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Vitrine de février 2013 : 9 disques.

Du solo au big-band...

D 11 février 2013     H 15:08     A Armel Bloch, Pierre Gros, Thierry Giard, Yves Dorison    


Sommaire :

Retrouvez certains de ces disques et d’autres dans la « Pile de Disques » mensuelle de CultureJazz.fr. (ICI !)


Tobias BECKER BIGBAND : « Life Stream »

Tobias BECKER BIGBAND : « Life Stream » -  voir en grand cette image
Tobias BECKER BIGBAND : « Life Stream »
NeuKLANG / Codaex

Les photos de Tobias Becker pourraient faire penser au Gil Evans de la fin des années 40. Un jeune garçon sérieux et respectable à n’en pas douter qui avoisine le quart de siècle seulement mais possède une maturité étonnante comme en témoigne l’écoute de ce disque. Il dirige d’une main de maître et d’un beau toucher de piano un big-band comme on n’en fait plus guère.
Ne comptez pas sur lui pour faire exploser les conventions. Tobias Becker compose et arrange en utilisant avec science et finesse les couleurs et la pâte sonore de sections bien en place confiées à des instrumentistes qui maîtrisent leur affaire et s’affirment comme des solistes fort intéressants.
Il faut bien avouer que, de nos jours encore, entendre sonner, vibrer, swinguer un vrai big-band un brin nostalgique du passé, ça n’a rien de honteux.
Voilà donc un jeune musicien brillant et plein d’avenir qui a le courage de faire exister une formation d’une vingtaine de musiciens, ce qui, en ces temps de crise, n’est pas une mince affaire. Quand, en plus, cet orchestre parvient à nous séduire pas les qualités dont il fait preuve, on ne peut qu’applaudir... même si ce disque prend parfois des allures de catalogue des genres. Le temps fera son œuvre en permettant à Tobias Becker d’affirmer sa personnalité avec plus d’audace encore.
Longue vie à ce bel orchestre !

. ::Thierry Giard ::.

Tobias BECKER BIGBAND : « Life Stream » - NeuKLANG NCD4068 / Codaex (parution le 01/03/2013)

Saxophones : Markus Harm (as/ss/fl/cl) ; Markus Land (as/ss/fl) ; Alexander Bühl (ts/ss/fl/cl) ; Toni Bechthold (ts/ss/fl/cl) ; Christoph Beck (bs/ss/fl/cl) // Trompettes : Christian Mück (tp/flgh) ; Christian Mehler (tp/flgh) ; Tobias Reisacher (tp/flgh) ; Stefan Udri (tp/flgh) // Trombones : Florian Seeger ; Tim Hepburn ; Marc Roos ; Sven Götz (b-trombone) // Voix : Verena Nübel // Section rythmique : Christoph Neuhaus (guit) ; Johannes Maikranz (guit) ; Tobias Becker (p/cond, compositions et arrangements sauf 5, 6, 7, 9) ; Judith Goldbach (cb) ; Martin Grünenwald (dr) ; Kasia Kadlubowska (marimba)

01. Life Stream Suite I / 02. Life Stream Suite II / 03. Life Stream Suite III / 04. Life Stream Suite IV / 05. I’ll be seeing you (S. Fain / I. Kahal) / 06. Meerklang (A. Bühl) / 07. Parker 51 (J. Raney) / 08. Independant Blue / 09. Love me or leave me (W. Donaldson – G. Kahn)

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SIENNA DAHLEN : « Verglas »

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Il est des chanteuses qui happent leurs auditeurs, les alpaguent sèchement et ne les lâchent plus. Telluriques, enflammées, elles ne laissent pas l’ombre d’une chance à ceux qui les écoutent tant l’énergie qu’elles dégagent est saisissante. Elles les empoignent, les dévorent presque et les conquièrent sans coup férir tant elles sont intrusives.

