« Le jazz tisse sa toile... »
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Vitrine de janvier 2012

7 disques pour bien commencer l’année !

D 18 janvier 2012     H 19:36     A Jean Buzelin, Thierry Giard    


Au sommaire de notre nouvelle Vitrine de disques de janvier 2012 :
(... et par ordre alphabétique...)

BIG BLUE : « big blue »

BIG BLUE : « big blue » -  voir en grand cette image
BIG BLUE : « big blue »
CamJazz / Harmonia Mundi

> CamJazz CAMJ 3311-2 - distribution Harmonia Mundi

Jorma Kalevi Louhivuori : trompette / Anti Kujanpää : piano, fender rhodes / Jori Huhtala : contrebasse / Joonas Leppäänen : batterie

01. Mini-Male / 02. The Musketeers / 03. Abacus / 04. Temple In Tokyo / 05. A Spot In The Horizon / 06. Deep Sea Travel / 07. Rise & Fall / 08. Building The Road / 09. The Big Blue

Dans la série « CamJazz presents », Ermanno Basso, le responsable du label italien CamJazz (et de son antenne londonienne !) donne un coup de pouce aux jeunes talents comme, ici, les finlandais qui composent Big Blue, un quartet dans lequel scintille la trompette de Jorma Kalevi Louhivuori, déjà écouté attentivement avec son Sun Trio sur le même label.
Force est de reconnaître que ces quatre nordiques dégagent une énergie tranquille qui captive l’auditeur dès la première écoute.
Comme nombre de leurs collègues à travers le monde (du jazz), ils ont beaucoup appris dans les écoles mais savent affirmer une identité bien ancrée dans le jazz expressif, swinguant, coloré, souvent poétique.
Bien servis par une excellente prise de son, ils se montrent très inspirés par les compositions de chacun d’eux et évitent les clichés du jazz scandinave embrumé.
Une musique vive, aérée, intelligente. Bref, un disque qui mérite l’attention et même mieux que ça !

. ::Thierry GIARD ::.

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FARMERS BY NATURE (CLEAVER/PARKER/TABORN) : « Out Of This World’s Distortions »

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FARMERS BY NATURE (CLEAVER/PARKER/TABORN) : « Out Of This World’s Distortions »
AUM Fidelity / Orkhestrâ

> AUM Fidelity AUM067 - distribution Orkhestrâ

Craig Taborn : piano / William Parker : contrebasse / Gerald Cleaver : batterie.

01. For Fred Anderson / 02. Tait’s Traced Traits /03. Out of This World’s Distorsions Grow Aspens and Other Beautiful Things / 04. Sir Snacktray Speaks / 05. Cutting’s Gait / 06. Mud, Mapped.

Musique tantôt méditative, tantôt offensive, toujours tendue, souvent sur le fil, jouée par trois musiciens qui arpentent et partagent souvent les mêmes contrées. _ Aussi leurs improvisations collectives ne sont jamais “faciles“, jamais gratuites, jamais désincarnées. Gerald Cleaver, William Parker, Craig Taborn — on ne présente plus ces musiciens majeurs de notre époque — ont un but, creuser dans le terreau musical, dans les racines (« Farmers ») pour en extraire tout ce qui fait la force et la vitalité de la musique de jazz : un jazz renouvelé mais toujours ancré dans son histoire. Pas d’effets, pas de virtuosité, pas d’expressionnisme débridé, pas de free pour le free, mais un travail de l’instant qui doit s’installer dans la durée. Ce qui a toujours fait la force, l’originalité, et la grandeur du jazz.

. :: Jean Buzelin ::.

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Giorgio GASLINI : « Piano solo – Incanti »

Giorgio GASLINI : « Piano solo – Incanti » -  voir en grand cette image
Giorgio GASLINI : « Piano solo – Incanti »
CamJazz / Harmonia Mundi

> CamJazz CAMJ 7846-2 - distribution Harmonia Mundi

Giorgio Gaslini : piano solo

01. Au Bord De L’eau / 02. Lamento Di Arianna / 03. Soccorrete, Luci Avare / 04. Lascia Ch’io Pianga / 05. Chanson Triste / 06. Bourrée Paysanne / 07. Pomp And Circumstance / 08. Ev’ry Time We Say Goodbye / 09. Sicilienne - Enregistré en concert à Messine (Italie) en mai 2011

Giorgio Gaslini (né à Milan en 1929) est un des pianistes les plus respectables (et respectés) du jazz italien. Sa vie de musicien a été marquée par des rencontres et des expériences toujours enrichissantes car il a su rester en prise avec les musiciens les plus innovants (d’Anthony Braxton à l’Italian Instabile Orchestra...) ou en composant pour le cinéma (La Notte d’Antonioni) ou le théâtre avec un goût pour les suites en forme de fresques musicales (Skies of Europe...)...
Dans ce disque en piano solo, il offre un récital qui ressemble à un cheminement méditatif de Monteverdi à Cole Porter, de Haendel à Fauré. Le pianiste n’a que faire des genres et des catégories à ce stade de sa carrière et il prend plaisir à jouer les musiques qu’il aime et respecte avec le sérieux et le talent d’un grand pianiste qui n’a pas oublié la légèreté, l’espièglerie et la singularité du jazz.
Une musique intemporelle est souvent fragile qui pourra séduire bien au-delà du cercle des amateurs de jazz sans œillères.

