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Cinq disques et un livre en vitrine - décembre 2017

D 4 décembre 2017     H 13:00     A Florence Ducommun, Jean-Louis Libois, Pierre Gros, Thierry Giard    


Au menu :


Paul BROUSSEAU – Matthieu METZGER : « Source »

info document -  voir en grand cette image info document -  voir en grand cette imageIl est de ces disques une fois écoutés où vous revenez sans cesse et c’est le cas de ce duo avec Paul Brousseau au piano et Matthieu Metzger aux saxophones dont le disque Source est sorti le 3 novembre sur le label Emouvance. Pour ces deux musiciens brillants, ayant fait leurs études ensemble au conservatoire de Poitiers, sélectionnés chacun à l’ONJ, Paul Brousseau dans la promotion suivant celle de Matthieu Metzger et impliqués tous les deux dans divers projets passés ou actuels, seul leur manquait un disque scellant quelque vingt ans de complicité et d’amitié. En duo acoustique cette fois, car ce n’est évidemment pas la première fois qu’ils jouent ensemble. Et le résultat est à la hauteur de leur histoire !
Tout semble naturel et couler de source si on peut dire quand on écoute ce disque où les notes de chacun s’entremêlent tellement spontanément… Quinze compositions nichées dans une belle pochette sobre dont les photos de Samuel Choisy illustrent bien l’esprit : du mouvement, de la délicatesse (Cabin Fever), de la douceur comme dans le si joli titre éponyme, mais aussi de la matière brute (Thollot’s Rhapsody), de l’imagination (le séduisant Fragen), de l’improvisation, des atmosphères très variées comme le souffle de la vie elle-même, oscillant entre la joie (Cascade) ou la mélancolie (Le Siècle), la lumière ou la noirceur (La Confession Négative), le malaise (Otsuki Sama) ou la tendresse pleine de rires d’un dernier morceau en pirouette (Ardea Cinerea). À l’écoute une bonne douzaine de fois, j’ai beaucoup aimé cette création contrastée à deux têtes bien accordées donnant fortement envie d’écouter en concert cette musique à la fois sereine et tourbillonnante, vivante et claire comme une source d’eau vive menant à une rêverie bienfaisante.

Florence Ducommun


Julien LOURAU & THE GROOVE RETRIEVERS : « ...& The Groove Retrievers »

info document -  voir en grand cette imageTel est le titre du dernier opus du saxophoniste Julien Lourau qui convie autour de lui neuf musiciens de tous horizons et pas des moindres : il y a effectivement Antoine Berjeaut à la trompette, Céline Bonacina au saxophone baryton, Jasser Haj Joussef au violon, Mathilda Haynes à la guitare, Felipe Cabrera à la basse, Jon Scott à la batterie, Robert Mitchell au piano, Sebastian Quezada et Javier Campos Martinez aux percussions. En invitée de marque sur trois compositions on y trouve la voix éraflée à merveille de la chanteuse franco-haïtienne Melissa Laveaux. Présenté la première fois à Jazz sous les Pommiers en mai 2016 puis enregistré au Studio de l’Ermitage et sorti le 11 novembre sur le label 2BIRDS1STONE, ce nouveau combo dispense un groove métissé pour ceux qui aiment le mélange de styles. Julien Lourau a un parcours musical très éclectique et riche de tous les horizons visités et musiciens rencontrés, lui qui privilégia les chemins de traverse pour son apprentissage. Cela explique la richesse amenée dans toutes les expériences qu’il entreprend et The Groove Retrievers n’échappe pas à la règle. A l’origine de ce projet la commande de la B.O du film évoquant la Révolution de Jasmin en Tunisie, « Ma révolution » réalisé par Ramzi Ben Slima pour lequel il monta un orchestre multiculturel dont il eût envie de prolonger la vie, réminiscence de son Groove Gang des années 90.
Cette démarche n’est pas neuve évidemment et a été explorée par d’autres grands musiciens avant Lourau. L’Afrique et les Caraïbes sont les racines de cette musique hybride et cela donne toujours un résultat global très puissant. La démarche du saxophoniste s’inscrit dans cette lignée avec dès la première plage une couleur organique amenée par la voix de Melissa Laveaux et le ténor de Céline Bonacina. L’Afrique pulse dans La Congo avec des incantations prenantes comme dans Samuel commencé tout en douceur, composé aussi par le cubain Felipe Cabrera, ou l’ardent et ensorcelant Red Sands de Melissa Laveaux également à la guitare. Son irrésistible Eddie Wildfire en fera danser plus d’un sur les rythmes de rumba. La Gitana Me Ha Dejado, traditionnelle salsa cubaine, est bien défendue par la voix de Sebastian Quezada et une grande cohésion de groupe avec un piano remarquable. Ça pulse très fort dans ce dernier morceau ! Tandis qu’un troublant Tu Mi Turbi composé par Julien Lourau, synthèse parfaite du disque, termine par une salsa au curieux titre italien, ce bien agréable voyage plus cubain qu’africain. Vous écouterez ce disque certainement debout et pris-e d’une curieuse agitation des jambes !