Il en est d’autres, d’air et d’eau, qui paraissent traversées par ce qui les entoure. Plus délicates à cerner, elles donnent à leurs auditeurs le sentiment d’une participation à l’univers qu’elles construisent. Elles absorbent, se nourrissent de fibres invisibles qui dessinent les formes et les contours d’un paysage, d’un être, et les transmuent en un chant fécond donnant le meilleur de lui-même à qui veut bien le considérer. C’est le cas de Sienna Dahlen ; c’est du moins ce que nous pensons.
C’est alors de voyage qu’il s’agit. L’album Verglas est bâti autour de perambulations intérieures intenses qui soulignent le trait musical, le contournent, le caressent, l’éclairent d’un rai sobre dont la tiédeur n’est pas un manque de chaleur mais, qui sait, le souvenir encore vivace d’un fragment d’histoire vécue. C’est de vent qu’il s’agit aussi, d’eau qui passe, de soleil blanc frôlant l’horizon, de volutes aux parfums aériens, de regards simples où l’intime affleure. C’est un art boréal qui grandit sous la lumière incertaine des automnes mort-nés. C’est l’art de la suggestion persuasive qui n’impose rien, qui laisse aux yeux clos le libre choix de l’évasion.
Ce chant, plus à l’ubac qu’à l’adret, navigue à l’envi vers les confins, sinue entre les ombres et parle aux silences. La note tenue explore la résonance, écoute les confidences du son ; la note ténue, à peine carnée, suscite l’idée d’un bleu froid, dépouillé du nocturne oubli, développe des mélodies qui font ressentir incidemment le rythme et la pause comme éléments d’un temps où l’émotion figure la trame originale d’un chemin à découvrir encore.

Nous n’avons encore rien dit des autres musiciens. Ils sont bien là pourtant qui donnent à la voix de Sienna Dahlen un écrin complice et sensible aux lignes épurées. L’ensemble provoque un de ces moment d’intime apesanteur où l’on oublie de penser. D’accord, ce n’est pas à proprement parler du jazz : quoique, les ayant vus sur scène à Lausanne... Mais pour tout vous dire, le chroniqueur se fout de savoir à quel genre ou catégorie appartient cette musique. Quand il écoute ce disque, et cette voix, il se sent bien pendant quarante et une minutes et quinze secondes, et mieux ensuite. Et cela lui suffit.

. :: Yves Dorison ::.

SIENNA DAHLEN : « Verglas » - Justin Time Records JTR 8576 - dsitribution Socadisc

01. Jaded heart / 02. Stray / 03. Lil’ drummer boy / 04. Words / 05. Sanguine / 06. Verglas / 07. Carrie

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Benoît DELBECQ and Fred HERSCH DOUBLE TRIO : « Fun House »

Benoît DELBECQ and Fred HERSCH DOUBLE TRIO : « Fun House » -  voir en grand cette image
Benoît DELBECQ and Fred HERSCH DOUBLE TRIO : « Fun House »
Songlines / www.songlines.com

À deux pianos, Benoît Delbecq et Fred Hersch referment ce disque par un portrait qui pourrait être ellingtonien de la femme solitaire (Lonely Woman) évoquée par la célèbre composition d’Ornette Coleman.
Ce personnage émerge comme un fantôme pour conclure un disque exemplaire. L’idée force n’est pas de juxtaposer deux trios, ni de créer une symétrie, encore moins de les opposer mais de proposer des modes de jeu qui permettent d’entrelacer les voix pour explorer de nouveaux espaces sonores à travers les interstices d’une musique qui ressemble à une dentelle de lumière, de sons et de silences.
Les deux pianistes s’admirent et se respectent mais on entend qu’une grande connivence les rassemble dans ce projet « transatlantique ». On ne cherchera pas à distinguer chacun des éléments de chacun des trios tant les voix s’entremêlent avec un sens aiguisé de l’écoute mutuelle. C’est ainsi que les batteurs, initialement isolés dans des cabines lors des premières prises de cet enregistrement ont ressenti le besoin de partager l’espace des autres instrumentistes pour une plus grande proximité.
Comme dans un système planétaire organisé, les éléments gravitent autour des compositions prétextes de Benoît Delbecq que traversent les effluves électroniques émises par Steve Argüelles. De plage en plage, les combinaisons varient, dessinent des bribes de mélodies, jusqu’au moment où un assemblage s’opère pour donner naissance à une structure rythmique et harmonique qui redessine les contours d’un jazz plus familier (Night for Day). Et de nouveau, les éléments se disjoignent pour dessiner des lignes mouvantes, entre structures et abstraction.
Ce projet avait commencé à germer dès 2008 pour prendre corps sur scène lors de l’EuropaJazz 2012, au Mans (chronique d’Alain Gauthier) juste au moment de l’enregistrement de ce disque pour le label canadien Songlines.
Hors des genres et des courants, cette musique vivante ne révélera la finesse de son architecture qu’après des écoutes attentives. Ce disque ouvre des portes : n’hésitez pas à entrer.