. ::Thierry GIARD ::.

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Daunik LAZRO : « Some Other Zongs »

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Daunik LAZRO : « Some Other Zongs »
Ayler Records / Orkhestrâ
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

> Ayler Records AYLCD-123 - distribution Orkhestrâ

Daunik Lazro : saxophone baryton

01. Vieux Carré / 02. Caverne de Platon / 03 à 06. Zong at Saint-Merry 1-2-3-4.

Connu longtemps en tant qu’altiste, Daunik Lazro a, depuis longtemps déjà, adopté le saxophone baryton. Son approche des deux instruments semble trahir de telles différences, que nous avons presque l’impression d’écouter deux musiciens. Certes, son engagement, sa générosité sont les mêmes, mais son jeu au baryton révèle une retenue, une réflexion, une profondeur, sans compter le travail sur le son proprement dit, qui nous étonnent et nous ravissent en même temps. Plus de dix ans après un premier « Zong Book » (Émouvance 1013), dans lequel il jouait encore de l’alto, Daunik en propose un second volet. Les deux premiers morceaux ont été enregistrés au Festival du Mans en 2010. Vieux Carré de Joe McPhee (avec qui il a beaucoup échangé) en particulier, laisse entendre un jeu d’une rare implication, ancré dans le jazz et le blues. Les Zongs suivants, joués en février 2011 en l’église Saint-Merry à Paris, offrent une palette très large du travail de l’instrument et de l’improvisation. Équilibre, lyrisme et mélodie sous-jacente, clarté de la pensée et implication du musicien, font qu’on ne se lasse pas d’écouter cette magnifique réalisation. Ceci pour avertir les auditeurs pouvant penser qu’un disque de saxo-baryton solo doit être obligatoirement ardu et ennuyeux. Pas plus qu’une Suite pour violoncelle de Bach. Daunik Lazro nous le démontre magistralement.

. :: Jean Buzelin ::.

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Aki TAKASE & Han BENNINK : « Two for Two »

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Aki TAKASE & Han BENNINK : « Two for Two »
Intakt / Orkhestrâ

> Intakt CD 193 - distribution Orkhestrâ

Aki Takase : piano / Han Bennink : batterie.

01. Two for Two / 02. My Tokyo / 03. Locomotive / 04. Zankapfel / 05. Knut / 06. Baumkuchen / 07. Monochromùe / 08. Raise Four / 09. Do You Know What it Means to Miss New Orleans ? / 10. A chotto matte / 11. Hat and Beard / 12. Ohana Han / 13. Rolled Up / 14. Hell und Dunkel / 15. Hommage to Thelonious Monk / 16. Two for Two.

La pianiste japonaise Aki Takase et le batteur hollandais Han Bennink devaient un jour se rencontrer. Grands spécialistes du duo l’un comme l’autre, le second a commencé avec Willem Breuker en 1967 et a échangé pendant quarante ans avec Misha Mengelberg, la première en a enregistré une dizaine ces dernières années avec des partenaires différents, et tous deux sont des adeptes de l’imprévu. Proposer une série de thèmes personnels (plus quelques compositions diverses, de Monk entre autres) à Bennink, c’est un peu faire entrer le chien dans un jeu de quilles. Sauf qu’elle les déplace et les aligne avec vivacité, à-propos et malice, ce qui provoque d’incessantes rencontres au cours de leur parcours. Parcours sinueux, cela va sans dire, dont on ne connaît jamais l’origine, ni la fin, encore moins la direction. Bal(l)ades, envols brusques, mélodies tendres et parfois désuètes, constructions et démolitions spontanées, obstacles, tout est prétexte au jeu, aux jeux. Celui du piano de Takase, grande instrumentiste, celui de Bennink dont les roulements comme le moindre « bruit » dégagent un swing intense. Ces deux-là connaissent leur jazz sur le bout des doigts. C’est pour ça qu’il peuvent s’en jouer, et en jouer.

. :: Jean Buzelin ::.

