« Le jazz tisse sa toile... »
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Entretien avec Vincent COURTOIS.

Où l’on parle de disques et de divers projets...

D 11 décembre 2012     H 06:08     A Armel Bloch    


Vincent Courtois est un violoncelliste qui s’est fait remarquer sur la scène européenne pour son style très personnel, l’originalité et la diversité de ses projets. Son activité mérite d’être éclairée par CultureJazz, qui vous livre un entretien en deux parties...

  • Partie 1 : Retours sur trois disques parus en 2011, son ouverture sur les musiques improvisées et post rock.
  • Partie 2 : « L’Amérique », « Le roi pêcheur », « The Mediums », « Ernest et Célestine » : une actualité riche de projets variés.
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Vincent Courtois - novembre 2012
© Christophe Deschanel

Vincent Courtois #1 : entretien

Retours sur trois disques parus en 2011, son ouverture sur les musiques improvisées et post rock.

Après la sortie de trois disques en 2011 (solo « L’imprévu », trio « Amarco », quartet « Live in Berlin »), nous avons souhaité rencontrer le violoncelliste Vincent Courtois pour revenir sur ces albums marquants de son parcours et découvrir d’avantage son ouverture sur les musiques improvisées et post rock.

Armel Bloch : Pour introduire cet entretien, qu’appréciez vous chez les acteurs majeurs du jazz français avec lesquels vous avez travaillé tels que Louis Sclavis, Michel Portal, Didier Levallet...

Vincent Courtois : À 20 ans, le disque « Chine » de Louis Sclavis m’a beaucoup marqué. Je me suis dit qu’un jour, j’aimerais bien jouer avec lui. Ça a pu se faire plus de dix ans après. Le courant est très bien passé entre nous. Ce que j’apprécie chez lui, c’est qu’il prend la musique très au sérieux. C’est un travailleur acharné, en plus d’être excessivement doué. Il m’a vraiment appris à beaucoup travailler pour aboutir à quelque chose de personnel. Il est tout le temps sur le coup et ne prend pas les choses au hasard. Il ne se dit pas « je suis bon donc je joue ». Nous avons beaucoup travaillé ensemble dans différents projets (quintet, quartet, duo...). Nous sommes devenus très complices dans la musique.

Chez Michel Portal, ce que j’adore c’est la prise de risque complète qu’il s’accorde. Il continue à sauter dans la piscine sans regarder si il y a de l’eau. Il s’autorise tout, sans complexes en acceptant profondément qu’il peut se tromper mais au moins il aura essayé et entendu ce qu’il avait envie de faire. Avec lui, tout peut arriver, c’est un côté très agréable. Par contre, on ne sait jamais si les choses vont durer. J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer avec lui en quartet avec Manu Codgia et Edward Perraud.

Didier Levallet est la première personne qui m’a fait travailler quand j’avais 19 ans. Je l’avais rencontré dans un stage qu’il organisait pour les instruments à cordes. C’est un grand pédagogue. Il m’a permis d’intégrer le réseau du jazz en France en me faisant jouer dans ses festivals. À 20 ans, il m’a confié l’animation d’une classe au stage de Cluny avec des personnes à peine plus âgées que moi. J’ai aussi fait des remplacements occasionnels dans le Swing Strings System et ensuite intégré ses différentes formations.

AB : Vous poursuivez votre travail avec le quartet « What do you mean by silence ? », dont le dernier disque est sorti sur le label Le Triton en 2011. Sur quels principes de base repose cette formation et quelles sont ses évolutions depuis sa création ?

VC : Ce quartet existe depuis huit ans. Au début, il s’agissait d’un trio avec François Merville (batterie) et Marc Baron (saxophone alto). Je voulais mettre en avant le rapport au silence, travailler sur la position du musicien par rapport à l’écoute mutuelle et développer un mode de concentration particulier sur la musique, en jouant uniquement ce que l’on souhaite entendre à un moment donné sans fonctionner par réflexe. L’idée était de former un orchestre avec un répertoire intermédiaire entre les programmes assez écrits que j’ai pu connaître dans certaines formations et les concerts totalement improvisés partagés avec Sylvie Courvoisier et Ellery Eskelin par exemple. J’ai donc fait le choix de partir de modes de jeu relativement simples, faciles à assimiler, pour faire des concerts en se plaçant dans le même état d’esprit qu’un concert improvisé mais avec en plus un matériel de départ connu. Les thèmes sont joués sans ordre préétabli. Je souhaitais occuper une fonction assez polyvalente : à la fois rythmicien et soliste. Nous avons travaillé dans ce sens mais la formule ne me semblait pas encore parfaite. J’ai rapidement ressenti le besoin d’aller plus loin dans le casting et dans l’instrumentation. J’aime développer la perfection de ce que chacun peut amener.

Un jour, je suis allé écouter la chanteuse Jeanne Added dans un jeune groupe. À l’époque, elle était peu connue. Son rôle dans cette formation m’a pleinement satisfait. Je lui ai proposé de participer à l’enregistrement du premier disque pour accompagner quelques chansons. À l’issue de la première répétition, je me suis rendu compte qu’il fallait qu’elle intègre le groupe durablement, toujours avec cette idée de partenariat avec l’illusion de silence et d’écoute. Le trio est alors devenu un quartet. Nous amenons des effets électroniques et des jeux instrumentaux surprenants pour faire croire qu’il s’agit d’un silence, sans que ce soit vraiment le cas.

