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Octobre 2012 : 8 disques en vitrine.

Du jazz, pour les curieux, les grands... et les petits !

D 29 octobre 2012     H 20:00     A Jean Buzelin, Philippe Paschel, Pierre Gros, Thierry Giard    


Sommaire :


> Puisque les Fêtes de Noël approchent...

Les plus belles berceuses jazz : « Un livre - Un disque »

Les plus belles berceuses jazz : « Un livre - Un disque » -  voir en grand cette image
Les plus belles berceuses jazz : « Un livre - Un disque »
Editions Didier Jeunesse / Hatier

Une fois n’est pas coutume, retrouvons notre âme d’enfant pour nous plonger dans ce superbe livre-disque réalisé par les éditions Didier-jeunesse.
Comme l’indique le titre, on y retrouve quelques une des berceuses (lullabies) les plus célèbres du jazz interprétées dans une version de référence par un incroyable bouquet de vocalistes de légende.
Le responsable de ce projet (le collecteur) n’est autre que le guitariste Misja Fitzgerald Michel qui, après avoir montré qu’il pouvait faire revivre le répertoire de Nick Drake (« Time of No Reply »- OUI !), prouve qu’il est un fin connaisseur de l’histoire du jazz et un amoureux des voix.
La réalisation est remarquable et le livre qui met en valeur ces textes, superbement mis en page. La musique est merveilleuse... Judy Garland nous fera toujours craquer dans « Over The Rainbow » et Mel et Ella et Billie et Chet...
Un beau cadeau pour des enfants de 7 à... 77 ans qui vont aimer ou aiment déjà le jazz.

. ::Thierry Giard ::.

> Les plus belles berceuses jazz : « Un livre - Un disque » - Editions Didier Jeunesse ISBN : 978 2 278 06829 6 - distribution Éditions Hatier

Avec les voix de Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Sarah Vaughan, Nat King Cole, Chet Baker, Blossom Dearie, Mel Tormé, Peggy Lee, Frank Sinatra, June Christy, Chris Connor, Judy Garland, Debbie Reynolds et Eddie Fischer

Collectage : Misja Fitzgerald Michel / Illustrations : Ilya Green

01. Russian Lullaby, ELLA FITZGERALD / 02. Lullaby of Birdland, SARAH VAUGHAN / 03. Once Upon a Summertime, BLOSSOM DEARIE / 04. Lullaby in Blue, DEBBIE REYNOLDS et EDDIE FISCHER / 05. Dreams Are Made for Children, ELLA FITZGERALD / 06. My Sleepy Head (Go to Sleep), NAT KING COLE / 07. Over the Rainbow, JUDY GARLAND / 08. Goodnight My Love, SARAH VAUGHAN / 09. My Funny Valentine, CHET BAKER / 10. Hit the Road to Dreamland, MEL TORMÉ / 11. Summertime, PEGGY LEE / 12. Lullaby of the Leaves, JUNE CHRISTY / 13. Looking for a Boy, CHRIS CONNOR / 14. God Bless the Child, BILLIE HOLIDAY / 15. Brahms’s Lullaby, FRANK SINATRA

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Vincent COURTOIS : « Mediums »

Vincent COURTOIS : « Mediums » -  voir en grand cette image
Vincent COURTOIS : « Mediums »
La Buissonne / Harmonia Mundi
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

Il les a vus s’installer, monter leurs baraques multicolores. Le petit Vincent rêve car les forains sont là. Il déambulerait bien au milieu des cabanes et des stands qui lui font tourner la tête. Envie d’école buissonnière pour le grand frisson et le plaisir de frôler l’interdit.
Il jette le cartable, oublie les leçons qui vont avec et avance vers l’imprévu, la vraie vie, ivre de couleurs, de sons et d’odeurs de foire et de fête.

