« Le jazz tisse sa toile... »
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« Vocalises », en 8 disques

Autour de la voix

D 22 octobre 2012     H 18:38     A Philippe Paschel, Thierry Giard    


Au sommaire, des voix avec :

Voici un bouquet de sept disques qui placent la voix dans différents contextes, qu’elle soit parlée (Michel Butor) ou chantée (les autres). Des approches très diverses, plus ou moins othodoxes si on se réfère à une définition assez stricte du jazz... Tous ces disques prouvent que notre musique favorite est bien vivante.


Susie ARIOLI : « All the way »

Susie ARIOLI : « All the way » -  voir en grand cette image
Susie ARIOLI : « All the way »
Jazz Village / Harmonia Mundi)

Susie ARIOLI (Toronto 1963) possède une jolie voix juste, au timbre voilé, mais de peu d’expressivité et peu variée, sans doute à cause de moyens limités.
Elle détaille très clairement les paroles des chansons, des standards mélancoliques, d’une manière intimiste, qui est parfaite lorsqu’une seule guitare la suit.
L’orchestre qui joue sur la plupart des pièces est parfois incertain et affublé d’un guitariste omniprésent et au son vulgaire.
Il s’agit plutôt de musique de cabaret que de jazz. Mais c’est très bien fait et plaisant.

. ::Philippe Paschel ::.

# Un autre point de vue sur ce disque dans le « Tourne-disque » de CultureJazz.fr (octobre 2012)



Michel BUTOR – Marc COPLAND : « Le long de la plage »

Michel BUTOR – Marc COPLAND : « Le long de la plage » -  voir en grand cette image
Michel BUTOR – Marc COPLAND : « Le long de la plage »
Vision Fugitive / Harmonia Mundi

Michel BUTOR (1926) est un poète.
Il lit un texte avec ce ton à la fois ironique et détaché qui est toujours le sien. La présence d’un musicien ne l’a pas modifié. Marc Copland joue une musique mélancolique, qui n’est pas précisément du jazz, mais s’accorde plutôt bien avec le texte, même si l’on n’a pas vraiment l’impression qu’il y ait un lien entre les deux.
Ont-ils même travaillé ensemble ?
On se rappellera que Pierre Reverdy avait enregistré en 1937 avec Philippe Brun (trompette) et Joseph Reinhardt, sans donner un résultat convaincant.
Il s’agit toujours de juxtaposition dont l’intérêt est incertain. Pour les amateurs de littérature, cela permettra d’entendre l’auteur bien enregistré lire de beaux textes.

. ::Philippe Paschel ::.





Eva CORTÉS : « Jazz one night with Eva Cortés in Madrid »

Eva CORTÉS : « Jazz one night with Eva Cortés in Madrid » -  voir en grand cette image
Eva CORTÉS : « Jazz one night with Eva Cortés in Madrid »
Verve 1CD + 1 DVD / Universal Music France

Je l’avoue humblement, je ne connaissais pas Eva Cortès... qui semble pourtant avoir acquis une certaine renommée dans le milieu du jazz en Espagne au point d’avoir décroché un contrat avec Universal/Verve. On sait bien sûr que ça ne fait pas tout et même si Madame Cortès possède bien des qualités, on ne voit guère ce qui fait la différence avec ces nombreuses excellentes chanteuses capables de passer de Sting à Edith Piaf, de Betty Carter à Charles Trenet.
La différence, c’est sans doute d’entendre chanter en espagnol, en particulier sur les propres compositions de la chanteuse bien accompagnée au demeurant dans une ambiance club assez chaleureuse. Que les allergiques à la langue ibérique se rassurent, ils entendront aussi du français, de l’anglais, du portugais...
Un jazz varié et sympathique... pour ne pas dire « de variété » avec un DVD filmé dans des conditions peu adaptées qui n’apporte pas grand chose.

. ::Thierry Giard ::.




Sienna DAHLEN - Dave RESTIVO - Amy GAMLEN : « Into the Beautiful - The Emily Dickinson Project »

Sienna DAHLEN – Dave RESTIVO - Amy GAMLEN : « Into The Beautiful – An Emily Dickinson Project » -  voir en grand cette image
Sienna DAHLEN – Dave RESTIVO - Amy GAMLEN : « Into The Beautiful – An Emily Dickinson Project »
There is Records / Cd Baby

Sienna DAHLEN a un timbre voilé et une articulation plate. Les mélodies en sont à peine, c’est plutôt de la diction. Quand il y a un peu de rythme (A thought), il est en contradiction avec le poème ou est illustration sophistiquée assez infantile (Stone).
Ce n’est en aucune façon une chanteuse de jazz. Mais on peut ainsi (re)découvrir le grand poète qu’était Emily Dickinson.