J’ai souvent travaillé avec des vocalistes (John Greaves, Lucilla Galeazzi, Khaled, les Rita Mitsouko...). J’aime beaucoup le rapport à la voix. J’ai toujours aimé la chanson. Jusqu’à ma rencontre avec Jeanne, je n’avais pas trouvé de chanteuse de jazz aussi versatile, libre et ouverte. J’aime les musiciens qui savent un peu tout faire, être n’importe tout mais en restant eux mêmes. Avec Jeanne, il est possible d’expérimenter plein de choses, de donner à l’orchestre différentes dimensions sans que celui-ci perde son identité de groupe. Nous pouvons développer des improvisations chantées sur des chansons déjà très écrites. Il y a un vrai rapport entre la chanson et l’improvisation, que je n’avais jusqu’alors pas travaillé sous cet angle. Dans ce groupe, il y a une prise de risques totale sur scène. Nous pouvons parfois tomber sur des périodes d’errance complète sans que cela nous gêne. J’ai beaucoup appris dans la façon de maîtriser la direction que l’on souhaite donner à un ensemble. Le premier orchestre avec Marc Baron m’imposait de ne pas forcer les choses, de gérer librement notre temps pour que notre langage se développe naturellement.

Marc a quitté l’orchestre pour se consacrer d’avantage à ses projets personnels. Après quelques hésitations, j’ai pensé que Yves Robert pouvait le remplacer.
Dans son trio, Yves m’a appris à penser l’improvisation autrement, à être réellement dans l’écoute pour jouer d’avantage avec les autres, à être judicieux, généreux et à réagir immédiatement. Je me suis rendu compte que les propos recherchés au sein du quartet pouvaient lui correspondre. Il a fallu un peu adapter notre mode de jeu car Yves est beaucoup dans le zapping, dans la vitesse, dans des événements souvent changeants. Nous l’avons amené vers nous et lui s’est adapté à l’orchestre. Il s’est retrouvé à prendre un rôle de plus en plus important et a aujourd’hui pleinement trouvé sa place. Yves a aussi la faculté de pouvoir occuper différents postes, comme le reste de l’orchestre. La nouveauté du répertoire est aussi bien dans l’apport de nouvelles compositions, utilisées comme des prétextes, que dans les progrès qui ont pu être faits au fil des concerts. Il n’y a plus d’appréhension dans notre façon de jouer. Notre dernier disque est sorti en mai 2011. C’est un enregistrement live du concert donné au festival de Berlin en juin 2010. Il démontre bien l’évolution musicale et le jeu que nous avons souhaité donner au quartet.

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What do you mean by silence
15 mars 2008, A Vaulx Jazz

AB : Vous vous produisez en solo et vous avez récemment publié un nouveau disque intitulé « L’imprévu ». Quelle différence avec « Translucide » paru en 2000 ?

VC : Je n’avais pas du tout prévu d’enregistrer en solo. Je n’étais pas vraiment dans cette dynamique. Le label italien Rethink Art Records m’a proposé d’enregistrer un disque pour débuter une série de solos. Au début, je trouvais l’idée excitante mais il m’a fallu rapidement trouver des prétextes d’écriture. Je ne voulais pas faire un album totalement improvisé. J’ai écrit des pièces assez courtes pouvant servir de matière de base à des improvisations mais avec une certaine exigence dans l’écriture. Je souhaitais enregistrer un disque totalement acoustique, avec la démarche de m’enfermer pendant quelques jours au studio La Buissonne avec Gérard de Haro, et de voir ce qui sortait de tout cela. Je me suis mis à écrire sur une feuille blanche le mot « imprévu », qui a donné le titre de l’album. Dans ma discographie, c’était le disque qui n’était pas prévu. Il a fallu que j’écrive un répertoire en une semaine, un peu dans l’urgence, en me fixant comme objectif de ne pas retoucher au contenu. Je ne me suis pas vraiment posé de questions stylistiques. Le tout me semble assez cohérent. Dans « L’imprévu », tout est possible, on peut tout imaginer. J’ai essayé de fonctionner avec l’envie. Je voulais être dans une démarche de « beau violoncelle » pour mettre le plus possible en valeur mon instrument.
Le disque est très intime. Les pièces solos sont entrecoupées de courtes pistes enregistrées en multi violoncelles. L’album est sorti sur le label La Buissonne en janvier 2011.

« Translucide » a été enregistré à mon domicile dans une petite salle il y a plus de dix ans. C’était mon premier album pour le label allemand Enja. Mon idée était de donner une image extrêmement réelle, intime et assez dure du violoncelle. Le disque a été enregistré avec des micros situés très près de l’instrument pour donner à l’auditeur non pas l’impression d’entendre du violoncelle mais d’être à la place du violoncelliste, pour sentir les vibrations de l’instrument, les frottements et craquements. À l’époque, on attendait de moi un disque avec des effets de réverbération alors que je voulais un son très sec et le plus proche possible du violoncelle, absolument pas complaisant. « L’imprévu » donne résolument une image différente de « Transclucide ».