Une musique singulière l’appelle. Une cabane, un rideau de velours rouge. Il entre. Devant les yeux de Vincent, l’enfant, Mr Courtois est assis sur un praticable de bois. Avec d’étonnantes mimiques, l’homme fait sortir des boucles de sons du corps d’un violoncelle, à grands coups d’archet, de claquements ou de caresses du bout des doigts.
Deux individus soufflent à ses côtés dans des saxophones ténor : Daniel, l’allemand à la sonorité rauque et profonde, au regard fascinant... et Robin (dit l’Anglais), un gars qui hante les sombres salles de Londres à ce qui paraît. Il emplit l’espace d’une musique dense comme les brouillards de la Tamise... Tous les trois sont des illusionnistes, on ne sait plus qui joue quoi. À trois, il ne font qu’un... Comme un orgue de Barbarie étrange qui déroule ses rubans comme on tourne les pages d’un livre... On les appelle Mediums. Leur musique raconte une histoire, celle d’un enfant qui adore les fêtes foraines.

Sur le canapé, au fond du studio, Vincent se réveille. Gérard vient de lui taper sur l’épaule : « Vincent ?... Une dernière prise Mr Courtois ?... On l’achève ce Mediums ! ».
Il a rêvé.
Un drôle de rêve qui défie le temps. L’enfant et l’adulte ne sont qu’un.
À côté de lui, un album des photos, une collection de son papa, Jacques Courtois : des cabanes foraines aux décors incroyables, hauts en couleurs, inspiration de ce nouvel album d’un violoncelliste qui est décidément un grand conteur.

Un disque à écouter sans hésiter et à feuilleter aussi. Il est magique, magnifique et envoûtant !

. ::Thierry Giard ::.

> Vincent COURTOIS : « Mediums » - La Buissonne RJA397015 / distribution Harmonia Mundi

Vincent Courtois : violoncelle, compositions / Daniel Erdmann : saxophone ténor / Robin Fincker : saxophone ténor

01. Mounting / 02. Mediums / 03. Entresort /04. Une inquiétante disparition (1) / 05. Regards / 06. Jackson’s catch / 07. Une inquiétante disparition (2) / 08. Rita and the Mediums / 09. La femme sans corps / 10. Bengal (1) / 11. Bengal (2) / 12. Bengal (3) / 13. La nuit des monstres / 14. The removal // Enregistré aux Studios La Buissonne en juin et juillet 2012 par Gérard de Haro et Nicolas Baillard

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Marc DUCRET : « Tower Vol. 4 »

Marc DUCRET : « Tower Vol. 4 » -  voir en grand cette image
Marc DUCRET : « Tower Vol. 4 »
Ayler Records / Orkhêstra
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

Je dois l’avouer, je n’ai suivi la carrière de Marc Ducret qu’en dents de scies, et en dents mal affûtées, au hasard de quelques disques et concerts ; nous n’avons que deux oreilles, et celles-ci sont bien trop abondamment sollicitées pour s’ouvrir à tout ce qui paraît à notre époque de surenchère discographique. Donc, et je dois l’avouer également, je n’ai jamais entendu les « Towers Vol. 1 et 2 » en sextette et en quintette (le Vol. 3 reste à paraître).
Ainsi dépourvu de toutes références et comparaisons, je peux faire ce troisième aveu : ce disque m’a littéralement conquis. Dès les premières mesures, j’y trouvais à la fois des sonorités du blues profond, d’autres plus « orientales », servies par un phrasé conscient et maîtrisé d’une rare intelligence, un contrôle parfait du son, tantôt mat, tantôt plus résonnant, des lignes et phrases tendues, souples, claires, franches, qui se terminent souvent en suspend, laissant l’auditeur sur le qui-vive, en attente des suivantes. Ducret réussit la gageure de proposer une suite de pièces à la fois profondes et délicates, constamment inventives et surprenantes, tantôt mélodieuses et coulées, tantôt plus free — qu’on ne se méprenne pas sur ce terme —, le tout en une grande cohérence et une musicalité à fleur de cordes. Parfois, je retrouvais le monde étrange et fascinant du regretté guitariste allemand Hans Reichel, ce qui de ma part n’est pas un mince compliment.
À écouter absolument.

. ::Jean Buzelin ::.