. ::Philippe Paschel ::.

# Un autre point de vue sur ce disque dans le « Tourne-disque » de CultureJazz.fr (octobre 2012)





Elina DUNI Quartet : « Matanë Malit »

Elina DUNI Quartet : « Matanë Malit » -  voir en grand cette image
Elina DUNI Quartet : « Matanë Malit »
ECM / Universal Music France

Elina Duni, albanaise d’origine vivant en Suisse depuis 1991 (l’année de ses dix ans), est restée profondément attachée à sa culture d’origine. Elle choisit de préserver ces liens dans son univers musical qui, un temps en équilibre entre le jazz et une certaine world-music, semble basculer résolument vers l’adaptation de musiques traditionnelles des Balkans... Une mutation qui s’accompagne d’un changement de contrebassiste dans un quartet jusqu’alors très soudé autour de la voix remarquable d’Elina Duni et du piano très expressif de Colin Vallon. Bänz Oester a laissé sa place à Patrice Moret et la musique a, de notre point de vue, perdu de sa force par rapport aux deux précédents disques à moins que ne s’installe une impression de monotonie dans le choix du répertoire.
En changeant de label, de MetaRecords, à ECM, aurait-elle accepté d’entrer dans les cadres esthétiques de la maison munichoise ? Toujours est-il que nous n’échangerions pas son premier album « Baresha », vif, pétillant, inventif (MetaRecords - 2007), certes encore « vert » et un peu « fourre-tout », contre celui-ci, ne serait-ce que pour les superbes versions de « Avec le temps » ou « La Javanaise » qu’on y découvrait avec bonheur.
Il n’en reste pas moins qu’Elina Duni possède une des voix les plus envoûtantes qu’on puisse entendre en Europe quand elle oublie un peu les folklores pour laisser s’exprimer sa créativité et sa personnalité.

. ::Thierry Giard ::.


LAÏKA : « Come A Little Closer »

LAÏKA : « Come A Little Closer » -  voir en grand cette image
LAÏKA : « Come A Little Closer »
Emarcy / Universal Music France

LAÏKA FATIEN (Paris 1968) bénéficie d’un bel orchestre, de bons arrangements et de solistes de prestige.
Son répertoire est aussi langoureux que celui de sa consœur Susie Arioli, mais sa voix chaude et des moyens plus importants y prêtent plus de consistance. Sans doute aussi est-ce parce que c’est une chanteuse de jazz.
C’est son phrasé qui la désigne comme telle, l’accentuation de certaines parties des mots, l’imperceptible allongement ou réduction des notes. Mais le répertoire entraîne une certaine lassitude et évoque encore les fins de soirée.

. ::Philippe Paschel ::.

# Un autre point de vue sur ce disque dans le « Tourne-disque » de CultureJazz.fr (octobre 2012)





MARIANNES’S BAG : « Hard to Catch »

MARIANNES'S BAG : « Hard to Catch »  -  voir en grand cette image
MARIANNES’S BAG : « Hard to Catch »
Meta Records / CODAEX

C’est grâce au label Meta Records que pilotent Ralf Altrieth (aussi saxophoniste et peintre) et Johannes Reichert (contre-ténor) que nous découvrons la chanteuse suisse Marianne Keel (née en 1979). Ce sont eux déjà qui avaient fait émerger Elena Duni (cf. ci-dessus) en produisant les deux premiers disques de la chanteuse d’origine albanaise.
Certains d’entre vous penseront peut-être (à juste titre) que cette musique poétique et délicate « n’est pas du jazz »... Sans doute mais Marianne Keel a construit une grande partie de son savoir musical dans l’univers du jazz sans œillères, en suivant l’enseignement de sa compatriote Susanne Abbuehl, de la scandinave Josephin Cronholm (elle a passé un an à Copenhague), de Norma Winstone et d’autres.
Ce disque propose une musique à la fois très personnelle, poétique, mais portée par des mélodies qui évoquent une pop music finement travaillée. La présence d’un quatuor à cordes qui ne se contente pas de créer un nappage sonore mais s’intègre totalement à la musique dans des arrangements subtils donne du caractère à ce disque plus que plaisant.
Marianne Keel nous emmène sur les traces de Joni Mitchell (par exemple...) dans une balade qui évoque les grands espaces et l’amour de la nature et de la vie. Elle a plein de jolies choses dans son sac !