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TRIO 3 + Geri ALLEN : « Celebrating Mary Lou Williams »

TRIO 3 + Geri ALLEN : « Celebrating Mary Lou Williams » -  voir en grand cette image
TRIO 3 + Geri ALLEN : « Celebrating Mary Lou Williams »
Intakt / Orkhestrâ

> Intakt CD 187 - distribution Orkhestrâ

Oliver Lake (saxo alto), Geri Allen (piano), Reggie Workman (contrebasse), Andrew Cyrille (batterie).

01. Introduction / 02. Blues for Peter / 03. Ghost of Love / 04. New Musical Express / 05. Intermission / 06. What’s Your Story, Morning Glory / 07. Libra / 08. Roll ‘Em.

Si l’on a largement salué, à juste titre, l’excellent travail orchestral de Sylvia Versini sur Mary Lou Williams (ce qui me paraît plus intéressant que d’aller chercher du côté de Led Zeppelin, soit dit en passant), la démarche du Trio 3 et de Geri Allen est passée beaucoup plus inaperçue, et c’est regrettable. Bien sûr, en quartette, ce ne sont pas les orchestrations et les arrangements de la « First Lady of Jazz » qui ont servi de base à leur travail, mais la fraîcheur incroyable de la musique de Mary Lou — réécoutez ses disques ! Nos quatre musiciens, pourvus d’un bagage et d’une expérience à toute épreuve, étaient particulièrement bien placés pour cela et leur choix s’avère judicieux. Andrew Cyrille joua naguère avec elle, et c’est Geri Allen qui avait été choisie par Robert Altman pour jouer son rôle dans le film « Kansas City ». Oliver Lake, très volubile comme à son habitude, attaque les phrases avec tranchant, et Reggie Workman, qui ne se contente pas d’assurer l’assise, aime toujours les contrastes inattendus et les solos aventureux. Ce n’est pas la première œuvre commune des quatre musiciens, mais ce « Celebrating » fait clairement apparaître la filiation entre les deux pianistes. Enregistré au Birdland de New York lors de plusieurs soirées d’août 2010, ce disque est une ode à l’ouverture et à la liberté, celles dont a toujours fait preuve Mary Lou Williams tout au long de sa carrière. On aura peut-être un peu de mal à y retrouver la forme, mais on y saisira l’esprit, et c’est l’essentiel.

. :: Jean Buzelin ::.

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Christian VANDER : « John Coltrane, l’homme suprême »

Christian VANDER : « John Coltrane, l'homme suprême » -  voir en grand cette image
Christian VANDER : « John Coltrane, l’homme suprême »
Seventh Records / Harmonia Mundi

> Seventh Records Seventh A XXXVI - distribution Harmonia Mundi

Christian Vander : voix, piano, claviers, batterie / Stella Vander : chant / Simon Goubert : batterie, claviers / Frédéric d’Oelsnitz : piano, fender rhodes / Pierre-Michel Silvadier : piano, fender rhodes, chant / Philippe Dardelle : contrebasse / Isabelle Feuillebois, Sandrine Destefanis, Hervé Aknin, Marcus Linon : chant

01. A toi John sur Sonnerie N°1 / 02. Klameuhr / 03.In a Dream / 04. Coltrane à l’instant / 05. Definitely / 06.Booth Way / 07. Messe pour John / 08. John Coltrane Sundia / 09. Méditation / 10. Lumière Mon Amie - Sonnerie n°1 - Enregistré du 17 au 21 juillet 2011 et le jour suivant, à UZ studio.

En doutait-on encore ? Ce n’est pas une profonde admiration mais un véritable culte de Christian Vander voue à John Coltrane. Au delà du musicien, c’est l’image de l’homme tout entier qu’il vénère allant jusqu’à en faire l’Homme suprême (référence rêvée à A Love Supreme), soleil éblouissant le ciel tout entier à l’image du Râ des égyptiens !
Ce disque est une sorte de cortège funèbre enregistré en 5 jours, entre le 17 juillet 2011, date anniversaire de la mort de Coltrane et le 21 juillet, jour de ses funérailles, en 1967.
Suite de poèmes, de chants souvent grandiloquents alternant avec des pièces instrumentales d’assez belle facture, cet enregistrement est bien loin des grandes fresques du Magma d’antan. Il n’est pas certain que les fans irréductibles de Coltrane, le saxophoniste, y retrouvent des repères familiers (on n’y entend pas, une seule note de saxophone... ce qui est un choix respectable soit dit en passant : peut-on égaler Dieu ?).
Pour notre part, nous retournerons plus volontiers au dernier opus de Magma, chroniqué dans nos page en 2009, « Ëmëhntëhtt-Ré ».

. ::Thierry GIARD ::.

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