Florence Ducommun


Christophe MONNIOT – Jeff BOUDREAUX – Rhoda SCOTT : « Blanc Cassé »

info document -  voir en grand cette imageDu free au gospel

Du free jazz au gospel ; à moins que ce ne soit l’inverse comme l’histoire du jazz le postule. Et pourtant, c’est bien le saxophoniste remuant Christophe Monniot qui a sollicité l’organiste légendaire Rhoda Scott - la plus française des musiciennes américaines- au terme d’une résidence conclue par un concert en public dans le cadre d’AmphiOpéra de Lyon, en juillet dernier.
Alors entre le free et le gospel, le saxophone et l’orgue Hammond le grand écart ? Pas ici en tous cas car la rencontre entre les deux instrumentistes a malgré tout bien lieu. Sur un terrain neutre ? Pas vraiment non plus. Le répertoire puisant dans la tradition du hard-bop (Mercy,Mercy ,Mercy), du théâtre musical (l’Opéra de Quat’sous), de la comédie musicale (Le Magicien d’Oz)… parlons plutôt d’un terrain d’entente. L’orgue invité de Rhoda Scott n’a pas la prétention d’occuper le devant de la scène face au saxophone virevoltant et toujours sur le vif de Christophe Monniot mais est là pour rappeler ce soubassement populaire, ses racines dont elle est elle-même un artisan et dans lequel l’énergie et l’invention du saxophoniste s’origine. Aidé en cela aussi, par la présence- quoique discrète- du plus parisien des batteurs de Louisiane, Jeff Boudreaux. Donc pas de hiatus à l’arrivée mais un tremplin pour les envolées lyriques de Christophe Monniot. Le lyrisme précisément, l’un des maîtres-mots nous semble-t-il, qui allié aux improvisations en tous genre (ainsi un saxo aux accents de Jimi Hendrix) loin de le faire basculer dans l’expérimentation pure, donne sa cohérence à l’ensemble du trio et à son répertoire. Il est vrai que l’organiste invitée n’est pas à sa première confrontation avec le jazz moderne ainsi qu’en témoigne son récent Lady Quartet aux côtés des jeunes saxophonistes Sophie Alour et Géraldine Laurent par exemple.
En conclusion, un bel exercice d’équilibrisme réussi entre ces deux temporalités et ces deux univers du jazz. Ou bien encore un exercice réussi de métissage musical, si l’on en croit le titre de l’album.

Jean-Louis Libois


ROUND TRIP TRIO + Jason PALMER : « Traveling High »

info document -  voir en grand cette imageLe Round Trip Trio s’est forgé une identité bien particulière, celle de collaborer avec des musiciens américains au retour du batteur Julien Augier des États-Unis où il a passé douze ans. Imaginé avec le pianiste Bruno Angelini et le contrebassiste Mauro Gargano, le trompettiste Jason Palmer est le premier à se prêter au jeu qui en vaut la chandelle pour un disque sorti le 9 octobre sur Fresh Sound Records. L’idée n’est pas neuve soit, mais toujours intéressante quand on sait que l’élément étranger apportera toujours du sang neuf et bousculera les règles établies. Et Jason Palmer sait y faire en la matière avec sa jeunesse (c’est lui le plus jeune des quatre musiciens) et son « pedigree » très impressionnant. À ses côtés pour le mettre en valeur, trois musiciens hors-pair également aux histoires qui se croisent (Bruno Angelini était au jury du concours du CNSM de Paris où Mauro Gargano remporta le premier Prix). Julien Augier né à Marseille comme le pianiste, a quant à lui choisi d’intégrer le Berklee College of Music de Boston pour revenir en France après être passé par New-York.
Huit compositions amenées par chacun dont deux reprises, très cohérentes avec un mot-clé : l’élégance sur une ligne de trame soutenue par la trompette de Palmer toujours nette et claire qui annonce la couleur dès Falling In écrit par ce dernier. Dès lors la synergie s’installe dans un jeu à quatre où personne ne vole la vedette. Dans In a Certain Way, ce sont en effet le batteur puis le contrebassiste qui déroulent leur tapis sous les pieds du trompettiste avec le regard bienveillant et discret du pianiste qui s’impose un peu plus tard. Gageons que le brillant et posé Otranto est né sous les doigts de l’italien Gargano ? Mon admiration monte encore d’un cran sur la si jolie composition de Duke Ellington Come Sunday en duo piano-trompette plein de mélancolie, puis sur L’Indispensable Liberté parfaitement équilibrée sur sa ligne mélodique très chantante où les quatre musiciens sont en accord total. C’est également le cas de Jtrio écrit par le batteur. Third Shift écrit par le trompettiste accentue l’étendue de son registre impeccable. Enfin, la reprise de Tres Palabras du cubain Osvaldo Farrés conclut joliment en trois mots presque trop courts cette superbe initiative hélas éphémère...

