« Le jazz tisse sa toile... »
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JAZZ SUR LA VILLE, Marseille novembre 2013

Fragments du 10 au 13 novembre.

D 17 décembre 2013     H 11:45     A Christian Ducasse    


Les acteurs du jazz marseillais ne capitulent toujours pas en 2013. Mieux, en l’absence de moyens spécifiques, ils embellissent collectivement le paysage.
C’est peut-être leur démarche : initier du savoureux à partir de micro-initiatives, créer un mouvement qui ne dit pas son nom d’événement, faire ensemble plutôt que discourir sur les aléas du terroir aux 111 quartiers.-*

Port de Marseille, le 13 novembre2013.

Fragments du 10 au 13 novembre.

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Jean-Pierre Arnaud, Henri Florens, Lionel Belmondo et Sylvain Romano au bar le Royal Longchamp, Marseille 10 novembre 2013
Photo © Christian Ducasse

La Mesón, co-fondateur de Jazz sur la Ville, soutient Henri Florens d’arrache-pied et le prouve avec éclat. Chaque apparition du trio du grand Henri dans la petite salle de la rue Consolat suscite une ferveur chaleureuse. Les spectateurs recalés, trop nombreux, pouvaient se consoler en discutant avec le groupe affairé à l’apéro au Royal Longchamp jouxtant la Mesón. Pour les élus, l’exubérant saxophone de Lionel Belmondo attaqua droit au but sur les traces de Rollins parachevant le show sur le versant Coltranien d’une colline en feu. Henri Florens encore éloigné de toute actualité discographique excelle à ces rencontres torrides.

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Sylvain Romano, Jean-Pierre Arnaud, Henri Florens et Lionel Belmondo à la Mesón, Marseille 10 novembre 2013
Photo © Christian Ducasse

Deux jours plus tard, un autre trio à l’affiche, celui d’un vétéran de la place. Christian Gaubert, connu comme arrangeur dans l’univers du cinéma présentait à l’Alcazar son mélodique « Ligne Sud trio » (Cristal/Harmonia Mundi - Pile de Disques nov. 2013). Curiosité émouvante d’écouter l’ancien pensionnaire du dancing le Vamping, proposer ses propres compositions en trio amical : Jannick Top et André Ceccarelli.

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Christian Gaubert, Janick Top et André Ceccarelli. Alcazar, Marseille 12 novembre 2013
Photo © Christian Ducasse

Moment bienvenu, proposé par Patrick Casse, homme de l’art à l’Alcazar. Une prestation quasi dénuée d’improvisation sur le fil de l’harmonie, que n’ont pas manqué de commenter les nombreux experts présents dont Henri Florens ou Jacques Ménichetti, lui aussi ancien du Vamping, passage obligé des jazzmen qui faisaient alors le métier de divertir. Henri Salvador fut de cette épopée swinguante dans l’enceinte toujours active du quartier des Catalans.

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Patrick Casse et Christian Gaubert, Alcazar Marseille 12 novembre 2013
Photo © Christian Ducasse

Du disque, passage désormais obligé de l’actualité, il en fut question le lendemain tandis qu’Alex Dutilh présentait en direct de la Criée son émission Open Jazz (France-Musique). Outre Christian Gaubert, Christophe LeLoil a pu joyeusement présenter son nouvel opus « Line 4 » (Label Durance), Raphaël Imbert évoquer sa quête d’identité entre Marseille, New York et la Provence, entre musique de tradition et désir d’être soi-même.

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Alex Dutilh à l’exposition « Men with a Horn », La Caravelle, Marseille 13 novembre 2013
Photo © Christian Ducasse

Les auditeurs de France Musique ont découvert le prometteur pianiste Enzo Carniel (« House of Echo » co-dirigé avec le guitariste Marc-Antoine Perrio /Cordes&Ames Le Cri du Port) où le chaleureux saxophoniste ténor Léo Mérie tout à sa fidèle dévotion de Monk.

