« Le jazz tisse sa toile... »
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Vitrine de six disques - été 2016.

D 11 juillet 2016     H 22:09     A Florence Ducommun, Thierry Giard, Yves Dorison    


Au menu :


Carla BLEY : « Andando el Tiempo »

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Carla BLEY : « Andando el Tiempo »
ECM
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On aime !

À l’occasion de quatre-vingts ans de Carla Bley, ECM sort le CD « Andando el tiempo » qui n’est pas une suite au disque « Trios » sorti en 2013 en cela qu’il est entièrement composé de matériau original. Aux oreilles des inconditionnels, cet enregistrement marquera néanmoins une nouvelle aventure musicale explorant aux confins du jazz une musique chambriste qui vaut autant par les compositions que par la connivence entre les musiciens. Madame Bley, dans ce contexte, affirme sa singularité pianistique. Ses créations évoluent entre intimité et dramaturgie sur des modes subtils qui ne lassent pas tant chaque pièce porte en elle une humeur particulière. Éloigné de toute virtuosité ostentatoire, le trio se concentre sur l’essentiel : le détail et la nuance offerts par une écriture complexe mais pas absconse. La connexion intime entre les interprètes, la confiance qu’ils se portent, leur permet, à tout moment, une certaine élasticité rythmique dans laquelle s’insère aisément les traits saillants des pièces de la pianiste. À l’écoute de ce dialogue triangulaire, l’on se dit soudain que Carla Bley est, encore et toujours, une sacrée compositrice, une pianiste originale et qu’elle n’a pas fini de nous ravir, étonner, surprendre, enchanter, etc. Mais nous sommes inconditionnels…

. ::Yves Dorison ::.


Peter BRENDLER : « Message in motion »

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Peter BRENDLER : « Message in motion »
Posi-Tone

Du jazz plein cadre. On va droit au but avec cette solide équipe de musiciens combatifs et inventifs capables de raviver les couleurs du swing moderne. Après Outside The Line (Posi-Tone, 2014), le contrebassiste Peter Brendler conserve le même quartet sans instrument harmonique pour proposer une musique aux lignes claires : deux solistes et une section rythmique. Classique direz-vous, certes, mais avec un duo de souffleurs rares : Peter Evans, trompettiste époustouflant et Rich Perry au saxophone ténor qu’on a plaisir à retrouver ici pour rappeler de beaux souvenirs discographiques sur le label Steeplechase et surtout avec le big-band de Thad Jones et Mel Lewis jadis. Avec l’appui précieux et efficace du batteur Vinnie Sperrazza, Peter Brendler fait chanter sa contrebasse (intro de Easy Way Out...) sur les lignes souples d’une musique qui défend une certaine idée de la concision et de la sobriété tant dans les thèmes originaux que dans les emprunts à Duke Ellington et John Coltrane (Angelica), Alice Coltrane (Ptah The El Daoud) ou Elliott Smith (Easy Way Out). Et puis il y a la présence en invité presque extra-terrestre dans ce contexte du guitariste Ben Monder qui vient bousculer l’ordonnancement du quatuor et projette les harmonies colorées de son jeu de guitare toujours créatif. Enregistré en un jour donc quasiment dans les conditions du live en studio comme c’est l’habitude chez Posi-Tone, ce disque donne une image nette et précise de ce que peut être le jazz aujourd’hui : ancré dans la tradition mais joué avec la fraîcheur des découvreurs des premiers jours grâce à des instrumentistes à l’imagination fertile.

. ::Thierry Giard ::.


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Klaus GESING – Björn MEYER – Samuel ROHRER : "Amiira"

Klaus GESING – Björn MEYER – Samuel ROHRER : « Amiira » -  voir en grand cette image
Klaus GESING – Björn MEYER – Samuel ROHRER : « Amiira »
Arjunamusic
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On aime !

Atmosphère, atmosphère, est ce qu’Amiira a une gueule d’atmosphère ? La réponse est un grand OUI ! Pour ce nouveau trio acoustique et électronique qui réunit trois musiciens connus sur le label Arjunamusic, voilà une très belle réussite ! On y trouve Klaus Gesing, à la clarinette basse et saxophone soprano, Björn Meyer le bassiste suédois et Samuel Rohrer le batteur suisse. Meyer et Gesing ont tous les deux joué dans le quartet du joueur de oud Anouar Brahem. Meyer a été membre de Ronin de Nik Bärtsch de 2002 à 2012 et a accompagné la chanteuse et joueuse de harpe austro-iranienne Asita Hamidi jusqu’au décès de cette dernière en 2012. Gesing a joué avec la chanteuse Norma Winstone , et Rohrer avec Laurie Anderson et Sidsel Endresen. Le canevas était prêt pour une musique très mélodique imprégnée de toutes les influences multiculturelles de chacun.