. ::Thierry Giard ::.

Benoît DELBECQ and Fred HERSCH DOUBLE TRIO : « Fun House » - Songlines 1600-2 / www.songlines.com (parution le 28/02/2013)

Benoît Delbecq : piano / Fred Hersch : piano / Jean-Jacques Avenel : contrebasse / Mark Helias : contrebasse / Steve Argüelles : batterie et électronique / Gerry Hemingway : batterie

01. Hushes / 02. Ronchamp / 03. Strange Loop / 04. Fun House / 05. Les Rayon Vert / 06. Night for Day / 07. One is Several / 08. Tide (Delbecq – Argüelles) / 09. Two Lakes / 10. Lonely Woman (O. Coleman) // enregistré au Studio de Meudon, France les 8 et 9 mai 2012.

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JAN LUNDGREN : « Man In The Fog »

Jan LUNDGREN : « Piano solo – Man In The Fog » -  voir en grand cette image
Jan LUNDGREN : « Piano solo – Man In The Fog »
Bee Jazz / Abeille Musique

Nous parlions un peu plus haut avec Sienna Dahlen d’air et d’eau. Jan Lundgren évoque lui aussi avec des entrelacs méandreux la nature fragile de la mélodie, d’où qu’elle naisse. Il fait chanter son piano avec une aisance et une finesse magistrales. Le climat de l’ensemble est à l’image du morceau éponyme ; d’un titre à l’autre l’oreille navigue entre brume aqueuse et paisibilité bucolique, au plus près d’une douceur propice à la rêverie. Aucune virtuosité débridée à dénoter, juste le jeu d’un pianiste qui maîtrise parfaitement son instrument, son sujet et son désir de simplicité.

Certes, les tenants de l’aventure improvisée ultime n’y verront que douces fadaises et autres chopinades sucrées. Il nous semble, quant à nous, que les extrêmes sont faits pour se rencontrer et que l’on peut à bon droit se délecter de ce disque sans pour autant détester Ornette Coleman. Tout est affaire de circonstance, pour le musicien comme pour l’auditeur. Cette sorte de blues à l’européenne donnerait au cinéma de longs et lents travellings. Sûr qu’il y aurait une barque au bord de la rivière et Virginia Woolf, un peu plus loin, entrant dans ses reflets gris sous une fine ondée. À moins que l’on assiste au dernier soupir de Proust. De toute façon, ce serait obligatoirement en fin d’après-midi, entre chien et loup. Parce qu’à cette heure étrange, l’incertitude ajoute au doute ce que l’écho donne au silence.

. :: Yves Dorison ::.

JAN LUNDGREN : « Man In The Fog » - Bee Jazz BEE059 - distribution Abeille Musique - (parution le 14/02/2013)

Jan Lundgren : piano Steinway Model D-274

01. The Maids of Cadiz (Léo Delibes) / 02. View of P (JL) / 03. Après un Rêve (Gabriel Fauré) / 04. I Don t Want To Cry Anymore (Victor Schertzinger) / 05. En Lång Väntan För Väntans Skull (Bo Nilsson) / 06. Man in the Fog (JL) / 07. Twenty-Five Years (Håkan Rydin) / 08. Theme From Chinatown (Jerry Goldsmith) / 09. As Vitrines (Chico Buarque) / 10. Tack För Allt (Jacques Werup)

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Pat METHENY : « The Orchestrion Project »

Pat METHENY : « The Orchestrion Project » -  voir en grand cette image
Pat METHENY : « The Orchestrion Project »
Nonesuch / Warner

