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Août 2007 : nouveautés du disque...

Des publications récentes ou à venir...

D 29 août 2007     H 08:30     A Thierry Giard    


Dans notre vitrine d’août 2007, on s’arrêtera sur les disques suivants :



> Emmanuelle Somer / François Verly : « Ambivalences » - Autoproduction - Commander via http://www.emmanuellesomer.com

Emmanuelle Somer / François Verly - « Ambivalences » -  voir en grand cette image
Emmanuelle Somer / François Verly - « Ambivalences »
autoproduction - 2007

Emmanuelle Somer : cor anglais, clarinettes basse et piccolo, saxophones ténor et soprano / Francois Verly : marimba basse, clavecin, tablas, gongs, bols tibétains, percussions.

Enregistrement en octobre 2006 / Helios Studio - Saint Dyé sur Loire.

Emmanuelle Somer a tout d’une baroudeuse et d’une femme d’action (elle a, aussi, une ceinture noire de judo !). Etudes de langues, cursus au conservatoire de Bruxelles (hautbois, cor anglais et musique de chambre) prolongé par trois années au Berklee College of Music de Boston : tout un bagage qui lui aura permis de multiples rencontres en Belgique (où elle a grandi), en Russie, au Japon et aux USA où elle a acquis le goût de l’ouverture avec des musiciens aussi créatifs que Jim Black, Dave Douglas, Chris Potter...

Dans ce disque autoproduit (le quatrième sous son nom), elle explore les possibilités offertes par le duo traité avec une grande variété d’instruments en compagnie de François Verly, un des percussionnistes les plus créatifs et les plus discrets (dommage !) de la scène européenne.

L’auditeur est plongé dans un univers poétique fait d’alliages raffinés entre timbres et tessitures (les graves du marimba basse, clarinette basse et cor anglais allié au clavecin dans Clou de girofle...). Douze pièces mêlant écriture et improvisation comme une invitation au voyage. Emmanuelle Somer, un nom à ajouter en marge des nombreuses spécialistes des anches (au féminin) dont on parle aujourd’hui... Elle dessine un monde à part, sans aucun doute.

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> Archie Shepp : Gemini vol. 1 « The Reverse » - Label Archie Ball ARCH0701 - distribution Abeille Musique

Archie Shepp, Sax ténor & Baryton & voix / Wayne Dockery, basse / Steve McCraven, batterie / Tom McClung, piano / Stéphane Guery, guitare / Chuck D., voix

Archie Shepp - « Gemini » -  voir en grand cette image
Archie Shepp - « Gemini »
Volume 1 - Archie Ball / Abeille Musique - mai 2007

Un nouvel album d’Archie Shepp est toujours un événement attendu et ce « Gémini » prend un relief particulier puisqu’il célèbre en même temps le soixante-dixième anniversaire de cette légende de la musique afro-américaine (et pas seulement du saxophone). La structure de base est un quartet mais l’adjonction d’invités apporte une diversité tout à fait intéressante. Le rap de Chuck D. et la guitare de Stéphane Guéry rappellent que Shepp a toujours aimé toute la musique de l’Amérique noire comme il le démontrait dès les années soixante-dix avec des disques comme Attica Blues ou The Cry of My People qui restent des monuments du jazz moderne.

On retrouve là le saxophoniste, bien entouré et en grande forme, donnant de la voix, soufflant avec une fougue qui permet de retrouver son phrasé si personnel. Du blues au calypso, la grande musique noire est célébrée avec le cœur...

Il existe un second volume enregistré en public et en quartet avec la grande Amina Claudine Myers mais nous aurons dû nous contenter d’un demi-album pour cette courte chronique : dommage !

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> Enrico Pieranunzi ; « Canto nascoto, omaggio al piano forte » - réédition EGEA SCA080 - distribution DG Diffusion - réédition

Enrico Pieranunzi - « Canto nascoto » -  voir en grand cette image
Enrico Pieranunzi - « Canto nascoto »
EGEA - dist DG Diffusion - 2000/réédition 2007

Enrico Pieranunzi : piano(s) solo (selon les titres, pianos de différents facteurs : Steinway, Kawaï, Fazioli ou Borgato)

Enregistré en septembre 2000 au théâtre de Perugia.

DG Diffusion poursuit la distribution en France du très beau catalogue italien EGEA qui contient des trèsors comme ce très raffiné et sensible « Canto nascoto ». Sur un répertoire d’improvisations ou de compositions personnelles, le pianiste célèbrait en 2000 le tricentenaire de l’invention du piano en jouant sur différents instruments de grande classe. Les auditeurs pourront ainsi affiner leur écoute en distinguant les subtiles nuances qui caractérisent ces marques célèbres. D’autres préfèreront de délecter du merveilleux toucher d’un pianiste hors-pair...