Florence Ducommun


Hervé SELLIN : « Passerelles »

info document -  voir en grand cette image info document -  voir en grand cette imageL’utilisation littérale du matériau classique dans le jazz nous a souvent laissé circonspect et le plus souvent renvoie à un appauvrissement surtout quand il se veut sérieux ou par trop révérencieux. L’inverse est tout aussi vrai, à titre d’exemple le ragtime de L’Histoire du Soldat de Stravinsky est celui d’une interprétation fantasmée, l’Ebony Concerto du même Stravinsky est l’œuvre de quelqu’un ayant été cette fois en prise direct avec les plus grands interprètes du jazz. Saluons les réussites, le Concerto for Cootie d’Ellington, le Birth of The Cool de Miles Davis, les inspirations orchestrales et thématiques de Gil Evans ou encore le contrepoint d’André Hodeir, plusieurs façons de marier subtilement écriture et swing sans oublier Maurice Ravel qui a su parsemer certaines de ses compositions de ce qui faisait son époque.
Il convient donc de se montrer exigeant, accepter les passerelles tout en refusant la vulgarité ou l’affadissement et rendre grâce au travail entrepris quand il sert le propos.
Hervé Sellin par sa science des deux mondes a réussi dans son entreprise là où beaucoup ont échoué à savoir allier jazz et musiques classiques européennes sans donner l’impression d’un mariage forcé. Dirons-nous simplement qu’Hervé ici fait irradier les thématiques, un alliage entre scènes d’enfants, humour et mystère. Passerelles est dans ce sens un disque éminemment jazzistique et swinguant. Qu’il parcoure Schumann, Dutilleux, Satie ou Debussy est une preuve pour nous de ce qui fait la valeur de cet art musical que nous aimons, accueillir sans frontières et sans œillères les influences d’où quelles viennent pourvu que cela soit fait avec naturel et distinction. Et surtout malgré la complexité jamais ressentie de la musique ici proposée, son intelligence, il y a la gourmandise du jeu en groupe, l’écoute et la rigueur sans quoi rien ne serait possible. Une forme de pied de nez au monde qui nous entoure et on s’en lèche les babines.

NB : On (re)lira aussi la chronique du disque d’Hervé Sellin Quartet, « Always Too Soon – Dedicated To Phil Woods » paru le même jour que Passerelles (par Jean-Louis Libois - 20 novembre 2017 - OUI ! aussi !

Pierre Gros


« Jazz » - Les photographies de Ted Williams

info document -  voir en grand cette imagePresque 2,5 kg tout de même pour ce beau livre ! Une masse imposante de photographies réalisées sur une trentaine d’années par le photographe américain Ted Williams. Né en 1925, ce photographe d’origine afro-américaine a fixé sur la pellicule des scènes de guerre, des exploits sportifs, des événements mais il avait la passion du jazz et s’est montré fasciné par les musiciens qu’il a côtoyés en grand nombre essentiellement des années 40 à la fin des années 70 (voire au début des années 80 car Wynton Marsalis y figure). Le livre qui vient de paraître aux éditions Gründ est une impressionnante galerie de portraits, d’instants saisis, de séances de prises de vues dans les clubs, les salles de concerts, les festivals, de nuit avec un talent évident pour saisir la lumière des concerts mais aussi en extérieur pour capter des instants de vie, des situations. Il comporte assez peu de texte, essentiellement quelques citations, commentaires d’images par le photographe ou extraits de presse. Si le noir et blanc est largement dominant, quelques beaux clichés attestent du talent du photographe pour traiter également la couleur. Le contenu iconographique et thématique montre que Ted Williams a délimité son champ d’action au jazz mainstream puisqu’on ne retrouve aucune trace de ceux qui constituaient l’avant-garde du jazz au cours des années 50 et 60. John Coltrane n’y figure qu’en qualité de sideman de Miles Davis : la « New Thing » était-elle hors de son univers ? Sachant cela, cet ouvrage est néanmoins captivant avec une belle collection des clichés de celui que Julian « Cannonball » Adderley qualifiait de « meilleur photographe de jazz au monde ».