. ::Thierry Giard ::.


Priscilia VALDAZO Trio : « Bolimood »

Priscilia VALDAZO Trio : « Bolimood » -  voir en grand cette image
Priscilia VALDAZO Trio : « Bolimood »
Label Art Vivant

Tout de suite, on est touché par la mélodie irrésistible d’Ariel Ramirez et Felix Luna, Alfonsina y el mar. La voix de Priscilia Vadazo est soutenue par sa contrebasse et bousculée par le piano joueur et fantasque de Leonardo Montana (entendu auprès d’Anne Paceo...), portée par la batterie de Jean-Benoît Culot. _ Les invités ne font pas de la figuration tout au long de ce joli disque marqué par les ciselures du saxophone soprano de Jean-Charles Richard (à trois reprises sur le disque), le bugle d’Alejandro Sandler, visiteur au timbre feutré sur Sera que estoy llorando.
Pour Volver, c’est Lucas Henri, contrebassiste remarqué sur la scène caennaise qui permet à Priscilia de se consacrer uniquement à sa voix.
Ce disque aux couleurs d’Amérique Latine a été enregistré très naturellement dans les conditions du live entre deux voyages en Bolivie de Priscilia Valdazo (Ambiance bolivienne, Bolimood).
La musicienne, très active sur la scène jazz caennaise (on se souvient de son remarquable orchestre Canto del Pueblo) est restée attachée à ses racines hispaniques. Outre la maîtrise de la langue, cette professionnelle de la voix (elle est chef de chœur au Conservatoire de Caen) possède les qualités expressives qui font swinguer cette musique pour ne jamais s’éloigner des ondes du jazz.
Une production hors des grands circuits de diffusion du jazz qui mérite, à ce titre aussi, de ne pas passer inaperçue.

. ::Thierry Giard ::.


Les références :

> Susie ARIOLI : « All the way » - Jazz Village SP 9570006 / distribution Harmonia Mundi)

Susie Arioli : voix / Jordan Officer : guitare / Jeff Johnston : piano / Bill Gossage : basse / Frédéric Grenier : basse / Michel Berthiaume : batterie / Tony Albino : batterie, congas / Cameron Wallis : saxophones ténor et baryton/ Al McLean, Ben Henriques et/ou Averil Parker : saxophone ténor / Jérôme Dupuis-Cloutier : trompette / François Stevenson : vibraphone

01. Here’s That Rainy Day (Burke - Van Heusen) / 02. Here’s to the Losers (Segal - Wells) / 03. Time On My Hands (Adamson - Gordon - Youmans) / 04. My Funny Valentine (Rodgers - Hart) / 05. Un Jour De Différence (Adams - Delettre - Grever) / 06. Come Rain or Come Shine (Mercer - Arlen) / 07. Looking for a Boy (G & I Gershwin) / 08. All the Way (Cahn - Van Heusen) / 09. It’s Always You (Burke - Van Heusen) / 10. When Your Lover Has Gone (Aaron Swan) / 11. Forgetful (Segal - Handy) / 12. There’s a Lull in My Life (Gordon - Revel) / 13. Time After Time (Cahn – Styne)

> Lien :

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> Michel BUTOR – Marc COPLAND : « Le long de la plage » - Vision Fugitive VFCD313002 - distribution Harmonia Mundi

Michel Butor : voix et textes / Marc Copland : piano

01. Sotto Voce / 02. Air marin / 03. L’œil de l’oreille / 04. Méditation / 05. Randonnée I / 06. Fenêtres auditives / 07. Randonnée II // Enregistré aux Studios La Buissonne par Gérard de Haro et Nicolas Baillard

> Lien :

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Eva CORTÉS : « Jazz one night with Eva Cortés in Madrid »

Verve 1CD + 1 DVD / distribution Universal Music France (disponible le 5 novembre 2012)

Eva Cortés : vocal / Pepe Rivero : piano / Toño Miguel : contrebasse / Georvis Pico : batterie

CD : 01. Sola Contigo (E.C.) ∕ 02. Que reste-t-il de nos amours (C. Trénet – L. Chauliac) / 03. Tormenta Pasagera (E.C.) / 04. Valsa de Menina (K. Loureiro – Cortés) / 05. Quisiera (E.C.) / 06. La cosa mas bonita (E.C.) / 07. Fragile (Sting) / 08. No Longer There (B. Martinez – Cortés) / 09. Alcor Es (E.C.) / 10. Sous le ciel de Paris (J. Drejac – H. Giraud) / 11. La vida en rosa (Guglielmi – Piaf – McGuill) / 12. Tight (B. Carter)
DVD : 13. Te me escapas (come agua entre los dedos) (E.C.) / 14. You Go To My Head (J. Fred Coots – H. Gillespie) /// Enregistré en concert à Madrid le 28 décembre 2011