Une très forte complicité des trois musiciens était nécessaire pour arriver à créer dix compositions toutes différentes, dix ambiances, dix atmosphères sans esbroufe et toutes en nuances qui leur sont propres. L’accroche est très forte dès le thème de «  Shine On Me » sur une ligne de basse ensorcelante avec une clarinette basse sensuelle s’enroulant autour des boucles percussives de Rohrer. Tandis que « Minne » joue sur un registre plus classique que n’aurait pas désavoué John Surman. « Fulminate » s’introduit par une porte japonisante qui continue sur un son de bandonéon étonnant (Gesing ?). Certains morceaux sont très doux et subtils comme « Flimmer » avec un saxophone soprano évanescent ou comme « After You Left » à l’ambiance cinématographique avec ses bruissements de pas ou ce que j’imagine comme tel… Rohrer est excellent dans l’éventail déployé dans « Clouds Below », tandis que le très court « Refraction » mené par Meyer, amène comme un interlude à l’harmonieux : « Sirènes Sacrées ». « What’s We Leave » conclut superbement cet univers que nous quittons à regret.

Au total, un disque fascinant et envoûtant sur une musique d’une grande richesse, très intimiste et évocatrice qui incite au rêve et à l’évasion en permanence. N’est-ce pas là le propre d’un disque réussi ?

. ::Florence Ducommun ::.


Lina NYBERG : « Aerials »

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Lina NYBERG : « Aerials »
Hoob records

Lina Nyberg prend de la hauteur avec cet Aerials effectivement très aérien. Elle rêve d’oiseaux avec Space, premier volume de ce coffret consacré essentiellement à des standards auxquels elle donne une forme très volatile en effeuillant des mélodies tant de fois chantées par les voix du jazz. Elle les transfigure dans un ensemble instrumental tout en légèreté qui échappe aux formes conventionnelles, une recherche qui émane d’un travail en duo avec le guitariste David Stackenäs adaptée ici pour un quintet. Formes subtiles et originales qui révèlent un vrai travail d’artiste et de musicienne comme le confirme le second volet, Birds, escapade poétique dans l’Espace aux confins des rêves, de la mythologie sans oublier les folles aventures humaines comme en témoigne l’hommage à la cosmonaute Valentina « Chayka » Tereshkova (Chayka) ou à l’aviatrice Amelia Earheart qui disparut en 1937 à bord de son avion (The Electra). Pour Birds, elle associe sa voix aux cordes du Vindla String Quartet, proposant une sorte de cantate qui met en évidence le remarquable travail d’écriture et d’arrangement de la musicienne. Une musique écrite à 98% comme elle le note elle-même mais qui sait garder l’esprit libre. Loin des clichés de la « chanteuse de jazz », Lina Nyberg chante avec une force expressive captivante qui met en évidence le fort caractère d’une artiste qui suit sa voie. Si elle n’est pas la plus connue des chanteuses scandinaves en France, cette suédoise est de toute évidence une des plus fortes personnalités dans notre sphère musicale favorite. On notera par exemple qu’elle révéla dans son quintet dès 1990 un jeune pianiste, le regretté Esbjorn Svensson.
Un album tout à fait captivant, une véritable œuvre de création (et de re-création), loin des formes à la mode et des voix formatées pour séduire. Cette dame a quelque chose à dire et à raconter qui émane d’elle-même : c’est bien ce qu’on aime !

. ::Thierry Giard ::.


Isabelle OLIVIER : « Don’t worry, be haRpy – vol.2 »

Isabelle OLIVIER : « Don't worry, be haRpy – vol.2 » -  voir en grand cette image
Isabelle OLIVIER : « Don’t worry, be haRpy – vol.2 »
ENJA Yellowbird
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On aime !

Après le splendide Dodecasongs paru en 2012 qui m’avait beaucoup plu, la harpiste Isabelle Olivier s’est attaquée à un autre projet, un Jazz Oper(h)arpe comme elle se plaît à le dire, en trois volets intitulés Don’t Worry Be Harpy. Librement inspiré du Baron Perché d’Italo Calvino, livre qui l’a accompagnée très jeune à chaque étape de sa vie, ce triptyque donne la mesure du grand talent de la harpiste installée à Chicago pour l’écrire et poser les bonnes questions à travers une fable où le jeune héros décide de vivre dans un arbre. Comment respecter la nature et l’homme ? Comment apprivoiser la liberté ? Le premier projet paru l’an dernier était totalement acoustique pour six musiciens français et américains. Le second volet paru également chez Enja/Yellow Bird et distribué par Harmonia Mundi en France reprend presque fidèlement les compositions du précédent en y intégrant quatre chanteurs de Chicago choisis par audition et les musiciens du Big Sea Band, à savoir Catherine Delaunay aux clarinettes, Johan Renard au violon, Tam de Villiers à la guitare, Benjamin Moussay et Olivier Sens aux effets électroniques, Marc Buronfosse à la contrebasse, et Fabrice Moreau à la batterie. Le troisième volet va être travaillé prochainement en y intégrant des chœurs et le Big Sea Band au complet dans un bouquet final élargi à une vingtaine de musiciens.