AB : Vous figurez dans plusieurs disques de trios improvisés, dont le dernier « Amarco ». Qu’est-ce qui vous intéresse dans ce type de formation et ce type de contexte ?

VC : En trio, totalement improvisé, avec Marilyn Chrispel (piano) et Michele Rabbia (percussions) ou Ellery Eskelin (saxophone ténor) et Sylvie Courvoisier (piano), comme souvent avec des musiciens américains, nous enregistrons puis nous montons une tournée. Les opportunités de jouer ne sont pas régulières, il faut profiter des rares fois où les artistes sont disponibles en Europe. A force de jouer, nous arrivons à d’autres choses dans l’improvisation. J’aime cette idée de longévité, de l’expérience qui dure. Avec Marylin et Michele, c’est plus anecdotique, nous avons moins travaillé ensemble mais avec Sylvie et Ellery, on se connaît très bien, nous avons une relation forte. Même après un an sans jouer, ils nous est arrivé de poursuivre notre histoire là où elle s’était arrêtée.
Il y a des choses que l’on adorait au début et qu’on ne veut plus faire, faute de les avoir trop pratiquées. En tournée, on ne peut pas effacer la copie tous les jours pour présenter un nouveau discours. Il y a toujours des éléments qui reviennent et je ne trouve pas cela redondant même dans un contexte de musique improvisée. Ça nous incite à se surpasser, à aller plus loin, à creuser notre jeu pour trouver une perle, une corde qu’on tire et qui va nous mener ailleurs, ou un chemin que l’on n’avait pas pris la veille... Les formations totalement improvisées permettent vraiment cette exploration.

C’est la même chose dans le trio Amarco avec Claude Tchamitchian et Guillaume Roy, que nous avons souhaité totalement improvisé et acoustique dès le début. Nous souhaitions depuis longtemps nous rencontrer sur scène pour échanger notre expérience musical et notre vécu. Dès le premier concert dans le cadre d’une résidence confiée à Claude, le courant est très bien passé. Nous avons eu la chance de beaucoup jouer en France dans les festivals, les clubs, de faire une tournée dans les pays nordiques, d’enregistrer un disque qui ne représente qu’une infime partie de la musique que le trio est capable de jouer. Le concept de la formation à cordes a manifestement beaucoup intéressé. Il est pour nous l’occasion d’explorer des sons et tessitures typiques de nos instruments, que l’on ne peut pas forcément mettre en valeur dans d’autres contextes.

Toutes ces collaborations dans la durée m’excitent plus que de reformer régulièrement des groupes avec une nouvelle équipe, même si je suis conscient qu’il y a encore plein d’artistes passionnants avec qui il serait intéressant d’essayer de nouvelles choses.

AB : Concernant ces tentatives vers d’autres musiques que vous sous entendez, vous avez eu des expériences avec des groupes plus orientés vers le rock (quintet WAT, trio EGO)...

Vincent Courtois -  voir en grand cette image
Vincent Courtois
Photo © CultureJazz - mai 2008

Quand j’étais plus jeune, j’écoutais beaucoup de jazz, je voulais connaître tous les disques qui sortaient. A un moment donné, j’ai arrêté tout cela. Je me suis rendu compte que je ne savais plus trop quoi écouter et que j’en avais surtout plus l’envie.
Grâce à internet, j’ai pu aller voir ailleurs, avec Myspace par exemple. Je m’étais donné comme objectif d’écouter un disque tous les jours, sans rien faire d’autre, si possible quelque chose que je ne connaissais pas. Dans chaque disque que l’on me donnait ou que je trouvais sur internet, il y avait toujours un ou deux titres que j’aimais et que je mettais de côté. Avec Myspace, j’ai découvert des liens entre des groupes qui m’ont ouvert des portes vers plein d’autres choses. Il en est ressorti quelque chose de complètement tentaculaire avec de nombreuses heures de musique stockées sous forme de compilations. Au fur et à mesure que je réécoutais tout cela, je me suis rendu compte que j’avais depuis quelques années un manque d’ouverture incroyable et une culture musicale insuffisante.
Ce constat est assez général dans notre milieu. Il concerne les journalistes, programmateurs mais encore plus les musiciens. Je me suis dis qu’avec internet, il serait dommage de ne pas continuer à aller chercher tout cela. Je me suis donc remis à réécouter et chercher de nouvelles choses pour retrouver le même plaisir que celui que j’avais eu quand j’étais plus jeune, quand j’écoutais mon premier disque de Chet Baker à 16 ans ou les albums de Weather Report, qui m’ont aussi beaucoup bouleversés. Je suis tombé sur plein de groupes passionnants. J’ai rencontré à diverses occasions des gens qui étaient dans la même démarche que moi, comme Maxime Delpierre. On a beaucoup échangé sur les musiques écoutées et on a découvert que nous avions des affinités pour les mêmes choses.
Un jour, pour mes 40 ans, j’ai fait une grosse fête et j’ai demandé à chaque invité de m’offrir comme cadeau une compilation de dix morceaux de ce qu’ils écoutaient réellement à ce moment. J’ai écouté, répertorié, essayé de comprendre, mis de côté ce qui me plaisait. Je me suis dis que j’allais peut-être un jour concevoir un groupe avec ces influences en tête.

