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7 disques pour février : du duo au big-band...

Nouveautés parues ou à paraître.

D 12 février 2008     H 17:10     A Thierry Giard    


[!sommaire]

> Perrine Mansuy Trio : « Mandragore et noyau de pêche »

> Le bruit du [sign] : « Heiko ou l’apparition du héros »

> René Sopa & Stéphane Patry / Hammondeon : « L’été indien »

> Spiral Quartet : « Kaléidoscope »

> Jean-Sébastien Simonoviez : « crossing life and strings »

> Leo Gandelman :« Bossa Rara »

> Big Band de Petite Camargue : « {d click} »

Perrine Mansuy Trio : « Mandragore et noyau de pêche »

Perrine Mansuy Trio - « Mandragore et noyau de pêche » -  voir en grand cette image
Perrine Mansuy Trio - « Mandragore et noyau de pêche »
AJMIseries - distr. Intégral et Les Allumés du Jazz

> AJMIseries - AJM15 - distribution : Intégral Distribution et Les Allumés du Jazz

Perrine Mansuy, piano / Éric Surmenian, contrebasse / Joe Quitzke, batterie

Quelle fraîcheur ! Quel sens du jeu collectif !

Après deux disques tristounets en duo avec François Cordas pour le label d’Alan Douglas (consacrés à Brel et Aznavour), la pianiste Perrine Mansuy est ici libre et totalement épanouie. Il faut dire que ce trio est solidement bâti. Eric Surmenian est un contrebassiste singulier qui allie finesse, originalité, profondeur du son et Joe Quitzke, en fin coloriste et maître des rythmes donne ici une idée juste de son grand talent.

Un disque qui ose beaucoup, sans heurter, en alliant des mélodies simples, compositions personnelles, des auteures de référence (Joni Mitchell et Ricky Lee Jones) pour développer des espaces personnels légers, subtils avec quelques touches d’impertinence.

NB : la prise de son est fabuleuse : merci Gérard de Haro !

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Le bruit du [sign] : « Heiko ou l’apparition du héros »

Le bruit du [sign] - « Heiko ou l'apparition du héros » -  voir en grand cette image
Le bruit du [sign] - « Heiko ou l’apparition du héros »
YOLK records - distribution Anticraft - (25/02/2008)

> YOLK records - J2036 - distribution Anticraft. (en vente le 25 février 2008)

Nicolas Stephan (saxophones/compositions), Jeanne Added (voix), Julien Rousseau (trompette, bugle etc.)), Julien Omé (guitare, voix)), Théo Girard (contrebasse, voix)) et Sébastien Brun (batterie/machines) + invités : Pierre Alexandre Tremblay (machines), Sylvaine Hélary (flûtes), et Eve Risser (voix/flûtes).

Un groupe qui a tout pour plaire : la jeunesse, l’imagination, une créativité « multipolaire », une curiosité pour les musiques et les sons les plus divers, le goût des histoires comme celle que veut nous raconter « Heiko ou l’appartion du héros »... Seulement, à vouloir trop dire, on risque d’être incompris. C’est un peu le problème de ce disque qui ne parvient pas à dégager clairement un message comme si le collectif étouffait les sensibilités (et les audaces) personnelles. Un double-album s’imposait-il ?

On regrette, par exemple, que la voix de Jeanne Added soit autant étouffée, hésitante, comme freinée. Et il en va de même pour les solistes qui se noient souvent dans une masse assez confuse. C’est un parti-pris, sans doute, mais il y a aura encore un bout de chemin à parcourir pour que ce Bruit du [sign] ne soit pas un brouhaha.

Une formation qui doit, sans aucun doute, montrer son vrai visage sur scène... A suivre !

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René Sopa & Stefan Patry / Hammondeon : « L’été indien »

René Sopa / Stefan Patry Hammondeon - « L'été indien » -  voir en grand cette image
René Sopa / Stefan Patry Hammondeon - « L’été indien »
Must Record - dist. DG Diffusion

> Must Record - MR6202.2 - distribution Djaz Distrib et DG Diffusion.

René Sopa : accordéon / Stefan Patry : orgue Hammond / François Morin : batterie / Jaco Largent : percussions

« On ira où tu voudras, quand tu voudras / Et on s’aimera encore, lorsque l’amour sera mort / Toute la vie sera pareille à ce matin / Aux couleurs de l’été indien »... Ça vous dit quelque chose ?

Stéfan Party et René Sopa se sont emparés de ce tube pour le toiletter façon rumba au point d’en faire le titre de leur album. Une musique qui ronronne comme un chat au soleil, sans s’en faire, mais toujours en alerte. L’orgue peut sortir ses griffes acérées et monter dans les aigus avant de gronder sourdement ou rugir de bonheur pendant que l’accordéon s’enroule sur les contours de mélodies connues revigorées ici par la présente de Jaco Largent aux percussions (un ex de Sixun) et François Morin à la batterie.

Le swing est ici au service d’un jazz joyeux et coloré, bien sympathique et surtout pas révolutionnaire ! C’est bon aussi de temps en temps !

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Spiral Quartet : « Kaléidoscope »

Spiral Quartet - « Kaleidoscope » -  voir en grand cette image
Spiral Quartet - « Kaleidoscope »
Konnex records - dist. konnex.de

> Konnex Records - KCD5199 - distribution http://www.konnex-records.de

Philippe Poussard : saxophone soprano / Bruno Angelini : piano / François-Charles Delacoudre : contrebasse / Christian Lété : batterie et percussions.

