« Le jazz tisse sa toile... »
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[Paris] Ouiquende américain d’est en ouest

Ligne 1 : Château de Vincennes- Châtelet

D 19 mars 2016     H 19:00     A Philippe Paschel    


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Logan Richardson, Sylvain Romano, Jeff Ballard.

Les vincennois, le maire lui-même, se sont déplacés au point de ne pas laisser de billets à la vente, pour venir écouter leur voisin depuis trois ans, le batteur Jeff Ballard (Santa Cruz, Cal., 1963), qui avait réuni, à l’occasion d’une carte blanche offerte par l’organisateur des concerts de jazz de l’Espace Sorano, un trio composé, outre lui-même, du saxophoniste alto Logan Richardson, américain de Paris, et du bassiste Sylvain Romano, “your country man”, nous dit le lideur.

Jeff Ballard -  voir en grand cette image
Jeff Ballard

Le concert débuta avec la voix Jean Cocteau -qui, au temps du Bœuf-sur-le-Toit, jouait un jazz, ainsi nommait-on la batterie, unique instrument réellement inventé par ce courant musical- évoquant la nécessité de réaliser ses idées, puis celle de Jo Jones dans un montage intitulé « Jumble Jo », dont le texte avait été distribué à l’entrée. Pendant ce temps, Jeff Ballard jouait des balais, prenant les mailloches quant Jo Jones les évoqua : “with mallets. Now, its very difficult... but you’ll notice how the tone quality changes”. Puis Logan Richardson et Sylvain Romano intervinrent. Au cours du concert, il y eut plusieurs textes envoyés par Jeff Ballard, plus ou moins compréhensibles, celui de Ornette Coleman avait fait l’objet d’un demi-feuillet joint au précédent.
Jeff Ballard est un batteur qui ne marque pas toujours le rythme, mais qui le joue, alors même qu’il exécute des formules complexes diverses. Cette manière est particulièrement attractive dans un trio. Il a montré, ce soir-là, dans le contexte d’un trio dont il est le lideur, une particulière liberté et inventivité.

Logan Richardson -  voir en grand cette image
Logan Richardson

Logan Richardson n’est pas un homme en colère -il est d’un naturel affable-, mais sa musique l’est souvent. Il joue dans l’aigu de l’appareil, d’une manière très tendue, faisant preuve d’imagination et d’invention harmonique. Son jeu a changé depuis le disque qui vient de paraître sous son nom, « Shift » (Blue Note - chronique ici !), enregistré en décembre 2013 !
Sylvain Romano est un bassiste solide, qui a souvent gardé le rythme pendant que les autres poursuivaient le feu de l’inspiration et du hasard.
Le répertoire était constitué de pièces que Ballard a jouées avec d’autres groupes, de thèmes originaux et de standards, comme le « Let’s call this » de Thelonius Monk (1953) donné en bis.
Cela a été un beau concert de jazz moderne, une musique où la beauté rivalisait avec l’intelligence par des musiciens « au cœur et à l’esprit ouvert » (J. B.).

Vincennes, Espace Sorano, samedi 12 mars 2016, 20.30
Jeff Ballard : batterie / Logan Richardson : saxophone alto / Sylvain Romano : contrebasse.

Jeremy Pelt (Californie du Sud, 1976) était à Paris pour deux soirs et quatre sets avec un groupe avec lequel il tourne depuis le début de l’année. Comme il nous l’a raconté, il aime se promener dans les villes où il joue, comme Locarno, Ascona -une ville encore plus belle que la précédente et sur la quelle il écrivit un thème homonyme-, Bâle, qui lui inspira « Night fell on the Rhine », deux thèmes nouveaux qu’il joua ce soir-là, et que le vibraphoniste semblait déchiffrer. À Paris, il eut le temps de visiter son musée favori, le Musée Rodin.

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Danny Grisset, Steve Nelson, Gilles Naturel, Jeremy Pelt

Le groupe, qui s’intitule « Power Quintet », est bien rôdé et joue une musique solide, relevant d’un hard-bop modernisé. Le batteur marque le rythme en concordance avec le bassiste et le pianiste fournit l’harmonie. Le trompettiste et le vibraphoniste sont les solistes qui exposent les thèmes et prennent la parole le plus souvent. Pelt est un trompettiste impeccable dans sa tenue, jouant la trompette parallèle au sol et la mettant sous le bras quand il ne joue plus -très militaire. Il a un son puissant et homogène, sachant varier le velours dans le médium et la netteté coupante dans l’aigu. Steve Nelson joue principalement à deux mailloches, mais parfois avec quatre, un jeu original, qui passant par dessus la structure des morceaux semble laisser la musique en suspens à la fin du chorus où il est arrivé. La section rythmique est avant tout efficace, pour permettre à la musique de se déployer sans anicroches.

Sunside : le dimanche 13 mars 2016, 20.30
Power Quintet : Jeremy Pelt : trompette / Steve Nelson : vibraphone / Danny Grisset : piano / Gilles Naturel (remplaçant Peter Washington) : contrebasse / Bill Stewart : batterie.

A paraître : Power Quintet - High Note (High Art ; 16 avril 2016).

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