J’ai eu une proposition de résidence par Jean-Pierre Vivante au Triton qui a été l’occasion de tenter une nouvelle expérience avec des jeunes musiciens qui ont la même curiosité que moi. Le quintet « What A Transe » est né avec Maxime Delpierre (guitare électrique), Matthieu Jérôme (claviers), Olivier Lété (basse électrique) et David Aknin (batterie), augmenté d’invités occasionnels comme John Greaves, Thomas de Pourquery et Jeanne Added au chant.
Les musiciens qui m’entourent écoutent beaucoup de musiques différentes, ils ont une culture large, connaissent énormément de choses, même s’ils ne les jouent pas forcément. Ils en ont besoin pour nourrir leurs improvisations...
Dans WAT, Il y avait peu d’éléments à amener dans l’écriture. Nous avons plutôt cherché ensemble des sons et des rythmiques relativement simples. C’est aussi ça qui m’a beaucoup plu : avoir le temps de répéter, essayer de nouvelles choses pour aboutir à un vrai son de groupe. Je savais que pour obtenir un certain son, il fallait accepter d’y consacrer du temps.

Maintenir un tel orchestre est difficile car la France est un pays de réseaux, ouverts à tel ou tel type de musique plutôt qu’un autre. C’est un peu délicat à vendre : il y a toujours la contrainte de devoir identifier la musique d’un groupe à une sorte de style pour pouvoir la diffuser. Dans cette formation, je joue presque tout à l’archet, avec pratiquement aucune rythmique de ma part. Je fais beaucoup de solos, j’occupe plus le rôle de « guitare lead ». Ce n’est pas la première fois que je fais des tentatives dans ce monde des musiques actuelles.
Il y a quelques années, j’avais déjà créé le Quintet Orange à Coutances. Mon quartet a une dimension très personnelle, il est assez identifié dans le milieu du jazz, qui est plus à considérer comme un réseau de musiques instrumentales sans chanteurs. WAT a une approche différente : le public peut être assis ou préférentiellement debout, il peut y avoir des voix chantées donc on est plus proche des musiques actuelles. Ce n’est pas du jazz, c’est aussi une autre dimension que le rock. Je travaille avec des agents qui n’ont pas forcément ce créneau musical. On peut se poser comme question : quelle salle peut accueillir ce groupe ? en première partie de qui ? Nous avons eu de très bons retours du public.
Ce n’est pas parce que le public est satisfait que le groupe fonctionne dans le temps, pour les raisons précédemment citées. Nous avons tout de même passé de très bons moments ensemble. C’est une expérience très enrichissante. Le trio EGO est une rencontre avec Maxime Delpierre et Edward Perraud. Il présente une musique encore différente, assez free rock complètement improvisée. Nous faisons très peu de concerts.
C’est une autre façon de se réunir entre amis pour expérimenter de nouvelles choses.

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Vincent Courtois solo - Le Mans, 5 mai 2012
© CultureJazz.fr

Vincent Courtois #2 : entretien

« L’Amérique », « Le roi pêcheur », « The Mediums », la bande originale du film animé « Ernest et Célestine » : une actualité riche de projets variés.

Avec la sortie récente du disque « Mediums », le nouveau projet « L’Amérique » avec le comédien Pierre Baux et la création « Le roi pêcheur » avec le conteur André Ze Jam Afane dans le cadre de « La trilogie des mécaniques frivoles » présentée au festival Africolor et la bande son originale du film animé « Ernest et Célestine », Culture Jazz a souhaité poursuivre l’entretien avec le violoncelliste Vincent Courtois pour en apprendre plus sur cette actualité riche.

AB : Il y a plusieurs années, vous avez entamé un travail avec le comédien Pierre Baux. Quelle a été l’évolution de ce duo pour aboutir aujourd’hui au nouveau programme intitulé « L’Amérique » ?

VC : J’ai rencontré le comédien Pierre Baux lors d’un spectacle de Dominique Pifarely. Nous avons décidé de commencer à travailler à l’Atelier du Plateau, avec Gilles Zaepffel, metteur en scène et directeur de ce lieu, décédé depuis. Notre idée de départ était de donner des lectures de l’intégrale des Contes de Grimm pendant plusieurs soirs consécutifs au mois de décembre.
Nous avions choisi de présenter cinq contes par soir pendant un mois. L’année suivante, nous avons présenté la deuxième moitié. Tous les jours, il y avait de plus en plus de monde. Au fur et à mesure des concerts, nous avons trouvé notre langage, notre manière de faire. Je ne voulais pas être dans un jeu décoratif ni figuratif. L’idée était de raconter ensemble la même histoire. Il lisait les contes pendant que j’improvisais. J’ai voulu aller plus loin avec Pierre pour être encore meilleur dans notre travail.
L’année suivante, on a donc entrepris un spectacle sur les auteurs de formes courtes. Nous avons continué avec l’idée de monter un programme comprenant des textes appris par cœur et une musique qui ne bouge pas trop.