Filant le sillon, il fut encore question de nouveauté discographique le soir-même autour d’un Hadouk en quartet au Cri du Port. Didier Malherbe y brille plus que jamais dans l’emploi de flûtes orientales connues de lui seul. Touche indigène, Jean-Luc di Fraya s’est maintenant glissé dans le groupe en qualité de le coloriste, vocaliste et rythmicien. Le tout à écouter sur « Hadoukly Yours » (Naïve) : dépaysement vraiment garanti.

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Hadouk quartet (Eric Löhrer, Didier Malherbe, Loy Ehrlich et Jean-Luc Di Fraya) au Cri du Port, Marseille 13 novembre 2013
Photo © Christian Ducasse

Si cette convergence d’énergies rassemble des structures peu fortunées, les poids lourds de la place ont joué le jeu. Le festival des Docks des Sud présentait Emir A3 sans claironner sur la présence de Barre Phillips tandis que l’équipe des 5 Continents conviait le saxophoniste hors-norme Thierry Maucci à une performance insolite autour des anches de quelques ténors de leur dernière édition (Shepp, Shorter, Perret, …).

Pour parfaire, tel un clin d’œil à l’Europe dont Marseille est la capitale officielle en 2013, Jazz sur la Ville prolongeait le festival parisien Jazzycolors.

On en redemande, certain que ce vaillant collectif offrira de nouvelles chasses aux trésors.

> Lire aussi sur CultureJazz.fr :


> La Mesón, 10 novembre 2013 :
Henri Florens : piano / Sylvain Romano : contrebasse / Jean-Pierre Arnaud : batterie / Lionel Belmondo : saxophone ténor et flûte.

> Alcazar (BMVR) 12 novembre 2013 :
Ligne Sud trio :
Christian Gaubert : piano / Jannick Top : basse / André Ceccarelli : batterie.

> Le Cri du Port, 13 novembre 2013 :
Hadouk quartet :
Didier Malherbe doudouk, saxophone soprano et flûtes, Loy Ehrlich, gumbass, hajouj, Eric Löhrer lapsteel, guitare, banjo, cavaquinho et Jean-Luc Di Fraya batterie et chant.

> Jazz sur la Ville :
Alhambra Cinémarseille / BMVR Alcazar / Bibliothèque Discothèque Bonneveine / Bibliothèque du Merlan / Le Cabaret Aléatoire / La Caravelle / Cité de la Musique Auditorium et Magalone / Le Cri du Port / Dock des Suds/ Eglise Notre-Dame du Mont / Galerie MAD / La Machine à Coudre / La Maison du Chant / La Mesón / Latté / Théâtre de l’ Atelier des Arts / UPercut.


> Marseille cultive le débat et le guitariste Claude Vesco compte parmi les observateurs avisés.
Sur son compte Facebook il a livré l’écho que voici :

« CHRONIQUE MENSUELLE JAZZ POTES :
Des concerts auxquels j’ai assisté en ce mois de novembre (pendant « jazz sur la ville » à Marseille), je retiendrai deux grands moments musicaux de nature à réconcilier les amateurs fâchés avec le jazz, ou qui ont pris leurs distances pour cause d’ennui chronique pendant trop de concerts, sans pour autant oublier ceux qui continuent à croire (à tort ou à raison !) que le jazz est toujours vivant...
HADOUK 4tet, a été le moment fort de ce mois, avec une équipe renouvelée autour des deux piliers du groupe (Didier Malherbe et Loy Ehrlich), Jean-Luc Di Fraya (voix, perc, dms) et Eric Löhrer (guit., lapsteel, banjo) apportant à la musique de Didier Malherbe une contribution décisive qui ne peut que permettre d’étendre l’audience de ce groupe remarquable.
Et puis hier soir, le trio de Mauro Ottolini, renforcé par Guido Bombardieri à la clarinette nous a transportés dans un univers auquel nous ne sommes plus guère habitués de ce côté-ci des Alpes, avec sa musique rétro, décomplexée, joyeuse, pleine de swing et de charme... Une grande leçon pour beaucoup de musiciens en errance conceptuelle, et un grand plaisir pour le public de retrouver les racines du jazz ».

> Lien :


* recensement officiel (et souvent contesté car limitatif) de 1946. De nombreux quartiers ne figurent pas en tant que tel comme celui emblématique du Panier.(retour à l’article)