« Le jazz tisse sa toile... »
Vous êtes ici : Accueil » Disques, livres & Co » Chroniques 2015 » Vitrine de disques pour décembre 2015 !

Vitrine de disques pour décembre 2015 !

Cinq disques qui ont retenu notre attention.

D 5 décembre 2015     H 16:24     A Florence Ducommun, Pierre Gros, Thierry Giard    


Au menu et par ordre alphabétique, cinq albums bien différents que nous aimons, les uns ou les autres pour diverses raisons :



Richard Bonnet : « Morning Bear »

Richard BONNET : « Morning Bear » -  voir en grand cette image
Richard BONNET : « Morning Bear »
Futura Marge

info document -  voir en grand cette image
Dés les premières notes on sait à qui on a à faire. Richard Bonnet après un disque convainquant en quartet, un retour à New York pour quelques concerts, en a profité pour enregistrer cette fois un album solo au studio John Kilgore, dans sa cuisine comme il dit. Un projet dont il nous avait parlé lors de l’entretien qu’il nous avait accordé (CultureJazz.fr - janvier 2015). L’idée vient de quelques uns de ses amis guitaristes classiques qui, entendant ses improvisations, lui ont demandé de coucher sur le papier quelques passages. D’où l’envie de le réaliser, à la guitare acoustique cette fois, oui mais avec 7 cordes ! En résulte une sorte d’introspection qui revient largement sur les concepts et les modes de jeux de la musique classique du XXème siècle. Mais bien sûr quand on est un improvisateur né, la nature revient au galop et devient une extension des compositions, passant de l’un à l’autre de manière naturelle. Un album, un son, un blues, une approche unique dont l’âme est identifiable entre mille : celle de Richard Bonnet.

. ::PG ::.


Franco D’ANDREA : « Three Concerts. Live at the Auditorium Parco Della Musica »

Franco D'ANDREA : « Three Concerts. Live at the Auditorium Parco Della Musica » -  voir en grand cette image
Franco D’ANDREA : « Three Concerts. Live at the Auditorium Parco Della Musica »
Parco Della Musica records