Un jour par curiosité, j’ai lu les écrits « poétiques » de Lou Reed et nous avons rapidement eu l’idée de travailler sur les écrits rock. Nous avons cherché des textes de Bob Dylan, Elvis Presley, Nirvana... et nous nous sommes rendus compte que tout cela faisait beaucoup. Nous avons lu de la littérature et recentré nos recherches sur le livre « Please Kill Me » de Legs McNeill et Gillian Mc Cain, qui raconte une histoire qui se déroule sur une période allant de 1968 aux années 80 dans un quartier de New York. On constate dans ce livre qu’il s’est passé pour le rock à peu près la même chose que pour le jazz à cette même époque. Le rock était une musique avant tout populaire qui a commencé à être jouée dans les caves. Les musiciens côtoyaient des artistes contemporains du moment, comme Andy Warrol. Il sont allés très loin dans la défonce et il en est sorti autre chose. On s’aperçoit dans ce livre que le rock est devenu une musique sombre, grave, avec un vécu et une histoire terrible. L’ouvrage est le fruit de centaines d’heures d’entretiens avec des musiciens qui ont animé ce mouvement culturel et musical qu’est le punk rock américain. Le livre évoque Jim Morrisson, Lou Reed, Iggy Pop, des groupes un peu moins connus : les Ramones, les New York Dolls. Tous ces groupes de l’époque ont une histoire belle, drôle, pathétique, qui peut être terrible avec plein d’émotions différentes. On a construit un spectacle autour des anecdotes et des situations tragiques décrites dans le livre et aussi à partir de textes réellement récrit par Lou Reed, Patti Smith...
Nous avons joué ce répertoire pendant deux saisons et au festival d’Avignon.

Nous avons ensuite voulu travailler sur le thème l’Amérique, en utilisant comme support des nouvelles de Raymond Carver (1938-1988), dans le cadre d’une création coproduite par l’Atelier du plateau et le festival de jazz de la Villette 2011. Parmi les nouvelles choisies, il y a « Jerry and Molly and Sam » publiée aux Etats-Unis en 1976 et « So Much Water So Close to Home » datant de 1981. Les textes de Carver détiennent une certaine force qui m’inspire dans ma musique. Ils retracent très bien le quotidien de la vie américaine, ses paysages, personnages, histoires parfois sombres. Nous poursuivons le travail de mise en scène avec Matthieu Malgrange et Laetitia Zaepffel, qui accompagnent le duo depuis ses débuts. Pour mieux illustrer ces tranches de vie outre-Atlantique, nous avons décidé de projeter une photographie de Gregory Crewdson, explorée dans ses moindres détails. Finalement, parmi tous les projets que j’ai menés avec Pierre, « L’Amérique » est peut-être celui qui est le plus en rapport avec le jazz.

AB : Vous avez également initié une longue collaboration avec le conteur et slameur André Ze Jam Afane. Vous présenterez très prochainement une nouvelle création avec lui intitulée « Le roi pêcheur », dans le cadre du festival Africolor. Comment résumeriez vous le positionnement artistique que vous cherchez à transmettre avec cet artiste ?

Vincent Courtois - « Jazz à La Tour » - août 2012 -  voir en grand cette image
Vincent Courtois - « Jazz à La Tour » - août 2012
© CultureJazz.fr

VC : J’ai rencontré André Ze Jam Afane à Reims lors d’une résidence en Champagne Ardennes. À l’époque, je cherchais à travailler avec des artistes locaux (musiciens, peintres, photographes...). On m’a dit qu’il y avait une personne qui faisait du slam, un peu de reggae, qui racontait des histoires dans des écoles... Je l’ai rencontrée, nous avons commencé à improviser ensemble avec d’autres musiciens du coin : Guillaume Dommartin (batterie) et Francis Le Bras (piano, fender rhodes).
Ça a tout de suite fonctionné. André est un conteur, slameur, poète camerounais mais aussi un très bon chanteur et rythmicien. Il a une façon très particulière de se placer dans la musique et beaucoup de charisme. J’ai eu la chance de pouvoir bénéficier à cette occasion d’une commande d’écriture et le spectacle « Les contes de Rose Manivelle » est né. Les histoires évoquent des animaux qui se rencontrent. J’ai souhaité faire un disque pour finaliser l’aboutissement de ce travail. Ce répertoire mêle la poétique du son à celle du sens. Il constitue le premier volet de ce que nous avons appelé un peu plus tard « La trilogie des mécaniques frivoles », suite à la création de ma structure « La compagnie de l’imprévu » [1], qui m’a d’une certaine façon obligé à réfléchir de façon plus approfondie sur la dimension artistique de mes projets.
Ce premier volet constitue la mécanique de l’introspection « réflexive ».
 C’est un projet important dans ma vie de musicien. On y entend différentes influences qui m’ont nourries pendant toutes mes années de route, à la recherche de mes véritables envies et de mon honnêteté de musicien.

Nous continuons de jouer ce programme et nous avons créé par la suite « L’homme avion », à partir d’autres textes écrits par André, cette fois-ci plus proches du slam que des contes. « L’homme-avion » représente « la mécanique symétrique ». C’est une sorte de dialogue « symétrique » entre le ciel et la terre. J’ai légèrement remanié le casting pour interpréter une musique assez différente du premier volet, avec un côté pop et un travail plus accentué sur les ambiances et les textures. J’ai fait appel à Maxime Delpierre (guitare électrique) qui apporte une touche un peu plus électrique à l’ensemble. J’ai aussi souhaité poursuivre ma collaboration avec de jeunes musiciens en associant au projet le saxophoniste Adrien Amey, membre du Surnatural Orchestra. André raconte, selon la trame d’une seule histoire, des textes assez engagés politiquement à propos des relations complexes entre la France et l’Afrique. Il est notamment question de sociétés capitalistes, d’obscurantisme religieux et de racisme.