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> Stefano CANTINI : L’amico del vento - EGEA SCA 120 - réédition - distribution DG Diffusion

Stefano Cantini - « L'amico del vento » -  voir en grand cette image
Stefano Cantini - « L’amico del vento »
EGEA / DG Diffusion - 2005 réédition 2007

Stefano Cantini : saxophones / Rita Marcotulli : piano / Raffaello Pareti : contrebasse / Mauro Grossi : arrangements

+ Arkè String Project : Carlo Cantini (violon) ; Valentino Corvino (violon) ; Sandro Di Paolo (alto) ; Piero Salvatori (violoncelle).

Enregistré et publié à l’origine en 2005, ce disque est désormais bien distribué en France et on peut s’en réjouir car il permet de retrouver toutes les saveurs du jazz italien : le plaisir de se démarquer des codes stylistiques, le sens de la mélodie, une belle palette de couleurs (les cordes de l’Arke String Project, associé récemment au percussionniste Trilok Gurtu).

Cantini n’est pas un saxophoniste d’une extrême originalité mais il possède des qualités certaines, plus au soprano qu’au ténor où la filiation « breckerienne » est très sensible. Rita Marcotulli apporte toujours une sensibilité bien reconnaissable (écouter le tube cubain Rabo de Nube en duo sax-piano à comparer à l’autre version en duo avec Andy Sheppard chez Le Chant du Monde).

Et puis, il y a cette délicieuse composition de Raffaello Paretti : Come nei film qui évoque inévitablement des références au grand cinéma italien (une autre interprétation, plus débridée, figure sur Maremma, disque récent du contrebassiste sur le même label).

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> Harald Haerter : « CatScan II » - Unit records UTR4167 - distribution Abeille Musique.

Harald Haerter - « CatScan II » -  voir en grand cette image
Harald Haerter - « CatScan II »
Unit records / Abeille Musique - 2007

Harald Haerter & Florian Stoffner & Philipp Schaufelberger, guitare / Michael Brecker & Joe Lovano & Chris Potter, saxophone ténor / Erik Truffaz & Nils Petter Molvaer, trompette / Florian Goette, basse / Bänz Oester, contrebasse / Marcel Papaux, batterie / Ernst Ströer, percussion

La pochette indique aux disquaires que cet album d’origine helvète (de l’excellent label Unit Records) est à classer dans la catégorie Jazz & Groove. Toutes ces stupides catégories peuvent prêter à sourire. Réalisez donc qu’il s’agit là du dernier enregistrement « live » de Michael Brecker publié à ce jour et que celui-ci, sur les trois titres où il figure, joue avec la fougue d’un jeune loup ! Alors, qu’importent les étiquettes !

Harald Haerter a collaboré récemment à un projet avec son compatriote, suisse francophone, Daniel Humair. Rien d’étonnant à cela : les deux hommes ont le goût des rencontres sans oeillères et le talent pour s’adapter à des contextes très divers. C’est ainsi que sur la base d’une excellente formation (où on retrouve Marcel Papaux, la nouvelle génération des batteurs suisses !), il a accueilli des invités de marques : Dewey Redman (dans CatScan 1), Michael Brecker, Joe Lovano, Erik Truffaz, Niels Peter Molvaer...

Ce disque charnu et plein de fougue présente une sélection d’enregistrements en concert de quelques unes de ces rencontres dans les sommets du jazz, sur les sentiers ouverts par Coltrane, l’électrique Miles et prolongés par John Scofield. On ne peut que vivement en recommander l’écoute et/ou l’acquisition !

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> Bruce Eisenbeil sextet : « Inner Constellation - volume 1 » - Nemu Records 007 - distribution : http://www.nemu-records.com

Bruce Eisenbeil -« Inner constellation - vol 1 » -  voir en grand cette image
Bruce Eisenbeil -« Inner constellation - vol 1 »
Nemu Records - sept. 2007

BRUCE EISENBEIL guitares / JEAN COOK violon / NATE WOOLEY trompette / AARON ALI SHAIKH saxophone alto / TOM ABBS contrebasse / NASHEET WAITS batterie.

Enregistrement « live » en studio en septembre 2004 - New-York

Le guitariste new-yorkais Bruce Eisenbeil est investi dans un travail sur les liens entre composition et improvisation et son inspiration est résolument empreinte de considérations philosophiques, sociales et politiques. Une vraie démarche d’artiste créateur, peut-être moins fréquente aujourd’hui qu’il y a 20 ou 30 ans. Les 47 minutes de la pièce éponyme organisée en 27 séquences illustre bien une démarche qui vise à proposer des cadres larges sur une thématique qui vise la libre expression des solistes (tous de grande qualité). On notera, dans l’instrumentation du sextet et la place accordée au violon (qui n’est pas sans rappeler certaines œuvres du regretté John Carter). Une mention particulière pour le jeu toujours imaginatif de l’excellent batteur Nasheet Waits.

Une musique riche et complexe qui ne vise en aucun cas la facilité mais atteste d’une qualité d’écriture indiscutable de la part d’un leader. Un groupe à découvrir en concert. Avis aux programmateurs !

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