> Marc DUCRET : « Tower Vol. 4 » - Ayler Records AYLCD-121 - distribution Orkhêstra

Marc Ducret (guitares acoustiques).

01. From.a Distant Land / 02. Sur l’Électricité / 03. Sisters / 04. Real Thing #2 / 05. Real Thing #1 / 06. Ada / 07. …A Distant Land / 08. Subtil Vane / 09. Electricity.

Huit compositions de Marc Ducret, une de Joni Mitchell (09), enregistrée à Umbertide (Italie) le 31 mai 2011, et dans la cuisine (!) de Matthieu Metzger le 24 février 2012.

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Michael FORMANEK : « Small Places »

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Michael FORMANEK : « Small Places »
ECM / Universal Music France

« The Rub and Spare Change », le premier disque du contrebassiste Michael Formanek sur le label ECM était paru à la fin de l’été 2010. Un disque d’une grande force servi par un quartet haut de gamme.
On retrouve la même équipe sur ce nouveau disque, « Small Places », et cette fois encore, on est assez ébahi par la force et la cohésion (la cohérence !) de cette formation.
Autour du contrebassiste à la posture quasi mingussienne (comme nous le mentionnions en 2010), chacun prend toute sa place pour habiter la musique souvent complexe et tortueuse du leader. Des compositions qui sont comme des assemblages de miniatures, des petits espaces que vont habiter les improvisateurs hors-pair qu’ils sont tous.
La sonorité tranchante et le phrasé tout en aspérités de Tim Berne restent singuliers mais l’architecture de ses interventions solistes est toujours exemplaire. Craig Taborn s’affirme, là comme ailleurs, comme un des meilleurs pianistes du moment, un des plus créatifs et complets en tout cas. Quant à Gerald Cleaver, chacune de ses contributions (dans nombre de formations) amène à souligner la précision, la finesse et l’inventivité de son jeu de batterie.
« Small Places » est un disque riche et complexe qui pourra paraître austère et grave mais il renferme de vraies pépites qu’il faudra découvrir patiemment. Dommage, une fois encore, que la prise de son réverbérée crée une distance qui ne contribue pas à entrer dans cette musique naturellement.

. ::Thierry Giard ::.

> Michael FORMANEK : « Small Places » - ECM 370 9441 / Universal Music France (parution le 22/10/12)

Tim Berne : saxophone alto / Craig Taborn : piano / Michael Formanek : contrebasse / Gerald Cleaver : batterie

01. Small Places / 02. Pong / 03. Parting Ways / 04. Rising Tensions and Awesome Light / 05. Slightly Off Axis / 06. Seeds and Birdman / 07. Wobble and Spill

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Baptiste HERBIN : « Brother Stoon »

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Baptiste HERBIN : « Brother stoon »
Just Looking / Harmonia Mundi

Dans la première pièce, Baptiste Herbin (né en 1987) joue avec une forte autorité et conduit sa musique avec fermeté, s’inscrivant avec brio dans la science parkérienne (Entomology). Deux autres pièces sont du même ordre (Chute libre / Cochise).
Mais le deuxième thème (Kitana Ko) est joué avec une sonorité plus légère, facilement étranglée, se rapprochant parfois du son assez inexpressif du son classique. L’accompagnement très présent du batteur (André Ceccarelli), un rythme sautillant, donne souvent à l’ensemble une impression de soirée dansante. Ce sera plus ou moins le genre des autres thèmes - à l’exception du dernier, hommage à un musicien malgache.
Le pianiste, Pierre de Bethmann, (qui joue aussi du Fender) est mieux accommodé à ces rythmes.
Le saxophoniste (Jean Toussaint) joue pourtant une musique intéressante, mais qui semble incertaine dans ses choix stylistiques.

. ::Philippe Paschel ::.

NB : ce disque figure aussi dans le « Tourne-disques » d’octobre 2012 : chronique ici !