Perché, il faut bien l’être un peu, comme le jeune baron Côme Laverse du Rondeau qui bouleverse les codes et nous l’explique dans « Recitativo » ; et quel meilleur terrain que le jazz, esprit libre qui innove sans cesse, pour l’illustrer musicalement ! Les textes en anglais conçus par Isabelle Olivier ont été écrits avec la nécessité d’être compréhensibles par un enfant. Mais peu importe, c’est la puissance de conviction des chanteurs qui emballe l’auditeur avec deux voix d’homme et deux voix de femme en duos entremêlés absolument splendides comme dans « Rock It » ou « Come ». Et que dire du sublime « Horses Life » absent dans le premier disque, qui vous emmène au galop dans une dimension dont vous ne sortirez pas indemne ! Quand on prend la peine d’écouter alternativement la première et seconde version, on est frappé par le côté poétique, presque en haiku, minimaliste du volet 1, où la harpe est plus présente, tandis que le second volet prend chair et vie grâce aux voix qui se positionnent sur les instruments utilisés dans le premier volet. Certains préféreront peut-être la première mouture, d’autres la seconde plus vivante ; mais l’une et l’autre sont comme les deux faces d’une même médaille, indissociables et splendides ! Certainement formidable à écouter également sur scène ! La petite fille que j’étais, sidérée par les sons de la première harpe entendus à l’école maternelle, continue de clamer avec Isabelle Olivier « Don’t Worry, Be Harpy » !!!

. ::Florence Ducommun ::.


STEPS AHEAD & WDR Big Band Cologne : « Steppin’ out »

STEPS AHEAD & WDR Big Band Cologne : « Steppin' out » -  voir en grand cette image
STEPS AHEAD & WDR Big Band Cologne : « Steppin’ out »
WDR Broadcast

1979. Des musiciens de réunissent régulièrement autour du vibraphoniste Mike Mainieri (né à New York en 1938) dans un club de la 7ème avenue : ainsi est né Steps qui devint ensuite un vrai groupe sous le nom de Steps Ahead. En 1983, la formation comprenait rien moins que Michael Brecker, le contrebassiste Eddie Gomez et le batteur, transfuge de Weather Report, Peter Erskine. Au piano, une jeune pianiste du nom d’Eliane Elias donnait la réplique aux percussions-claviers de Mainieri. Le disque qui parut cette année-là sur le label Elektra-Musician reste un enregistrement mythique, un exemple de réussite d’une fusion équilibrée entre jazz acoustique et électrique. Par la suite, on sait que le personnel du groupe se renouvela, Mainieri restant le gardien du temple en même temps que la musique devenait plus « synthétique » dès l’album suivant, Modern Times.
Pour ceux qui, comme votre serviteur, ont été (au moins un temps) captivés par la musique de ce groupe désormais mythique, retrouver Steps enregistré récemment en Allemagne en présence du redoutable WDR Big Band ne laissera sans doute pas indifférent. Les années ont passé mais le musique a gardé sa brillance surtout dans cet écrin de cuivres et d’anches. Plus de pianiste ni de clavier ici mais le guitariste Chuck Loeb qui assure le soutien harmonique avec le professionnalisme qu’on lui connaît, lui qui fut, dans le passé l’invité du groupe. Toujours svelte et très alerte, Mike Mainieri tient les rênes d’un groupe dans lequel chacun semble prendre plaisir à jouer comme en atteste le film tourné pour ARTE lors d’un concert à Cologne au printemps 2016 (voir le film ici !). L’ensemble captive par le savant amalgame de rythmes binaires et ternaires qui caractérise les compositions du groupe reprises et arrangées pour le big band. On retrouvera donc avec plaisir un certain nombre de tubes du groupe et le saxophone de Bill Evans, très en verve et inspiré pour réveiller le souvenir du regretté Michael Brecker. Les solistes du WDR Big Band s’illustrent aussi remarquablement tout au long de cet enregistrement plutôt réjouissant. Pour le plaisir, donc !

. ::Thierry Giard ::.