Sous le nom de Spiral Quartet, c’est bien la personnalité du saxophoniste Philippe Poupard qui s’exprime. Pour preuve la longue suite Kaleidoscope qui occupe (presque) la totalité de ce disque enregistré en Italie sur un label allemand par un formation française qui a aussi tourné en Turquie !

A travers les onze titres de ce disque, on distingue une volonté de développer un discours personnel sans se dégager d’influences fortes : on perçoit Coltrane et peut-être plus encore Dave Liebman (la proximité avec l’univers de Quest ?) mais le livret fait aussi référence à Schönberg et Ligeti... La musique se développe en séquences alternant une écriture précise (Hexacorde) et des espaces ouverts à l’improvisation soutenus par la batterie de Christian Lété (dont on regrette qu’il se fasse assez rare), le piano lyrique de Bruno Angelini et la contrebasse de François-Charles Delacoudre. Un discours souvent vigoureux et tranchant qui sait aussi le développer dans la finesse (Reflets ou Eclats, sur une base ternaire).

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Jean-Sébastien Simonoviez : « Crossing life and strings »

Jean-Sébastien Simonoviez - « Crossing life and strings » -  voir en grand cette image
Jean-Sébastien Simonoviez - « Crossing life and strings »
Label La Buissonne - distribution Harmonia Mundi

> La Buissonne - RJAL 397006 - distribution Harmonia Mundi - (en vente le 21 février 2008)

Jean-Sébastien Simonoviez : piano, arrangements / Jean-Jacques Avenel, Riccardo Del Fra, Barre Phillips : contrebasse / Steve Swallow : guitare basse / Quatuor Opus 33 : cordes

Enregistré en 2007.

Le titre le suggère, ce disque est un carrefour, un point de rencontres entre des cordes graves, celles des contrebasses et basse de quatre fortes identités (du jazz et des musiques d’improvisation) et le piano (de touches en cordes) de Jean-Sébastien Simonoviez.

On chemine d’une plage à l’autre à travers ces dialogues mesurés et attentifs, raffinés et souvent précieux, parfois vifs (Diaguily Song avec J.J. Avenel). Une musique de gentlemen où s’invitent à quatre reprises les autres cordes d’un quatuor qui renforce la couleur romantique de ce beau disque. À ce menu de gourmets : le Welcome de Coltrane comme message d’accueil, Keith Jarrett (Prayer), mais aussi Ferré (À une passante) et huit compositions/improvisations personnelles, entre autres.

Ce second disque personnel permet de découvrir un pianiste nourri de culture classique (Bach !) mais avant tout ouvert pour toutes les aventures musicales. Écoutez bien ce qui se dit avec l’un et l’autre de ces forts en basse !

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Léo Gandelman :« Bossa Rara »

Leo Gandelman - « Bossa Rara » -  voir en grand cette image
Leo Gandelman - « Bossa Rara »
Candid - dist. Harmonia Mundi

> Candid Records - CCD 79994 - Distribution Harmonia Mundi

Leo Gandelman : saxophones / David Fieldman : piano, claviers / Alberto Continentino : basse / Juliano Zanoni : batterie / Seu Jorge et Zelia Duncan : voix / Bossacucanova : percussions, voix

Enregistré en 2007.

Il fut un temps où le label Candid représentait une fière image du jazz : Eric Dolphy, Lee Konitz, Phil Woods, Jimmy Guiffre pour en rester aux saxophonistes-clarinettistes. Autre temps, autre catalogue... Leo Gandelman n’est pas Stan Getz, il ne joue pas plus mal qu’un autre, et même plutôt bien au baryton. Seulement, sa musique est une banale fusion commerciale pas mal fichue mais sans âme... Un avantage : vous ne ferez pas hurler vos voisins si vous ouvrez la fenêtre pour humer l’air de Rio !

Je retourne à mes vieux disques du sorcier Hermeto Pascoal, musique du Brésil avec du corps et du cœur...

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Big Band de Petite Camargue : « {d click} »

Big Band de Petite Camargue - « {d click} » -  voir en grand cette image
Big Band de Petite Camargue - « {d click} »
Autoproduction - 2008

> Autoproduction - CD digipack 3 volets - commander à : ecolmusic@cc-petitecamargue.fr

Big band de l’École Intercommunale de Musique de Petite Camargue (Vauvert - Gard) : 29 musiciens + invités : Olivier Témime (saxophone) ; Francesco Castellani (trombone) ; Claude Égéa (trompette, bugle) ; Gérard Pansanel (guitare)

Enregistré en avril 2007 à Béziers.

Oh diable ! Vauvert ne manque pas d’air ! Un quatrième disque en 16 ans pour le big-band de cette école de musique du Gard et avec des invités de marque s’il vous plaît... On s’imagine le bonheur de ces musiciens totalement investis dans un projet qui se concrétise par un vrai disque qui sonne bien et donne le sourire. On imagine aussi l’énergie déployée par les responsables de cette sympathique équipe pour mener à bien une telle entreprise (Philippe Guyon, saxophoniste et leader, soliste sur Rivers).

Sur un répertoire varié et plutôt ancré dans la musique des trente dernières années (un peu binaire mais Mingus aussi...), l’orchestre exécute des arrangements qui mettent en valeur les sections et fournissent un bon appui pour les solistes, qu’ils soient invités ou membres de l’orchestre. De la bonne musique, faite avec beaucoup de ferveur.

Pour l’anecdote, on notera que le mixage a été effectué dans des studios de Los Angeles et New-York... Comme les grands : on ne se refuse rien à Vauvert !

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