info document -  voir en grand cette image
Franco D’Andrea est né à Merano en 1941, dans le Haut-Adige au nord-est de l’Italie où se mêlent cultures allemandes et autrichiennes et l’âme latine. Le pianiste a débuté sa carrière professionnelle en 1963 et l’année suivante, il enregistrait avec Gato Barbieri. Sur cette lancée, le pianiste italien multiplia les rencontres les plus enrichissantes, passa des musiques libres au jazz-rock, monta ses propres formations, du trio au grand ensemble. Une vie de musicien bien remplie qui ne l’empêcha pas de mener une carrière d’enseignant (Académie Nationale de Jazz de Sienne entre autres...) et d’engranger des prix (Académie du Jazz en France en 2010, par exemple). En 1982, lors du la premier festival Jazz sous les Pommiers (Coutances), je découvrais ce pianiste en concert aux côtés du trompettiste Enrico Rava, avec Furio Di Castri à la contrebasse et Aldo Romano à la batterie. Alors que le leader flottait au-dessus de la musique, le pianiste tenait la boutique en assurant une solide assise harmonique dans un jeu vif et contrasté.
Aujourd’hui, on retrouve Franco D’Andrea dans ce coffret qui restitue trois concerts, dans trois formules bien distinctes. Une opportunité offerte par le Parco Della Musica de Rome qui est, en quelque sorte, l’équivalent de le Cité de la Musique parisienne. Un lieu de diffusion qui gère aussi son propre label sur lequel paraît ce disque.
L’ordre des disques ne respecte pas la chronologie des concerts. Peu importe...
Nous voilà donc dans l’auditorium romain le 24 mars 2014. Sur scène, Franco d’Andrea est au centre d’une rencontre explosive entre le trompettiste américain Dave Douglas et Han Bennink, ce phénoménal batteur-agitateur hollandais qui n’a besoin ici que d’une caisse claire, d’une paire de baguettes et de balais et... de ses brodequins pour assurer un tempo démoniaque. Une suite de thèmes sert de fil conducteur à la libre expression des chacun des ces improvisateurs-créateurs aux tempéraments si différents mais tellement heureux de jouer du jazz ensemble : la spontanéité maîtrisée !
Le second disque est un vibrant hommage à la musique de Thelonious Monk, pianiste-compositeur qui semble avoir eu une influence déterminante dans la vie musicale de Franco D’Andrea. Ici, c’est le sextet présent dans un autre disque paru sur le même label (« Monk and the Time Machine »-PDM records) qui se produisait sur la scène romaine le 28 janvier 2014. Autour du piano qui reste le fondement de cette musique, l’ensemble réussit la subtile alchimie entre respect des formes et liberté de l’interprétation dans un esprit « jazz » totalement historique, des origines aux formes les plus contemporaines dans les modes de jeu des solistes. À la batterie, fidèle complice du pianiste, Zeno De Rossi assure avec fougue un tempo sans failles. Un bel exemple de jeu collectif par une formation qui ne s’enferme jamais dans la rigidité des structures mais transcende la musique de Monk avec imagination et respect. On pourra penser au « Monk Casino » d’Alexander Von Schippenbach au même niveau de créativité : à la rigueur germanique échevelée de l’un répond la finesse latine de l’autre.
En conclusion, le piano solo s’imposait. Ce fut le cas lors du concert donné par Franco D’Andrea dans cette même salle le 23 mai 2014. On revient à l’essentiel, le cœur de l’art du pianiste et l’art du cœur. Une balade pleine d’émotion(s) dans son univers intemporel du jazz. On retrouve des compositions de Monk, Coltrane ou George Gershwin, d’Ellington, Lennie Tristano et de Franco D’Andrea. Tout cela est joué, remodelé, déconstruit, reconstruit avec la finesse, la simplicité et souvent l’impertinence malicieuse d’un grand artiste qui aime le jazz pour toute sa richesse et qui le prouve.
Un coffret pour éviter l’ennui et sortir des sentiers battus tout en restant dans les terres connues du jazz.

. ::TG ::.


ÉNERGIE NOIRE : « Loitering The Loop »

ÉNERGIE NOIRE : « Loitering The Loop » -  voir en grand cette image
ÉNERGIE NOIRE : « Loitering The Loop »
NEMO records

info document -  voir en grand cette image

Nicolas Péoc’h et Vincent Raude, deux irréductibles bretons passionnés des musiques aventureuses, ont emprunté la passerelle virtuelle du projet ARCH qui relie et unit depuis 2012 les scènes créatives de Brest et Chicago. Vincent Raude est un habile et intrépide chasseur-cueilleur de sons dont il compose ensuite une étonnante potion électronique dans son dispositif d’alchimiste-musicien. Nicolas Péoc’h promène avec lui son saxophone alto qui chante des mélodies acrobatiques qui s’enroulent sur les boucles sonores produites par son complice. Les deux ont uni leurs forces dans le cadre de la tribu Nautilis, l’ensemble « grand format » qui agite la scène brestoise et essaime partout où il le peut.
« Loitering The Loop » est le récit des flâneries sonores des deux compères à Chicago, mises en forme(s) dans deux studios de la « Windy City » à l’automne 2014, mais c’est surtout l’occasion de rencontres avec des musiciens (et des personnages) qui viennent composer une famille hétéroclite et attachante pour partager la musique étonnante du duo.
Ce disque s’écoute comme un véritable reportage sonore, un florilège de musiques mêlées, assemblées, transcendées par la science sonore de Vincent Raude. Une histoire dont le saxophone alto de Nicolas Péoc’h serait le héros désinvolte, curieux et facétieux. Au fil des plages, il se fait de nouveaux amis et bavarde : des mélodies naissent, des rythmes sont partagées, des ambiances urbaines, des voix, des mots, des sons dessinent le fond de scène.
Cet album sort des voies bien tracées, va fureter hors des sentiers battus et nous entraîne dans une réalité musicale et sonore du Chicago d’aujourd’hui où l’Énergie Noire fait naître une sorte de jazz aussi singulière que multicolore. Une réalisation remarquable !