Références, détails et liens :

Carla BLEY : « Andando el Tiempo »

> ECM - 2487 / Universal

Carla Bley : piano / Andy Sheppard : saxophone ténor et soprano / Steve Swallow : basse

01-03 Andando el Tiempo : 01. Sin Fin / 02. Potación de Guaya / 03. Camino al Volver / 04. Saints Alive ! / 05. 5 Naked Bridges - Diving Brides // Compositions de Carla Bley // Enregistré entre les 4 et 6 novembre 2015 à l’Avatar Studio de New York.

Peter BRENDLER : « Message in motion »

> Posi-Tone - PR8156 / www.posi-tone.com

Peter Brendler : contrebasse / Rich Perry : saxophone ténor / Peter Evans : trompette / Vinnie Sperrazza : batterie /+/ Ben Monder : guitare sur 3, 5, 7 & 9

01. Splayed (Brendler) / 02. Angelica (Duke Ellington) / 03. Stunts And Twists (Brendler) / 04. Ptah The El Daoud (Alice Coltrane) / 05. Easy Way Out (Elliott Smith) / 06. Very Light And Very Sweet (Brendler) / 07. Gimme The Numbers (Brendler) / 08. Didn’t Do Nothing (Brendler) / 09. Lucky In Astoria (Brendler) / 10. Stop Gap (Brendler) // Enregistré à l’Acoustic Studio de Brooklyn (New York - USA) le 6 octobre 2015.

Klaus GESING – Björn MEYER – Samuel ROHRER : « Amiira »

> Arjunamusic - AMAC-CD711 / http://www.kompakt.fm/ (parution le 10 juin 2016)

Klaus Gesing : clarinette basse, saxophone soprano / Björn Meyer : basse électrique / Samuel Rohrer : batterie, percussions

01. Shine on me / 02. Minne / 03. Fulminate / 04. Flimmer / 05. After you left / 06. Source One / 07. Clouds below / 08. Refraction / 09. Sirènes sacrées / 10. What we leave // Enregistré récemment en Suisse (?).

Lina NYBERG : « Aerials »

> HOOB Jazz - HOOBCD057 / www.hoob.net

Lina Nyberg : voix /sur Space : Cecilia Persson : piano / David Stackenäs : guitare / Josef Kallerdahl : contrebasse et basse / Peter Danemo : batterie, percussion, électronique /+/ Vindla String Quartet sur 1 et 7 / Capella Catharinae Choir sur 7 // sur Birds : Vindla String Quartet : Caroline Karpinskaet Maria Bergström : violon / Elina Nygren : alto / Gerda Holmquist : violoncelle /+/ Capella Catharinae Choir sur 9

CD1 Space : 01. Fly Me To the Moon / 02. Tico Tico No Fubá / 03. Where Flamingos Fly / 04. A Nightingale Sang In Berkeley Square / 05. Bye Bye Blackbird / 06. Skylark / 07. Migration - Motacilla Alba / 08. Nightbird
CD2 Birds : 01. The Benu Bird / 02. Everyone Sang / 03. Chayka / 04. The Phoenix / 05. The Kite / 06. Like A Sick Eagle / 07. The Elektra / 08. Murmuration / 09. Motacilla Alba // Enregistré en Suède en 2015.

Isabelle OLIVIER : « Don’t worry, be haRpy – vol.2 »

> Enja Yellowbird - ENJA9743 / Harmonia Mundi (parution le 21/06/2016)

Isabelle Olivier : harpe, composition, arrangements, libretto / Mitchell Owens, Kristiana Rohmer, Sophie Grimm, Lynne Jordan, Saalik Ziyad, Sarah Marie Young : voix / HaRpy choir : chœur / Vincent de Meester : direction de chœur / Catherien Delaunay : clarinettes / Johan Renard : violon / Tam de Villiers : guitare / Marc Buronfosse : contrebasse / Fabrice Moreau : batterie / Céline Grangey : sons acoustiques et électroniques / Benjamin Moussay et Olivier sens : sons électroniques.

01. Intro / 02. Lunch / 03. Alone in a Tree / 04. Tribal Dance / 05. Rock It / 06. Côme / 07. Forest Mood / 08. Waltz / 09. Recitativo / 10. Horses Life / 11. 50/50 / 12. Abstraction / 13. Blues / 14. Don’t Worry, Be HaRpy / 15. Final Song // Enregistré récemment en France (et aux USA ?).

STEPS AHEAD & WDR Big Band Cologne : « Steppin’ out »

> WDR The Cologne Bradcasts / Socadisc

Mike Mainieri : vibraphone / Bill Evans : saxophone ténor / Steve Smith : batterie / Chuck Loeb : guitare / Tom Kennedy : basse / WDR Big Band dirigé par Michael Abene.

01. Pools / 02. Steppish / 03. Blue Montreux / 04. Self Portait / 05. Oops / 06. Beirut / 07. Sara’s Touch / 08. Trains // Enregistré récemment en Allemagne.