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Les disques de janvier : un hiver très divers !

Sept disques écoutés et commentés.

D 27 janvier 2008     H 21:05     A Thierry Giard    


[!sommaire]

Sommaire du mois :

> Costel Nitescu :« Forever Swing, Grappelli Forever »

> Dino Betti Van der Noot : « The Humming cloud »

> Frix : « The show was not good »

> Enrico Pieranunzi : « Parisian Portraits »

> Mécanos Sonores : « Mécanos sonores... »

> Leonel O.Zúñiga & Havana Street Band : « Con guaperia »

Costel Nitescu : « Forever Swing, Grappelli Forever »

Costel Nitescu - « Forever swing, Grappelli Forever » -  voir en grand cette image
Costel Nitescu - « Forever swing, Grappelli Forever »
Le Chant du Monde, Novembre 2007 - Dist. Harmonia Mundi

> Le Chant du Monde - CDM 121 - distribution Harmonia Mundi

Costel Nitescu (Violon) / Yves Rousseau (Contrebasse) / Antoine Hervier (piano) / Yoann Serra (batterie) / Adrien Moignard (guitare sur 3 titres)

Primo : vénérer pour l’éternité le swing et Stéphane Grappelli jusqu’à en faire le titre de son album pourrait prêter à sourire (candeur, naïveté, obsession, manque de modestie ?).

Secundo, on se dit : « encore un disque qui surfe sur la vague du manouche-revival (si on peut oser le terme...) ».

Que nenni ! Volià un formidable disque de swing vigoureux et personnel porté par une section rythmique épatante (en particulier sur tempo rapide) avec Antoine Hervier (pianiste venu du Poitou, rien à voir avec l’autre A.H. du piano jazz !), Yoann Serra, batteur fin et précis, et Yves Rousseau, impeccable de bout en bout et assez inattendu dans un tel contexte (beaux chorus sur Remembering Stéphane et la ballade Pour Ilena). Costel Nitescu n’est pas un clone du maître Stéphane. C’est un brillant technicien doté d’une sonorité et d’un phrasé caractéristiques qui lui confèrent une identité affirmée. On pourra juste remarquer que, dans les ballades, sa tendance à enluminer ses phrases de quelques arabesques tziganes peut paraître un peu ampoulée. Mais c’est une marque de sa culture faite de tradition roumaine et de formation classique.

Cet hommage est surtout une invitation à poursuivre une voie en regardant devant. Ce disque perpétue et renouvelle une musique vibrante et gaie.

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Dino Betti Van der Noot : « The Humming Cloud »

Dino Betti van der Noot - « The Humming Cloud » -  voir en grand cette image
Dino Betti van der Noot - « The Humming Cloud »
EGEA / SAM - dist. DG Diffusion 2008

> EGEA / SAM productions - SAM 9008 - distribution DG diffusion.

Compositions de Dino Betti Van der Noot pour un orchestre de 21 musiciens dont : Gianluca Alberti (guitare) ; Maria-Teresa Battistessa (saxophoe), Simona Bondanza & Ginger Brew (voix) ; Beppe Caruso (trombone) ; Danielle Cavallanti (saxophone) ; Mario Cavallaro (trompette) ; Sandro Cerino (anches) ; Elio Marchesini (vibraphone, marimba) ; Alessio Nava (anches) ; Fabrizio Puglisi (piano) ; Marco Ricci (violoncelle) ; Diego Ruvidotti (trompette) ; Jonathan Scully (timbales et percussion) ; Sergio Taglioni (claviers, électronique) ; Tiziano Tononi (batterie) ; Vincenzo Zitello (harpes)...

Enregistré en 2006, à Milan

Le compositeur milanais (et aussi navigateur semble-t-il) Dino Betti van der Noot est soucieux des liens entre l’homme et la nature. Avec cette sorte de fresque en six tableaux, il flotte entre la tentation orchestrale classique-contemporaine et le swing issu de la plus forte tradition du jazz, fut-elle celle des défricheurs des années « free ».

On admettra que cette œuvre ne manque pas de force(s) grâce, en particulier, à un orchestre vigoureux qui joue avec cœur des compositions complexes et souvent flamboyantes aux climats changeants.

Une des grandes réussites de ce disque réside dans l’intégration des voix dans Hubris and Dust, la voix parlée-chantée comme l’aimait Schoenberg qui évolue comme une valse envoûtante. Voix également sur Old Wild Shangri-La qui n’est pas sans évoquer les œuvres ambitieuses de Mike Westbrook avec une belle joute de clarinettes qui fait de ce morceau la perle du disque...

Un disque qui pourra intéresser les amateurs de grandes formations non-conventionnelles. Intéressant mais un peu inégal avec de beaux moments et quelques longueurs (les solistes ne sont pas toujours à la hauteur des ambitions du compositeur).