. ::TG ::.


INITIATIVE H : « Dark Wave »

info document -  voir en grand cette image info document -  voir en grand cette image

On avait fait connaissance de ce collectif toulousain à travers leur premier disque sorti l’an dernier, « Deus Ex Machina ». Et voilà le second opus qui sort sur le même label allemand Neuklang, encore plus abouti que le premier. Une grande claque en l’écoutant qui fait tendre l’oreille instantanément et y revenir. Sous l’impulsion de son leader David Haudrechy qui donne le H ( également à la direction et saxophone soprano), on trouve 12 musiciens hyperdoués déjà présents l’an passé à une exception près ( Cyril Latour remplaçant Nicolas Algans à la trompette) et 5 invités (2 chanteuses et surtout Médéric Collignon au saxhorn et voix, Émile Parisien au saxophone soprano et Vincent Artaud au synthétiseur). Encore eux serait-on tenté de dire, les trublions qui sont partout et sèment non la discorde mais l’accord total entre tous ! Voilà pour les présentations !

Sur la pochette de « Darkwave » se croisent deux ancres sur une ligne de vaguelettes, comme un tatouage. Référence musicale d’abord au genre Dark Wave, apparenté au mouvement gothique ayant émergé dans les années 1970, en parallèle au pic de popularité de la new wave et au post-punk, sombre et romantique. Mais référence symbolique également aux Dark Wavers, surfeurs de l’extrême affrontant les vagues géantes du Grand Nord.

Je vous avoue que j’ai surfé gravement sur ce disque avec une très grande envie d’écouter ça en live, et ce dès le titre éponyme qui ouvre le disque sur une couleur plutôt mélancolique ( Zappa ? Zorn ?). « Blackout » confirme cette impression avec à la place de Mike Patton, Médéric Collignon plus déchaîné que jamais et Émile Parisien en très grande forme. Et les vagues se succèdent sans arrêt, tantôt dansantes et joyeuses ( « The Search » et « Love and Death »), tantôt plus graves ( les magnifiques chorus successifs de Nicolas Gardel et Émile Parisien sur « Silent Storm » par exemple ) ou très cinématographiques ( « Black Knight » ou le magnifique « Lost in Paradise  » en 3 mouvements). La dernière plage synthétise et soude tous les musiciens dans une grande vague finale pop qui n’est pas dénuée d’humour.

. ::FD ::.


Julian JULIEN : « Terre II »

Julian JULIEN : « Terre II » -  voir en grand cette image
Julian JULIEN : « Terre II »
A Bout de Son

info document -  voir en grand cette image

« Terre II » est un disque atmosphérique qui m’a envoûtée à plus d’un titre, c’est le cas de le dire...Julian Julien se définit lui-même comme un compositeur de musique progressive, avec les a priori qu’on peut coller à cette étiquette ; car ce saxophoniste ( ici aux percussions) est bien plus éclectique. Nourri d’influences multiples comme John Surman, Keith Jarrett, Nils Petter Molvaer, Michel Portal mais aussi Pink Floyd, Zappa ou Soft Machine, ce grand voyageur et tête chercheuse s’est frotté à tous les courants de musique et a même composé des BO de films. Nous voilà donc une fois de plus à la frontière du jazz, n’en déplaise à certains puristes.