> Baptiste HERBIN : « Brother Stoon (Just looking) » - Label Just Looking - distribution Harmonia Mundi

Baptiste Herbin : saxophone, valiha / Pierre de Bethmann : piano, Fender Rhodes, voix / Sylvain Romano : contrebasse / André Ceccarelli : batterie, percussions / + invités : Jean Toussaint : saxophone ténor ( 7, 10 ) et Dimitri Dourantonis : guitare ( 11 )

01. Entomoly / 02. Kitana Ko / 03. Pasiphaé / 04. Faits d’hiver / 05. Chute libre / 06. Comme une ombre / 07. Blues for Jean / 08. Une île / 09. Cochise / 10. Brother Stoon / 11. We remember Rakotozafy

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Ron MILES – Bill FRISELL – Brian BLADE : « Quiver »

Ron MILES – Bill FRISELL – Brian BLADE : « Quiver » -  voir en grand cette image
Ron MILES – Bill FRISELL – Brian BLADE : « Quiver »
ENJA Yellow bird / Harmonia Mundi

Voilà un trio qui sans se départir d’une certaine modernité, revisite pour nous dans cet enregistrement l’âme du blues dans peut être ce qu’il a de plus profond.
Serait ce là son identité, jouer (réciter dans son expression la plus simple) à travers des mélodies qui en disent long sur l’âme étatsunienne venue se forger sur le choc amérindien, africain, européen.
Ron Miles et Bill Frisell, tous deux du Colorado ont l’habitude de se côtoyer, de jouer ensemble ce patrimoine. Cette fois ils ont pris avec eux Brian Blade dont on connaît par ses propres productions l’attachement aux folklores américains, et qui ferait presque office ici, par un jeu tout en souplesse, d’instrument harmonique, colorisant à souhait la musique.
Libéré, Bill Frisell blues ou folklorise son jeu dans une économie de moyen qui laisse à entendre toute la fragilité du son de Ron Miles.
On imagine alors nos trois ménestrels s’installant devant leur maison ou sur la rue, sortant les instruments et jouant cette musique devant tout un peuple, un William Faulkner ou un Richard Wright.
On est là sur le fil du rasoir, sur la fragilité. Du blues, du blues rien que du blues dans ce beau disque.

. ::Pierre Gros ::.

> Ron MILES – Bill FRISELL – Brian BLADE : « Quiver »- ENJA / Yellow bird Yeb 7728-2 / distribution Harmonia Mundi (parution le 23/10/12)

Ron Miles : trompette, sattva (1, 5, 7) / Bill Frisell : guitare / Brian Blade : batterie

01. Bruise / 02. Queen B. / 03. Mr Kevin / 04. There Aint’ No Sweet Man That’s Worth The Salt Of My Tears / 05. Just Married / 06. Doin The Voom Voom / 07. Days Of Wine And Roses / 08. Rudy-Go-Round / 09. Guest Of Honor // Enregistré à Denver (USA) en septembre 2011, en studio sauf 1, 5 et 7, en concert au Dazzle Jazz Club.

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Alexander VON SCHLIPPENBACH : « Plays Monk »

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Alexander VON SCHLIPPENBACH : « Plays Monk »
Intakt / Orkhêstra
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

À l’instar de son confrère hollandais Misha Mengelberg, pionnier comme lui de la nouvelle musique européenne dans les années 60, le pianiste allemand Alexander von Schlippenbach possède une grande culture du jazz, de ces compositeurs, et de Thelonious Monk en particulier. Il a notamment, avec son quintette comprenant Axel Dörner (trompette) et Rudi Mahal (clarinette basse), enregistré toutes les compositions de Monk il y a quelques années, réunies sur un triple CD « Monk’s Casino » (Intakt CD 100). Il se remet sur l’ouvrage, cette fois-ci en solo, avec un choix de pièces pas toujours les plus connues. À la réflexion, il ne semble pas étonnant que des pianistes improvisateurs free, également compositeurs et arrangeurs, trouvent dans l’architecture des thèmes de Monk, comme dans les développements et les remises en chantier permanentes auxquels s’attelait l’exceptionnel et singulier jazzman, source et matière à leur propre création musicale. Ainsi, les courts Interludes improvisés qui se glissent entre les thèmes monkiens démontrent parfaitement l’affinité qui transparaît entre les deux musiciens. Ces thèmes sont joués très sobrement, Schlippenbach se concentre sur l’essentiel, mais ne néglige aucune note, aucun accord, aucune brisure, aucun silence, il travaille réellement au cœur de la musique de Monk, il en fait ressortir toutes les aspérités et, évidemment, toutes les richesses. « Personne ne joue Monk comme Schlippenbach », écrit Ulf Drechsel dans ses notes de livret (et j’ajouterai : jouer Monk comporte des risques).
Et le fait qu’il soit joué sur un grand Steinway de concert, et de plus parfaitement enregistré, augmente encore le plaisir et le bonheur de l’écoute. Beaucoup plus qu’une lecture passionnante, comme le ferait un grand comédien d’un éventail de poèmes, Alexander von Schlippenbach a su donner une vie nouvelle à ces morceaux choisis.