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Frix : « The Show Was Not Good »

Frix - « The show was not good » -  voir en grand cette image
Frix - « The show was not good »
autoproduction - CD 4 titres. 2008

> CD 4 titres autoproduit - http://www.frix.fr

Cyrille Méchin (saxophone ténor, clarinette) / David Georgelet (batterie) / Ivan Réchard (contrebasse) / Étienne de la Sayette (sampler, claviers, saxophone alto)

La pochette fait peur ! Une pin-up géante très fifties joue les King-Kong et sème la panique sur Paris !

On retrouve bien là l’humour décalé des quatre protagonistes de Frix, une formation des plus sympathiques et toniques de la jeune scène du jazz hexagonal. Après Girls Inside sur le Petit Label, remarqué dans ces pages, ce disque apparaît comme un clin d’oeil aux musiques « FM » façon déjantée. En trois titres plus un « remix » le quartet présente ses préoccupations actuelles, plus rock (changement de batteur avec le départ de D. Kontomanou et l’arrivée de D. Georgelet) avec un recours plus systématique aux samples et claviers... Un choix dont il faudra vérifier la pertinence lors des prestations du quartet.

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Enrico Pieranunzi : « Parisian portraits ».

Enrico Pieranunzi - « Parisian portraits » -  voir en grand cette image
Enrico Pieranunzi - « Parisian portraits »
Réédition Egea - dist. DG diffusion - 2008

> Réédition EGEA / Historic Collection - SCA 137 - distribution DG Diffusion.

Enrico Pieranunzi : piano solo

Enregistré en avril 1990 au studio Gimmick à Yerres (France)

Le label italien EGEA poursuit ses rééditions d’albums « historiques ». Indiscutablement, celui-ci en est un ! On sait aujourd’hui qu’Enrico Pieranunzi est un des pianistes les plus fins et les plus inspirés de la scène du jazz mais en avait-on conscience en 1990 lorsque cet album fut enregistré et publié ?

Parisian Portraits est un chef d’œuvre à (re)découvrir sans hésiter une seconde. Écoutez Lighea le thème d’introduction, composition du pianiste, sensible et finement swinguante et passez ensuite à My Funny Valentine, une interprétattion distanciée d’ un standard tellement joué. En deux titres, on prend la mesure de la culture du discret Enrico. Le reste est délectable.

Vous aurez compris que cette réédition est incontournable !

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Mécanos Sonores (éponyme)

Mécanos Sonores -  voir en grand cette image
Mécanos Sonores
Rude Awakening Présente - 2008

> Label Rude Awakening Présente RA2009 - distribution Les Allumés du Jazz : http://www.allumesdujazz.com

Philippe Gareil : basse, voix, samples / Daniel Malavergne : tuba, marching baryton / Tom Gareil : vibraphone / Philippe Deschepper ; guitare, samples / Samuel Silvant : batterie, percussions

Bienvenue dans l’atelier ! Ici, on fabrique, on récupère, on assemble, on recycle avec beaucoup d’humour et de savoir-faire (Philippe Deschepper est du chantier !). Une des grande qualités de ce disque baroque et hétéroclite, c’est de rendre accessible une musique qu’on pourrait facilement étiqueter « de recherche » grâce à un humour souvent présent. Ainsi, dans Le Grand Z, une interview philosophico-linguistique de Gilles Deleuze sert de trame aux improvisations des protagonistes : délirant ! Cette visite chez les mécanos se termine par une interprétation de la chanson de Gainsbourg, L’herbe tendre. L’art et la matière !

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Leonel O.Zúñiga & Havana Street Band : « Con guaperia »

Leonel O.Zúñiga & Havana Street Band - « Con guaperia » -  voir en grand cette image
Leonel O.Zúñiga & Havana Street Band - « Con guaperia »
SAM Production - Dist. DG Diffusion

> SAM Production / EGEA - SAM9006 - distribution DG diffusion

Leonel O.Zúñiga : flûte et saxophone ténor / Roberto Riveron : basse / Rolandito Luna : piano / Roysell Riveron : batterie / Carlos Luis Alcarez Guerra : trombone / Lispael Oduardo Zúñiga : congas / Jesus Vasquez : percussions / Leonel Zúñiga Jr : percussions / Juan Miguel Diaz : vocal / José Lusson Jr : vocal.

Enregistré à La Havane en juin 2006.

Saxophoniste cubain, vivant depuis une dizaine d’année en Espagne, Leonel O.Zúñiga a trouvé un label et un distributeur italien pour diffuser sa musique... enregistrée à Cuba ! Si ce n’est pas de la coopération internationale !

Pour terminer cette sélection de janvier avec un peu de chaleur, nous goûterons avec plaisir cette très bonne production de musique cubaine servie par des musiciens de talent.

Vous dansez ?

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