Ce cinquième disque, qui se veut le pendant de « Terre » paru il y a quinze ans, a eu d’abord comme projet d’être associé au travail de plusieurs photographes que l’on peut voir sur Youtube ( Un « Prélude » somptueux sur des paysages en noir et blanc de Sylvain Lagarde, un inquiétant et mystérieux « Iris I » sur les clichés de Junku Nishimura, le non moins flippant « Iris II » sur les photos de Rebecca Cairns, le sublime et poignant « Iris III » sur le conflit irlandais vu par Chris Steel Perkins de l’agence Magnum, l’étrange(r) « Ailleurs » magnifié par les clichés de Krishnendu Saha et enfin le joyeux « Terre II » sur les paysages minimalistes de Franck Follet.) et c’est franchement une réussite.( https://www.youtube.com/watch?v=Rnk...)

Par ailleurs, Julian Julien s’est entouré de musiciens tous plus talentueux les uns que les autres : citons entre autres Rémi Dumoulin de l’Orchestre National de Jazz à la clarinette basse et Médéric Collignon au cornet sur plusieurs des plages. Ce dernier ne pouvait que s’associer à cette aventure, lui qui aime tant exploser les frontières ; et des morceaux comme « Iris III » et surtout « Iris IV » ou « Non-Sens » sont pour moi des petites merveilles. Seul le dernier morceau « Mr John Barry » se détache de cet ensemble très cohérent, pour un hommage à ce compositeur britannique de musique de film admiré par Julian Julien ( connu en particulier pour la musique des James Bond jusque dans les années 80, mais aussi la musique de Out of Africa ou Danse avec les loups). C’est comme un petit pied de nez aux puristes où les saxophones de Michael Havard s’en donnent à cœur joie.

Voilà donc un disque singulier aux univers multiples qui m’ont transportée au-delà du réel, loin de la musique purement électronique à laquelle on aurait pu s’attendre. A découvrir absolument en vous laissant aller.

. ::FD ::.

NB : les avis sont nuancés à propos de « Terre II » dans l’équipe de CultureJazz ! Lire dans la « Pile de disques » d’octobre 2015 ! (par Thierry Giard)


Les références :

Richard BONNET : « Morning Bear »

> Futura et Marge Hôte Marge 14 / futuramarge.free.fr

01. Dans l’œil du cyclope / 02.Coney Island Line / 03. Improvisation#1 / 04. Canicule / 05. Improvisation#2 / 06.Morning Bear / 07. Improvisation#3 / 08 Obsolescence programmée / 09. Improvisation#4 / 10. Last // Enregistré le 22 avril 2015 au Studio John Kilgore Sound Recording à New York.

Franco D’ANDREA : « Three Concerts. Live at the Auditorium Parco Della Musica »

Retrouvez ce disque dans la « Pile de disques » de décembre 2015 : >ICI !<

>Parco Della Musica records- MPR071 CD (coffret de 3 CDs) / www.egeamusic.com

Franco D’Andrea : piano avec… // CD1 : Dave Douglas : trompette / Han Bennink : caisse claire // CD2 : Andrea Ayassot : saxophones alto et soprano / Daniele D’Agaro : clarinette / Mauro Ottolini : trombone / Aldo Mella : contrebasse / Zeno De Rossi : batterie // CD3 : piano solo

CD1 : 01. Turkish Mambo / P4+M2 / 02. Two Colors / 03. Goodbye / 04. Kit 1 / 05. Oclupaca / 06. Undecided / 07. Clusters N. 4 - Tiger Rag - M3 - Caravan / 08. Deep
CD2 : 01. Coming on the Hudson / 02. Open 1 - Bright Missisipi - Monodic / 03. Into the Mystery - Monk’s Mood - Epistrophy / 04. Blue Monk / 05. Deep Riff / 06. Open 2 - Naif / 07. A New Rag Suite / 08. Two Colors
CD3 : 01. Clusters N. 4 - March - Lychees - A4+M2 / 02. Six Bars - Strawberry Woman / 03. I Got Rhythm - Half the Fun / 04. Linee oblique - The Telecasters / 05. Naima - Afro Abstraction - Two Colors - King Porter Stomp / 06. Round Midnight - Turkish Mambo - Like Sonny - Via libera - Deep - Strawberry Woman / 07. I’ve Found a New Baby / 08. Lover Man // Enregistré en concert à l’Auditorium Parco Della Musica de Rome le 24 mars 2014 (CD1), le 28 janvier 2014 (CD2) et le 23 mai 2014 (CD3)