Nous allons bientôt créer « Le roi pêcheur », qui constitue la « mécanique transitive ». Il symbolise la relation « transitive » de la troisième voie, la transversale qui annonce la fin du « voyage de l’esprit ». L’équipe est encore un peu différente avec l’accueil de Sylvain Daniel à la basse électrique, David Aknin à la batterie et Rémi Charmasson à la guitare en plus de Maxime Delpierre. Nous travaillons plus profondément sur la relation entre texte et musique, notamment par la recherche d’une mélodie moins harmonique, d’une matière sonore plus singulière qui puisse mettre en relief la poésie de la musique et la musicalité des mots.

Ce travail en trois volets engagé depuis plusieurs années démontre ma volonté d’être de plus en plus dans la fidélité avec des musiciens et encore le souci de vouloir aller toujours plus loin dans un projet. Avec André, on se connaît tellement bien qu’au fil de notre travail, on avance toujours plus vite, ailleurs, autrement, on est plus fort sur scène, plus cohérent. Tout cela me donne envie de continuer avec ces orchestres. Nous jouons aussi en duo. Je crois vraiment à la longueur des projets. Je pense qu’il faut prendre le temps de construire les choses, même si la société dans laquelle nous vivons incite régulièrement au changement. J’ai toujours eu peur des feux de paille. Quand j’étais plus jeune, j’ai vu beaucoup de musiciens qui, dès qu’un disque sortait, passaient à autre chose et leur projet s’éteignait.
Je ne suis pas dans cette optique.

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Robin Fincker, Vincent Courtois & Daniel Erdmann : « Mediums » Nevers - nov 2012
© Christophe Deschanel

AB : Vous avez récemment enregistré le disque « Mediums » en trio avec deux saxophonistes ténor. Que cherchez vous à transmettre dans cette formation atypique ?

VC : Après de nombreux concerts en quartet notamment dans des grands festivals, il a fallu que je songe à proposer autre chose, tout en continuant le travail initié avec cette formation. J’ai souvent monté des groupes avec lesquels j’essayais d’avoir la palette de son la plus large possible. À un moment donné, il m’a manqué la sensation de masse sonore et d’énergie commune, sans pour autant souhaiter diriger une grande formation. L’idée d’un trio plus acoustique que le quartet m’est venue en tête avec l’envie de travailler un son assez brut à partir d’un matériau simple, hors des formats instrumentaux souvent entendus et de ce qu’on peut imaginer. Le saxophone ténor est en quelque sorte le jumeau du violoncelle : ils ont une tessiture centrale et un timbre axial assez proche. Avec ces instruments du milieu, toutes les combinaisons sont possibles sur un registre voisin. Le ténor peut évoluer du baryton au soprano. Le violoncelle peut par moment sonner comme une contrebasse ou un violon. Il y a donc beaucoup de choses possibles à faire avec ces instruments. Le fait qu’ils soient proches permet un effet de masse surprenant pour un trio. J’ai fait appel à deux saxophonistes ténor parmi les meilleurs de la scène européenne actuelle, reconnus pour leur son très personnels : le berlinois Daniel Erdmann et le londonien Robin Fincker. J’ai eu l’occasion d’enregistrer avec leurs groupes respectifs. Leur choix m’a semblé assez évident. Ils ont dans ce trio un rôle très complémentaire que ce soit dans le son ou les parties jouées. Il y a entre nous une grande facilité pour jouer les thèmes et développer la musique. Je me suis posé la question de l’instrumentation avant celle de l’inspiration.

Il faut comprendre dans « Mediums » le mot dans toutes ses acceptations. La signification première à laquelle on peut penser est sans doute ceux qui entrevoient le futur. « Mediums » veut aussi dire intermédiaire, en lien avec l’instrumentation du trio. Le projet renvoie à l’univers poétique et fantasque des fêtes foraines, des cabarets ésotériques et autres cabinets de curiosités qui ont rempli ma jeunesse, lorsque mon père, peintre et décorateur forain, m’emmenait à ces drôles de spectacles. Les entre-sorts étaient des sortes de baraques dans lesquelles on entrait, on voyait quelque chose et on sortait, avec la sensation d’un décalage entre ce qu’on croyait voir ou entendre d’après l’histoire effrayante annoncée sur l’affiche et ce qu’on voyait réellement. Il y avait dans ces lieux un mélange de choses vraies et d’éléments beaucoup plus imaginaires comme des nains, des géants, des femmes à barbe, des hommes serpents, des têtes sans corps... Je me suis aussi inspiré de films cultes au parfum étrange, comme « Freaks » de Tod Browning, « Mulholland Drive » et « Elephant Man » de David Lynch pour composer cette sorte de bande-son aux faux airs « lynchiens ».
Il m’a fallu travailler sur les dissonances, les illusions, les transformations pour que le tout puisse présenter une certaine forme de poésie qui n’apparaît pas de façon très naturelle. Le disque raconte une fête qui se déroule du montage (« Mounting ») au départ des caravanes (« The Removal »). Le livret illustré de photos donne un aperçu de tout cela. Avec les thèmes « Femme sans corps », « Jackson’s Catch » ou « Une inquiétante disparition », j’ai essayé d’amener le public vers une certaine forme de fantasmagorie. Le trio est voué à évoluer dans sa musique avec peut-être des projets de création dans lesquels d’autres formations pourront être associées...