> Liens :

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> Sienna DAHLEN - Dave RESTIVO - Amy GAMLEN : « Into the Beautiful - The Emily Dickinson Project » - There is Records 003 / Cd Baby

Sienna Dahlen : voix / Dave Restivo : piano / Amy Gamlen : compositions

01. Into The beautiful / 02. Cricket / 03. Spider / 04. A Thought / 05. Stone / 06. Yellow / 07. Wind // (durée totale : 21’50) // Enregistré à Toronto.

> Lien :

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>Elina DUNI Quartet : « Matanë Malit » - ECM 370 6457 / Universal Music France

Elina Duni : voix / Colin Vallon : piano / Patrice Moret : contrebasse / Norbert Pfammater : batterie

01. Ka një mot (M. Gurra) / 02. Kjani trima (trad. Albanie) / 03. Kur të kujtosh (B. Myftiu, E. Duni) / 04. Vajzë e valëve (N. Muko) / 05. Unë ty moj (trad. Albanie) / 06. Erë pranverore (Ll.Siliqi, T. Daija) / 07. Çelo Mezani (trad. Albanie) / 08. Ra kambana (trad. Albanie) / 09. Çobankat (trad. Albanie) / 10. Kristal (I. Kadare, E. Duni) / 11. U rrit vasha (trad. Kosovo) / 12. Mine Peza (trad. Albanie)

> Liens :

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> LAÏKA : « Come A Little Closer » - Emarcy 3710468-4 / Universal Music France

Laïka Fatien : voix / Gil Goldstein : arrangements, orchestrations, direction d’orchestre / Roy Hargrove : bugle (1, 3, 7) trompette (10) / Graham Haynes : cornet (9, 11) / Ambrose Akinmusire : trompette (2, 5, 8) / Louise Schulman, Lois Martin : alto / Dave Eggar, Anja Wood : violoncelle / Mike Davis : trombone basse / Stuart Rose : cor / Elisabeth Mann : flûte alto / Meryl Abt : clarinette basse / Rufus Reid : contrebasse / Danny Grissett : piano

01. And How I Hoped For Your Love / 02. It’s Easy To Remember / 03. So I Love You / 04. Divine / 05. Loving You / 06. I You Still The Same Afterwards, It Wasn’t Love / 07. The Music That Makes Me Dance / 08. Go Away Little Boy / 09. When Love Was You And Me / 10. Wild Is The Wind / 11. Being Me // enregistré à New-York en août 2011

> Lien :

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MARIANNES’S BAG : « Hard to Catch » - Meta Records Meta 064 / distribution C0DAEX (disponible le 6 novembre 2012)

Marianne Keel : voix / Niculin Christen : piano / Kaspar von Grüningen : contrebasse / Tino Siegrist : batterie / Ola Sendecki et Erika Achermann : violon / Magdalena Dimitrov : alto / Daniela Hunziker : violoncelle

01. Little girl / 02. Lovely / 03. Jag vet en dejlig rosa / 04. Hard to catch / 05. Side by side / 06. A deer a soul on four legs / 07. Little boy / 08. On a hill / 09. Let this time last / 10. Saturday in Copenhagen

> Liens :

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Priscilia VALDAZO Trio : « Bolimood » - Label Art Vivant ARVI 036 / commande parcourriel à jbculot@gmail.com

Priscilia Valdazo : chant et contrebasse / Leonardo Montana : piano / Jean-Benoît Culot : batterie // + invités : Jean-Charles Richard : sacophone soprano sur 3, 6 et 8 / Alejandro Sandler : bugle sur 5 / Lucas Henri : contrebasse sur 4

01. Alfonsina y el mar (Ramirez - Luna) / 02. A Pique (Quintero) / 03. Casseron de tejas (Piana - Castillo) / 04. Volver (Gardel - Le Pera) / 05. Sera que estoy llorando (Piazzolla - Ferer) / 06. I’m old fashioned (Kern - Mercer) / 07. Tu palida voz (Charlo - Manzi) / 08. A Noite (L. Montana) / 09. Tres Palbras (de Franco) / 10. O grande amor (Jobim)

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