Le 30 janvier 2010, nous découvrions cet Orchestrion piloté par Pat Metheny en première mondiale « live » dans le théâtre de Coutances (lire ici). C’est dans le calme du bocage bas-normand que l’ami Pat avait choisi de peaufiner les réglages de sa machinerie avant d’entamer une tournée planétaire de plus de 100 dates.
Un projet de fou, un rêve de gamin devenu réalité : piloter un orchestre mécanique, tout seul (avec une équipe de techniciens et d’informaticiens qui ont fait un sacré boulot !).
Entre fascination et agacement, nous décrivions alors ce concert comme « un moment fait de plaisir et d’ambiguïté, un peu déconcertant mais c’est déjà, en cela une réussite. On ne tout de même s’empêcher de penser que la présence de Jack DeJohnette (qui a fourni la batterie), de Gary Burton (son vibraphone et son marimba sur scène), de Lyle Mays ou de Brad Mehldau (le piano qui jouait seul !) et des sidemen de talent dont Metheny sait s’entourer... nous aurait autrement réjoui ! ».
Le présent double album marque l’aboutissement du projet, enregistré dans une église de Brooklyn, une centaine de concerts plus tard. Nous pouvons donc mesurer que le chemin parcouru n’est pas seulement géographique mais surtout musical. Ce disque est bluffant de vitalité et d’inventivité... Certes, il pourra toujours sembler fondamentalement déshumanisé : pas de nuances, guère de finesse dans l’interprétation mais une richesse mélodique et harmonique un peu brute qui fait de l’Orchestrion un formidable écrin à la fois rustique et incroyablement sophistiqué pour la musique toujours envoûtante de Mr Metheny (La reprise de 80/81 – Broadway Blues est assez ébouriffante et celle d’Antonia, un des tubes du Pat Metheny Group est de toute beauté...) .
Pat en avait rêvé, Metheny l’a fait !

. ::Thierry Giard ::.

Pat METHENY : « The Orchestrion Project » - Nonesuch (2 Cds) – également disponible en DVD / Warner (parution le 11/02/2013)

Pat Metheny : guitares et orchestrion (instrumentarium piloté par un dispositif informatique électromagnétique et pneumatique)

CD1 : 01. Improvisation #1 / 02. Antonia / 03. Entry Point / 04. Expansion / 05. Improvisation #2 / 06. 80/81 – Broadway Blues / 07. Orchestrion
CD2 : 01. Soul Search / 02. Spirit of The Air / 03. Sranger in Town / 04. Sueno con Mexico / 05. Tell Her You Saw Me / 06. Unity Village // Enregistré dans une église de Greenpoint (Brooklyn - USA)

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Heinz SAUER – Michael WOLLNY : « Don’t explain »

Heinz SAUER – Michael WOLLNY : « Don't explain » -  voir en grand cette image
Heinz SAUER – Michael WOLLNY : « Don’t explain »
ACT / Harmonia Mundi

Heinz Sauer vient d’avoir quatre-vingts ans, Michael Wollny est né en 1978. Les deux jouent ensemble depuis 2001. Ce duo enregistré à l’automne 2012, en public, démontre, encore une fois, que la permanence d’une collaboration en terme de création artistique est bien souvent nécessaire à l’épanouissement musical.
Et la fulgurance me direz-vous ? N’existe-t-elle pas ?
Si bien sûr. Mais elle aura toujours deux façons, au moins, de s’exprimer. D’abord dans la rencontre inopinée qui peut magnifier une soirée d’exception, mais aussi dans les libres jaillissements de musiciens qui éprouvent l’un pour l’autre confiance et respect. Ces derniers, et c’est bien le cas ici, peuvent tout oser, que ce soit par le choix d’une playlist pour le moins incongrue ou par le choix d’un esthétisme radical. Le jeu de Michael Wollny, aux angles ronds, s’oppose au traitement rugueux, « à l’os », d’un Heinz Sauer qui tiend sa place dans le gotha des originaux du saxophone. Dommage que ce compagnon de Mangelsdorf, pionner du free européen, soit si sous-estimé par chez nous, voire méconnu.

Quoi qu’il en soit, dans ce disque, le dialogue est intime et dense, sans fard mais pas sans nuance. L’espace sonore est habité par une énergie intense qui donne à chaque titre une épaisseur étonnante, riche en surprises harmoniques, de laquelle sortent régulièrement de subtiles fulgurances... à l’expressivité marquée du sceau du bon goût et d’une science musicale imparable... Et la reprise du « Make you feel my love » de Dylan est une des rares reprises du maître (avec celles de Neil Young) qui lui rende l’hommage qu’il mérite en touchant du souffle sa quintessence. Beau, beau, beau.