ÉNERGIE NOIRE : « Loitering The Loop »

Retrouvez ce disque dans la « Pile de disques » de décembre 2015 : >ICI !<

> NEMO records / Les Allumés du jazz et www.ne-mo.fr

Nicolas Peoc’h : saxophone alto / Vincent Raude : électronique /+/ Steve Berry : trombone sur 1, 3, 8, 9, 12 / Billa Camp : voix sur 3, 6, 9 / Lou Mallozzi : platines sur 3 et 4 / Michael Zerang : batterie, percussions sur 5, 6, 7, 11 / Irvin Pierce : saxophone ténor sur 3, 4, 6, 8, , 9, 11 / Le Chœur (Nick Broste : trombone ; Philippe Lemoine : saxophone ténor ; Christophe Rocher : clarinette basse) sur 5 et 10 / Jo le taxi sur 5

01. O’Hare Airport / 02. Goyahkla / 03. Loitering The Loop / 04. W Chicago Avenue / 05. Wire Walk With Me / 06. Fifth / 07. The Blue Line Train / 08. Let It Grow / 09. Low Down / 10. N Pulaski Rd / 11. Taipan / 12. Herbs / 13. N Harding Av // Enregistré à Chicago en novembre 2014.

INITIATIVE H : « Dark Wave »

Retrouvez ce disque dans la « Pile de disques » de novembre 2015 : >ICI !<

> NeuKlang NCD4129 / Harmonia Mundi

David Haudrechy : saxophone soprano, compositions, direction, voix, sounds additionnels / Ferdinand Doumerc : saxophone alto, flûte / Gaël Pautric : saxophone baryton, clarinette basse / Nicolas Gardel, Cyril Latour : trompettes / Olivier Sabatier, Lionel Segui : trombones / Amaury Faye : piano, rhodes / Florent Hortal : guitare / Julien Duthu : basse / Pierre Pollet : batterie / Florent « Pepino » Tisseyre : percussions / Vincent Artaud : synthesizer /+/ Médéric Collignon : saxhorn, voix sur 2, 4 et 9 / Émile Parisien : saxophone soprano sur 2 et 5 / Claire Suhubiette : voix sur 7 et 9 / Lou Ferrand-Suhubiete : voix sur 7

01. Dark Wave / 02. Blackout / 03. The Search / 04. Love and Death / 05. Silent Storm / 06. Black Knight / 07. Transmission / 08. Lost In Paradise / 09. Bonus : Time To Pretend // Enregistré à Toulouse en mai 2015.

Julian JULIEN : « Terre II »

Retrouvez ce disque dans la « Pile de disques » d’octobre 2015 : >ICI !<

> A Bout de Son / www.julianjulien.com

Hélène Argo : chant sur 7 / Guillaume Billaux : guitare sur 11 / Siegfried Canto : flûte traversière sur 1 et 4 / Médéric Collignon : cornet et voix sur 6, 8, 11, 13 / Rémi Dumoulin : clarinette basse sur 1 et 2 / Michaël Havard : saxophone soprano, ténor et baryton sur 2, 4, 13 / Julian Julien : percussions sur 4, 7, 11, 13, composition et programmation / Adeline Lecce : violoncelle sur 2, 7, 10, 11

01. Prélude / 02. Terre II / 03. Iris I / 04. Ailleurs / 05. Iris II / 06. Iris III / 07. Une attente / 08. Iris IV / 09. Doudou / 10. Iris V / 11. Non-sens / 12. Iris VI / 13. M. John Barry // Enregistré en France vers 2014 ?