) joue immobile, bien droit, concentré, sans un sourire. Il a conservé son style anguleux et assez dolphien (la petite note aiguë à la fin d’une phrase dans le medium) ; l’âge ne semble pas avoir de prise sur lui. Le trompettiste avait quelques problèmes, attaques grumeleuses, son trop cuivré et vulgaire au début ; la position qu’il adopte, la tête penchée en avant ne l’aide pas ; c’est cependant un musicien intéressant, un peu brutal, mais sachant où il va dans ses solos. Jared Gold est bien connu ; c’est un musicien subtil, jouant par exemple de longs passages ppp avec peu de notes, beaucoup de silence et brusquement fff, ce qui fait un bel effet sur les auditeurs. Il joue assez peu de notes, n’occupant pas toute la musique, et est certainement influencé par un Larry Young. Chris Beck, excellent batteur est aussi musicien : le traditionnel solo de batterie, joué avec des baguettes, a débuté piano et n’est guère allé au delà du mezzo forte, sauf quelques pêches ; un très beau solo mélodique sortant de l’ordinaire (10/10).

Oliver Lake -  voir en grand cette image
Oliver Lake
Sons d’Hiver 2016

Les thèmes étaient ceux joués par Jacky McLean et Eric Dolphy, mais souvent écrit par d’autres (Mal Waldron) ,voire des originaux du lideur. Leur exposition était parfaitement réglée, chacun lisant sa partition, puis solos, reprise du thème et passage free. Cette structure ne sera pas systématique, mais les éléments en seront toujours présents. L’orchestre n’est apparemment pas sonorisé.

Oliver Lake (saxophone alto), Josh Evans (trompette), Jared Gold (orgue Hammond B3), Chris Beck (Batterie) [70 mn].

Choisy-le-Roi, Théâtre Paul-Éluard, le samedi 6 février 2016 à 20.00.


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