Heinz SAUER – Michael WOLLNY : « Don’t explain » - ACT 9549-2 - distribution Harmonia Mundi

Heinz Sauer : saxophone ténor / Michael Wollny : piano

01. All blues / 02. Nothing comparses 2U / 03. Don’ t explain / 04. Wenn der Pastor im grünen Hemd.../ 05. Open fields / 06. There again / 07. Make you feel my love / 08. Believe beleft below / 09. Space cake / 10. Kind of blues

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Henri TEXIER HOPE QUARTET : « Live at « L’Improviste » »

Henri TEXIER HOPE QUARTET : « Live at « L'Improviste » » -  voir en grand cette image
Henri TEXIER HOPE QUARTET : « Live at « L’Improviste » »
Label Bleu / L’Autre Distribution

Dès le début du disque, on peut entendre le célèbre tintement de verre, celui du club, comme celui du trio de Bill Evans au Village Vanguard ou de Sonny Rollins au même endroit, peut être un hommage à ces enregistrements historiques, va savoir.
C’est ça la musique en direct, sans faux semblant. Le moment n’est plus à la réflexion mais à une certaine forme d’aboutissement de la vie artistique.
On a là le son plein d’Henri Texier servi par un répertoire dont il partage la composition avec son fiston Sébastien, auteur d’un bel hommage à Paul Motian qui venait de disparaître quand ce CD a été enregistré. Un répertoire qui sied à l’engagement musical d’Henri et à son histoire. Ça joue plein pot entre blues et free mingussien, colemanien, coltranien, peut-être souvenirs du Chat qui pêche tout ça servi par un très impliqué François Corneloup et un Louis Moutin au drumming franc, par moment un peu tendu mais généreux.
Un beau disque qui s’écoute avec plaisir. Musique vivante, musique de club.
Ô Henri !!!

Au fait le bruit du verre j’ose imaginer que c’est le mien, oui j’y étais dans un de ces moments prémonitoires (lire ici)

. ::Pierre Gros ::.

Henri TEXIER HOPE QUARTET : « Live at « L’Improviste » » - Label Bleu LBLC6713 - distribution L’Autre Distribution (parution le 04/03/2013)

Sébastien Texier : saxophone alto, clarinette, calrinette alto / François Corneloup : saxophone baryton / Louis moutin : batterie / Henri Texier : contebasse

01.Ô Elvin (H. Texier) / 02. Blues d’eau (H. Texier ) / 03. La fin du voyage (S. Texier) / 04. Desaparecido (H. Texier) / 05. Song for Paul Motian (S. Texier) / 06. Sacrifice (H. Texier) / 07. Roots (S. Texier) / 08. S.O.S. MIR (H. Texier) //

Enregistré à La Péniche L’Improviste – Paris en 2012

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TNT Trio : « Muskaat Nuss »

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TNT Trio : « Muskaat Nuss »
autoproduction

Le TNT trio est né de la réunion de Greg Théveniau (basse électrique), Benoit Thévenot (claviers vintage, wurlitzer, piano) et Hervé Humbert (batterie) en 2006, après s’être découverts quelques années auparavant lors d’un bœuf au Crescent Jazz Club, lieu mythique du sud de la Bourgogne créé par le collectif MU dans les années 90.
Depuis, le trio n’a cessé de sillonner les routes, faisant évoluer sa musique pour aboutir à un langage qui lui est propre, aussi intéressant sur disque que sur scène.
Il résulte du parcours respectif des trois solistes, parsemé de rencontres fructueuses (Glenn Ferris, Louis Winsberg...) une musique résolument moderne, intensément riche d’influences et de propos, empruntant des éléments au jazz fusion, à la pop, au rock, à l’électro, au hip hop, sans négliger le swing du jazz. Ce power trio a aussi la particularité d’enrichir son vocabulaire par de multiples effets surprenants permis par des instruments modernes, notamment les claviers à partir desquels Benoit Thévenot explore une large palette sonore.
Les trois musiciens avouent s’être inspirés de films de science fiction et de comédie pour enrichir leur dialogue, insistant sur le fait que leur « musique aurait été différente si le grand écran n’existait pas ».
Les idées, mises en valeur dans des compositions originales, ne manquent donc pas à ce trio et font de ce premier disque toute son originalité dans le large paysage des trios de jazz avec piano.