. ::Jean Buzelin ::.

> Alexander VON SCHLIPPENBACH : « Plays Monk » - Intakt CD 217 - distribution Orkhêstra

Alexander von Schlippenbach (piano solo).

01. Reverence / 02. Work / 03 Interlude 1 / 04. Locomotive / 05 Introspection I / 06. Introspection II / 07. Coming on the Hudson / 08. Interlude 2 / 09. Epistrophy / 10. Interlude 3 / 11. Reflexions / 12. Interlude 4 / 13. Interlude 5 / 14. Brillant Corners / 15. Interlude 6 / 16. Interlude 7 / 17. Pannonica / 18. Interlude 8 / 19. Played Twice / 20. Epilogue.

Dix compositions de Thelonious Monk, deux (01 & 20) et huit Interludes de Schlippenbach, enregistrées à Berlin les 22 & 23 novembre 2011.

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Claude TCHAMITCHIAN Quartet : « Ways Out »

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Claude Tchamitchian Quartet : « Ways Out »
Abalone / Muséa
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

Le contrebassiste Claude Tchamitchian, animateur du beau label Émouvance, répond à l’invitation du violoniste Régis Huby, qui dirige lui-même le tout aussi beau label Abalone et inscrit ce disque à son remarquable catalogue.
On y verra une preuve d’amitié et de courtoisie... à moins qu’ils n’aient tiré au sort, allez savoir.
En tout cas, cette musique ne doit rien au hasard. Tcham’ nous la joue électrique. Il sort presque le cuir et les clous parfois pour des séquences limite hard-rock qui contrastent avec des moments d’une infinie douceur. On pense à King Krimson. Sans doute à cause du violon qui s’envole souvent sur des nuages électrisés, de certaines ambiances flottantes avant la tempête et la rage, de la guitare de Rémi Charmasson, improvisateur nourri des sonorités de ses guitar-heroes.
Ways Out nous invite à sortir des autoroutes balisées et sécurisées des musiques codifiées, à faire sauter les barrières pour foncer vers des horizons neufs où convergent les feux des musiques croisées.
La route est parsemée de surprises mais l’allure est donnée de main de maître par un Christophe Marguet qui étonne toujours entre une frénésie rythmique de grande densité toujours contrôlée et de fines ponctuations de coloriste.
Claude Tchamitchian, impérial, est aux commandes. Le voyage sera serein. Dans ce contexte un peu fou, sa contrebasse jubile et ronronne.
Et nous, on applaudit.

. ::Thierry Giard ::.

> Claude TCHAMITCHIAN Quartet : « Ways Out » - Abalone Productions AB012 / distribution Musea (paru le 18/10/12)

Claude Tchamitchian : contrebasse, compositions / Régis Huby : violon ténor électroacoustique, violon électrique, effets, boucles / Rémi Charmasson : guitare électrique et effets / Christophe Marguet : batterie

01. Ways Out / 02. Poésie mobile / 03. Île de Verre / 04. Etchmiadzine / 05. La beauté des sages / 06. Les promesses du vent / 07. Lost by yourself // Enregistré aux Studios La Buissonne en mars 2012

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