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BRUSSELS JAZZ ORCHESTRA avec David LINX - « Brel »

La belgitude éternelle one more time.

D 3 juillet 2016     H 06:00     A Alain Gauthier    


L’Espace Delta du Parc Floral accueille une foule venue écouter le dernier concert du ouiquende dédié au jazz belge et donné par le Brussels Jazz Orchestra. Avec David LINX. Pour célébrer le grand Jacques. Non, pas le Jacques à Dédette. Brel, Jacques Brel.
Un big band moderne à l’ancienne : un trio piano-basse-batterie ( Nathalie LORIERS, Jos MACHTEL, Toni VITACOLONA ) et un treztet de souffleurs : quatre trompettes et bugles (Pierre DREVET, Serge PLUME, Nico SCHEPERS, Jeroen VAN MALDEREN ), quatre trombones (Marc GODFROID, Lode MERTENS, Ben FLERAKKERS, Laurent HENDRICK ), cinq sax ( flûtes et clarinettes ) : Bo VAN DER WERF, Dieter LIMBOURG, Franck VAGANÉE, Bart DEFOORT, Kurt VAN HERCK. Sans oublier les gars du son qui ont fait un boulot de réglage extraordinaire : le son est parfait !!!

Brel fait partie de notre mémoire collective et chacun sait chantonner une bribe de son œuvre impérissable façon musique populaire. Aujourd’hui, inutile d’espérer un copier-coller aux couleurs défraîchies, ici on ne rend pas hommage, ici, on célèbre et on revisite quelques-uns de ses grands succès en les traitant ( bien ) comme des standards du jazz.
Histoire de bien nous faire saisir de quoi il retourne, ce big big band envoie un son monstrueux, rond, plein, comme une énorme bulle de chouime gomme qui nous explose à la gueule. Linx entame Vierzon . Les souffleurs soufflent comme des forcenés du poumon, leurs riffs poussent très fort, Drevet vient nous concocter un solo à se dévisser les lèvres et suit Amsterdam, dans la foulée et en anglais. Y’a même une jolie montée d’un ton, histoire d’entendre que Linx chante juste. Et le public, ça le tire au bord de sa chaise, cette façon d’aller vers plus haut.
Les arrangeurs ont tout compris de leurs prédécesseurs. Dans Le Plat Pays, ils combinent une conversation trio-souffleurs-Linx, et Limbourg vient torturer son sax alto avec une vélocité de sprinteur dans les derniers cent mètres.
Avec Mathilde, cette superbe machine swingue terrible et moment magique : le quintet de sax seul au milieu du monde. Comme un flash back d’autres grandes formations. Loriers se fend d’un solo, appuyée par le bassiste et le drummer ( elle joue terrible cette fille ) et puis, rahan, les cuivres la poussent au cul, ça pétarade, ça cascade, Mathilde est revenue !!!
Les vieux amants sont traités comme une ballade. Normal, à leur âge, ils ont fini de courir. Les trois pupitres de souffleurs donnent dans la douceur tendue, chacun dans son histoire, y’a pas que les vieux amants qui ont connu des amours contingentes, les trompettes s’en foutent des trombones qui se gaussent des sax. Un trombone s’en vient nous raconter un quelque chose d’avant, très doux, si doux qu’on se ferait presqu’avoir, qu’on repiquerait au truc. Ah la vieille peau à mémoire de forme des vieux amants.
Et, ohé, séchez vos larmes de crocodile, on se réveille, foin de la nostalgie : Bruxelles. Comme Mathilde, arrangé pour des costauds. On pourrait presque entendre les suraigus de Maynard Ferguson.
Ces gens-là, avec le piano lancinant, répétitif et les cuivres et leurs sourdines en nappes et un solo terrible au sax baryton.
Il y a Isabelle, aussi, en anglais, et un solo de trompette bouchée qui laisse bouche bée.
David LINX ajoute sa manière à lui de chanter, fidèlement infidèle, ne prenant pas plus de place qu’il n’en faut, au gré des arrangements superbes, sans un instant la jouer mon tour de chant à moi.
On les rappelle, debout ( c’est à la mode ). Loriers y va d’une intro poignante ( elle joue terrible cette fille ) pour Ne me quitte pas.
Entre le souvenir de Brel, de ses interprétations inoubliables et la furia jazzy de cet orchestre, l’émotion émotionnante foisonne-bouillonne et les poitrines s’ouvrent au large de la clairière.

Pour mémoire, les arrangeurs-euses :
Pierre Drevet : La chanson des vieux amants, Mathilde / Dieter Limbourg : Le Plat Pays, Amsterdam / Lode Mertens : La valse à mille temps /Gyuri Spies : Bruxelles, Isabelle / Frank Vaganée : Ces gens-là / Nathalie Loriers : Ne me quitte pas.

Dimanche 26 juin 2016
Parc Floral De Paris
Bois de Vincennes
75012 Paris


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