AB : Vous êtes aussi actif dans l’écriture pour des films, notamment dans le récent film animé « Ernest et Célestine », dont la sortie nationale est prévue pour le 12 décembre...

VC : J’ai effectivement eu dans mon parcours plusieurs expériences d’écriture de musiques pour des films courts et longs, notamment ceux de Marc Gibaja. J’aime travailler le rapport entre l’image et la musique. Pour « Ernest et Célestine » de Benjamin Renner, nous avons commencé à travailler très tôt, au fur et à mesure de la réalisation et non pas à la fin du montage comme c’est souvent le cas. J’ai pu mieux comprendre l’identité des personnages et leur évolution. Pour ce genre de film, c’est une grande chance de pouvoir travailler dans la durée et en étroite collaboration avec le réalisateur. Il y a eu beaucoup d’aller-retours entre nos studios respectifs, moi et Benjamin. À chaque fois que je recevais des parties réalisées, je modifiais l’écriture pour réussir à trouver une musique qui colle complètement au film. Le générique m’est venu très rapidement en tête. Pour le reste, il m’a fallu un an de travail. Je voulais qu’il y ait vraiment une couleur générale au film avec une instrumentation assez précise. Pour certains personnages, j’ai proposé un instrument, un thème principal et un soliste. Pour Ernest, j’ai fait appel au violon de Dominique Pifarely. Pour Célestine, ça se partage entre la clarinette de Louis Sclavis et le piano de Benjamin Moussay. Je tenais vraiment à avoir Louis Sclavis car il correspond à ma famille de musiciens, avec laquelle je travaille beaucoup. J’avais aussi besoin d’un son particulier et de gens qui dans leur attitude de musiciens ressemblaient un peu aux personnages.
Le film est une animation aquarelle. Les dessins à l’eau sont vraiment très doux. J’ai cherché à retransmettre ce ressenti dans la musique, même dans les moments les plus violents. J’ai essayé de ne pas trop marquer les choses en proposant une musique assez lisse, à la lecture facile, sans choses trop abruptes.
Parmi les autres compositeurs, Benjamin a senti en moi un musicien qui avait son univers, avec une musique qui lui ressemblait, assez malléable.

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Guillaume Roy, Claude Tchamitchian & Vincent Courtois : « Amarco » - août 2012
« Jazz à La Tour » - © CultureJazz.fr

AB : Finalement, lorsque l’on prend du recul sur votre parcours, celui-ci a souvent révélé des expériences musicales très différentes selon vos projets...

VC : C’est exact et absolument pas calculé. Le point commun que je retrouve aujourd’hui dans les musiciens de ma génération est la volonté de faire tomber les étiquettes, de décloisonner les styles pour constituer un mélange de tout cela. Nous faisons ressortir toutes nos influences même si l’on a une direction choisie pour un projet déterminé. Ces orientations musicales peuvent bien entendu évoluer d’un projet à l’autre. Je n’ai pas l’impression d’être incohérent lorsque je passe d’un concert totalement improvisé en trio avec Claude Tchamitchian et Guillaume Roy à une musique plus écrite comme celle que je fais avec André, puis que je me consacre à l’écriture pour une musique de film. Pour moi, si je fais des choses très différentes, il reste bel et bien une seule personne derrière tout cela avec la même culture et c’est avant tout ce qui compte dans ma démarche de musicien. Il m’est arrivé d’être dans des projets beaucoup plus étiquetés jazz et je ne me sentais vraiment pas moi-même. J’ai aussi eu des expériences plus rock et pop, parfois avec des groupes importants, et cette position ne me convenait pas non plus. Même si il y avait un côté sympathique au début, la musique était trop figée, chaque concert était le même... J’ai eu la chance de jouer des partitions de Bach en concert. C’est fabuleux, mais je n’aurais peut-être pas été heureux en faisant une carrière de violoncelliste classique. Cette musique m’a nourri pendant vingt ans et j’en suis pleinement satisfait. Aujourd’hui, si je fais autre chose, c’est que j’en ai vraiment envie et que je n’aurais pas pu me consacrer qu’à un seul type de musique. Je dispose toujours d’un rapport assez important avec la mélodie. Je suis assez proche de la voix de par mon instrument et mes différentes collaborations. Finalement, je pense que je suis peut-être un musicien touche à tout, mais cette image ne me dérange absolument pas.

Propos recueillis par Armel Bloch au cours de diverses rencontres avec le violoncelliste.

