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ONJ Records fête ses sorties de disques #2

Deux groupes, deux cédés, deux façons de s’approprier l’histoire…

D 7 juin 2016     H 21:41     A Pierre Gros    


Il existe différentes façons d’appréhender la musique soit en faisant table rase de son passé, une forme de reconnaissance en négatif soit en y faisant référence de manière explicite pour s’y ressourcer et y trouver une lecture actuelle des techniques utilisées en des temps plus ou moins lointains.

Jean DOUSTEYSSIER POST K : « Post K »

Jean DOUSTEYSSIER POST K : « Post K » -  voir en grand cette image
Jean DOUSTEYSSIER POST K : « Post K »
ONJ Records

Ici c’est aux racines de la Great Black Music que ces jeunes musiciens au parcours éclectique sont allés chercher leur inspiration. Et quand nous parlons de racines on peut même dire que c’était en des temps où l’on ne parlait pas encore clairement de jazz, où l’identité de la musique américaine pourtant présente commençait à peine à émerger et dont la grande majorité des observateurs n’y voyaient là qu’un divertissement sympathique. Seules quelques rares oreilles averties y décelaient un avenir prometteur loin de toutes condescendances (relire le jeune Ernest Ansermet à propos de Sydney Bechet). Post K est allé chez les Lion, Fat ou Art, au plus proche des pianistes stride, du oom-pah, de ces musiciens qui alliaient virtuosité rythmique et digitale à l’originalité mélodique. Ce n’était pas le temps de l’insouciance ni de l’innocence, il faut voir en ces années ce que voulait dire être afro-américain aux États Unis. Passons mais que faire de cette musique sinon aller jeter un œil et surtout une oreille au dessus de son épaule, la passer au crible du temps en la reconstruisant ? Ici admirons l’intelligence de Post K. : savoir réutiliser avec souplesse ces matériaux dont les mélodies sont pourtant ultra-marquées n’a rien d’une évidence. Nous y décèlerons nombre de références dont des emprunts au free (pêle-mêle Ornette Coleman, Coltrane, Shepp), certaines tournures que n’auraient pas renié un Jimmy Giuffre ou des onomatopées proches d’un Rollins période 1960-70. Le potentiel est là, l’aisance instrumentale, l‘écoute acérée, la vaste leçon est de toute évidence excellemment apprise (ce n’est pas donné à tout un chacun), les personnalités bien présentes. Nous en attendons donc encore plus, une explosion, une forme de libération qui forgera, elle, l’histoire musicale de ces jeunes gens prometteurs.

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Post K : Jean Dousteyssier : clarinette, clarinette basse / Benjamin Dousteyssier : saxophone alto et ténor / Matthieu Naulleau : piano / Elie Duris : batterie

Fabrice MARTINEZ - CHUT ! : « Rebirth »

Fabrice MARTINEZ - CHUT : « Rebirth » -  voir en grand cette image
Fabrice MARTINEZ - CHUT : « Rebirth »
ONJ Records

Chut ! Autres temps, autres époques, autres mœurs. Retour aux années psychédéliques, à la révolution électrique de Miles versus Jack Johnson, Bitches Brew, In a Silent Way, au son Motown, aux pédales d’effets et autres distorsions, on peut avoir de plus mauvaises fréquentations. On a l’impression d’un retour aux premières amours. À l’évidence le potentiel est présent mais d’un tout autre ordre que pour le groupe précédent, celui de l’expérience qui fait que quoi qu’il arrive ça tourne, ça groove et qui s’en plaindra. On aurait juste aimé des mélodies plus accrocheuses, un supplément d’audace, ce d’autant plus que nous avions été séduit par l’atmosphère irriguant le précédent album de Fabrice Martinez « Chut ! fait du bruit ». Peut être que l’endroit ne convenait pas à ce genre de musique qui demande de l’espace mais aussi du temps pour trouver confiance et automatismes. Quoiqu’il en soit nous nous consolerons en écoutant le nouvel enregistrement studio de Fabrice, Rebirth, qui, une fois n’est pas coutume, nous séduit un peu plus que la prestation publique de cette soirée. Rebirth : défaire, refaire, recommencer, une histoire sans fin.

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CHUT ! : Fabrice Martinez : trompette / Fred Escoffier : claviers / Eric Echampard : batterie / Bruno Chevillon : basse électrique

Mercredi 24 mai 2016
Le Carreau du Temple
2 rue Perrée
75003 Paris


Les disques : références, détails et liens :

Jean DOUSTEYSSIER POST K : « Post K »

Ce disque figure aussi dans notre « Pile de disques » de mai 2016

> ONJ records - JF002 / L’Autre Distribution

Jean Dousteyssier : clarinette, clarinette basse / Benjamin Dousteyssier : saxophones alto et ténor / Matthieu Naulleau : piano / Élie Duris : batterie

01. China Boy / 02. Handful of / 03. Katy / 04. Get Out of Here Jack Carrey With Your Quadrille / 05. Shreveport Stomp / 06. Honeysuckle Rose / 07. Lulu’s Back in Town / 08. Fingerbuster-Elegy / 09. Struttin’ With Some Barbecue / 10. Mean Dog Blues / 11. Jazz Battle / 12. Charleston Rag / 13. Story Book Ball // Enregistré au studio le Luisant (Germigny-L’Exempt) en mars 2015.

Fabrice MARTINEZ - CHUT ! : « Rebirth »

Ce disque figure aussi dans notre « Pile de disques » de juin 2016

> ONJ records - JF003 / L’Autre Distribution

Fabrice Martinez : trompette / Fred Escoffier : claviers / Éric Échampard : batterie / Bruno Chevillon : basse électrique /+/ Stéphane Bartelt : guitare sur 2

01. Rebirth (Martinez) / 02. Transe (Martinez-Escoffier) / 03. Smity (Martinez) / 04. Roots (Martinez) / 05. Derrière la colline (Escoffier) / 06. Aux cendres etc. (Escoffier) / 07. Nino et le retour des nuages (Martinez) / 08. P and T (Martinez) / 09. Prune (Martinez) // Enregistré aux Studios ferber, Paris, en février 2016.

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