. ::Armel Bloch ::.

TNT Trio : « Muskaat Nuss » - autoproduction - disponible sur www.tnttrio.com

Benoit Thévenot : claviers / Greg Théveniau : basse électrique / Hervé Humbert : batterie

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YOUN Sun Nah : « Lento »

Youn Sun Nah : « Lento » -  voir en grand cette image
Youn Sun Nah : « Lento »
ACT / Harmonia Mundi

Que la voix est belle, d’une plastique et d’une justesse sans faille, une beauté qui force l’approbation. Sans doute aucune voix des nouvelles stars académiques n’approchera cette perfection. Au fond rien dans tout ça n’est critiquable ou blâmable. On sent même la possibilité de quelques tubes, Momento Magico ou Lento (d’après Scriabine), encore une fois rien de mal.
On ne peut qu’approuver l’exigence de s’entourer des meilleurs musiciens et on sent derrière tout ça la main d’une production millimétrée qui ne laisse rien au hasard (prise de son, réverbération, pas de morceaux trop rapides, pas de morceaux trop lents) et qui surtout ne veut pas déplaire en caressant tout le monde dans le sens du poil.
Cette musique n’effraiera donc personne, on l’écoutera sans frémir, que la production soit rassurée. On peut même dire que nous sommes assez loin du jazz et plus proche d’une pop-folk-jazz tendance glamour avec quelques improvisations qui non plus ne choqueront pas les oreilles des gens habitués aux productions lisses d’autant que l’on sait depuis André Hodeir que l’improvisation n’est pas tout dans le jazz, d’autres musiques bien avant y ont prétendu.
Donc possibilité d’un succès, d’un déluge d’appréciations dithyrambiques, pourquoi pas. Et puis peut être que ça amènera un public rétif et aux idées toutes faites vers une autre musique. Oui pourquoi pas, rêvons un peu. Par contre pour les surprises, le créatif, la prise de risque on repassera une autre fois.

. ::Pierre Gros ::.

Certes, l’écoute de ce disque ne surprend pas. On est bien chez Youn Sun Nah, ça ne trompe pas et on n’en attendait pas moins (surtout qu’Ulf Wakenius est toujours là, à la guitare). On croirait même que certaines compositions sont bâties sur le calque de celles qui ont fait le succès des deux disques précédents sur le même label (Voyage et Same Girl). Mais, il faut bien avouer que cette musique est plus que séduisante, presque envoûtante parfois. On est loin de certaines chanteuses « fabriquées » entendues ici et là, sans laisser de traces (par exemple sur ce même label ACT). Et puis, il y a l’accordéon de Vincent Peirani qui s’accomode si bien des nuances de timbres dont la chanteuses s’est fait une spécialité, en virtuose acrobate de la voix.
Alors, on pourra aimer ce disque, l’écouter et le réécouter sans vendre son âme, bien au contraire. Pour ma part, je ne m’en priverai pas mais la question que je posais en septembre 2010 reste d’actualité : Youn Sun Nah saura-t-elle résister à la tentation d’une dérive pop-jazz qui pourrait être une évolution possible de sa carrière ?

. ::Thierry Giard ::.

YOUN Sun Nah : « Lento » - ACT ACT9030-2 / Harmonia Mundi - Enregistré en Suède les 31 octobre, 1er et 2 novembre 2012.

Youn Sun Nah : voix / Ulf Wakenius : guitares / Lars Danielsson : contrebasse et violoncelle / Vincent Peirani : accordéon et accordina / Xavier Desandre-Navarre : percussions

01. Lento (A. Scriabin / Youn Sun Nah) / 02. Lament (Youn Sun Nah) / 03. Hurt (Nine Inch Nails) / 04. Empty Dream (V. Peirani / Youn Sun Nah) / 05. Momento Magico (U. Wakenius) / 06. Soundless Bye (Youn Sun Nah) / 07. Full Circle (V. Peirani / Youn Sun Nah) / 08. Ghost Riders In The Sky (Stan Jones) / 09. Waiting (L. Danielsson / C. Norby) / 10. Arirang (trad. coréen) / 11. New Dawn (Youn Sun Nah) //

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