Et un remerciement particulier à Christophe Deschanel qui a bien voulu nous confier des photos prises lors du festival D’jazz de Nevers 2012 - www.photographe-deschanel.fr - NDLR


> Liens :

> Discographie en leader ou coleader :

2012 : « Mediums » (La Buissonne) en trio avec Robin Fincker et Daniel Erdmann. Chronique sur CultureJazz.fr (octobre 2012) - OUI ! et Étoile 2012.

2011 : « Live in Berlin » (Le triton) en quartet avec Yves Robert, Francois Merville et Jeanne Added.

2011 : « Amarco » (Emouvance) en trio avec Claude Tchamitchian et Guillaume Roy. Chronique sur CultureJazz.fr (février 2011) - OUI !.

2011 : « L’imprévu » (Rethink Art Records et Label La buissonne) en solo. Chronique sur CultureJazz.fr (février 2011) - OUI !.

2009 : « As Soon As Possible » (Cam Jazz) en trio avec Ellery Eskelin et Sylvie Courvoisier. Chronique sur CultureJazz.fr (janvier 2009)

2008 : « L’homme avion » (Chief Inspector) avec André Zé Jam, Francis Lebras, Maxime Delpierre, Olivier Sens, Guillaume Dommartin, Adrien Amey et Regis Huby.

2006 : « What Do You Mean by Silence ? » (Le Triton) en quartet avec Marc Baron, Francois Merville et Jeanne Added. Chronique sur CultureJazz.fr(octobre 2006)

2006 : « Shifting Grace » (Cam Jazz) en trio avec Marilyn Crispell et Michele Rabbia.

2004 : « Les contes de Rose Manivelle » (Le Triton) avec André Zé Jam, Francis Lebras, Olivier Sens, Guillaume Dommartin, François Choiselat et Louis Sclavis.

2003 : « Trio Rouge » (Intuition) en trio avec Lucilla Galeazi et Michel Godard.

2002 : « The Fitting Room » (Enja Records) en trio avec Marc Ducret et Dominique Pifarely.

2000 : « Translucide » (Enja Records) en solo avec en invité Noel Akchoté, Yves Robert et Michel Godard.

1994 : « Pendulum Quartet » (Label Acousti) avec Julien Lourau, Benoit Dunoyer et Daniel Garcia Bruno.

1993 : « Turkish Blend »( Al Sur Media 7) avec Gilles Andrieux, Julien Lourau, Bojan Z, Nicolas Krassik, Kakoli, Benoit Dunoyer et Youval Micenmacher.

1991 : « Pleine lune » (Nocturne Productions) avec Pierre Christophe, Benoit Dunoyer, Serge Gacon, Dominique Pifarely, Julien Lourau et Xavier Desandre Navarre.

1990 : « Cello News » (Nocture Productions) en quartet avec Pierre Christophe, Benoit Dunoyer et Serge Gacon.

Autres collaborations discographiques dans le milieu du jazz (discographie sélective) :

Avec Louis Sclavis : « L’affrontement des prétendants », « Napoli’s Walls », « Danses et autres scènes », « Dans la nuit ».

Avec Didier Levallet : « Tentet Générations », « ONJ Express ».

Avec Gérard Marais : « Opera Quartet », « Natural Reserve ».

Avec Rabih Abou Khalil : « Yara », « The Cactus of Knowledge ».

Avec Yves Robert : « In Touche - La tendresse », « Inspirine ».

Avec Michel Godard : « Castel del Monte II : Pietre di luce ».

Avec Henri Texier : « Holy Lola ».

Avec Franck Tortiller : « Vitis Vinifera ».

Avec Daniel Erdmann : « How To Catch A Cloud ».

Avec Robin Fincker : « Twice ».

Avec Werner Hasler : « The Outer String ».

Avec Michel Petrucciani : « Marvellous ».

Avec Christian Escoudé : « Gipsy Walts », « A suite for Gypsies »...

Collaborations musicales en rapport avec l’image :

> Documentaires :

2012 : « Les suffragettes » de Michèle Dominici.

2001 : « Visa pour l’oubli » de Hervé Jakubowicz.

1998 : « Louis Stettner » (Arte) de Christophe Debuisne.

1998 : « Empreintes ».

> Courts métrages :

2011 : « Deep Inside » de Marc Gibaja.

2010 : « Le temps de la balle » de Hervé Jakubowicz.

2002 : « Tout aura lieu sur » de Gilles Perru.

2001 : « Confessions dans un bain » de Marc Gibaja.

1997 : « La vie d’Herbert Berliner » de Marc Gibaja.

> Longs métrages :

2012 : « Ernest et Célestine » de Benjamin Renner.

2007 : « Ma vie n’est pas une comédie romantique » de Marc Gibaja avec
Gilles Lelouch, Marie et Gillain.

2006 : « L’éclaireur » de Djibril Glissant avec Romane Borhinger, Gregoire Colin, Jackie Berroyer.

> Télévision :

2012 : « Pico Bogue ».

2006-2007 : « La minute blonde » pour Canal+ avec Frederique Bel.


[1Créée en février 2011, La Compagnie de l’Imprévu a pour mission et objectif le développement du parcours artistique du violoncelliste Vincent Courtois, la structuration de ses activités et ainsi soutenir la réalisation de projets singuliers. Implantée en Seine Saint Denis, elle œuvre pour la diffusion et le partage de créations tant scéniques que phonographiques et audiovisuelles.