Thierry Giard


Références, détails et liens :

Paul BROUSSEAU – Matthieu METZGER : « Source »

> Voir aussi la Pile de disques d’octobre 2017, ici...

> Émouvance - emv 1039 / Socadisc – Absilone

Paul Brousseau : piano / Matthieu Metzger : saxophones

01. Cabin Fever / 02. Salon des refusés / 03. Whole Blues / 04. Source / 05. Khephren / 06. Thollot’s Rhapsody / 07. Fragen / 08. Le plateau de Thorus / 09. Cascade / 10. Le siècle / 11. La confession négative / 12. T42 / 13. 240 / 14. Otsuki Sama / 15. Ardea Cinerea // Compositions de Paul Brousseau et Matthieu Metzger // Enregistré au Studio Home Sweet Home, Paris les 11 et 12 novembre 2015.

Julien LOURAU & THE GROOVE RETRIEVERS : « Groove retrievers »

> 2birds1stone Productions

Julien Lourau : saxophones ténor et soprano / Antoine Berjeaut : trompette / Céline Bonacina : saxophone baryton / Jasser Haj Joussef : violon / Mathilda Haynes : guitare / Felipe Cabrera : basse / Jon Scott : batterie / Robert Mitchell : piano / Sebastian Quezada et Javier Campos Martinez : percussions /+/ Melissa Laveaux : voix, guitare

01. Kunnossa - Gafieira Universal Medley / 02. La Congo / 03. La gitana me ha dejado / 04. Samuel / 05. Red Sands / 06. Eddie Wildfire / 07. Mah-ore / 08. Tu mi turbi (Intro) / 09. Tu mi turbi // Enregistrement récent, lieu non précisé.

Christophe MONNIOT – Jeff BOUDREAUX – Rhoda SCOTT : « Blanc Cassé »

> Sergent Major Company - SERG186 / EMI – www.sergentmajorcompany.com

Christophe Monniot : saxophones, synthétiseur / Jeff Boudreaux : batterie / Rhoda Scott : orgue Hammond B3.

01. Mack the Knife (Weill-Brecht) / 02. Amazing Grace (trad.) / 03. Improvisation à 2 voix (Monniot) / 04. Chameleon (Hancock) / 05. Before Over (Monniot) / 06. Over The Rainbow (Arlen-Harburg) / 07. Blanc Cassé (Monniot) / 08. Mercy Mercy Mercy (Zawinul) // Enregistré récemment au Triton (Les Lilas – 93).

ROUND TRIP TRIO + Jason PALMER : « Traveling High »

> Voir aussi la Pile de disques de novembre 2017, ici...

> Fresh Sound New Talent - FSNT529 / Socadisc

Jason Palmer : trompette / Bruno Angelini : piano / Mauro Gargano : contrebasse / Julien Augier : batterie.

01. Falling In (Palmer) / 02. In A Certain Way (Palmer) / 03. Otranto (Gargano) / 04. Come Sunday (Ellington) / 05. L’Indispensable Liberté (Angelini) / 06. Jtrio (Augier) / 07. Third Shift (Palmer) / 08. Tres Palabras (Farrès) // Enregistré au studio Bopcity (Le Pré-Saint-Gervais-93) en février 2016.

Hervé SELLIN : « Passerelles »

> Voir aussi la Pile de disques de novembre 2017, ici...

> Cristal Records - CR 264 / Sony

Hervé Sellin : piano / Fanny Azzuro : second piano / Rémi Fox : saxophone soprano / Emmanuel Forster : contrebasse / Kevin Lucchetti : batterie

01. Hommes et Pays Étrangers (D’après R. Schumann) / 02. Cache-cache (D’après R. Schumann) / 03. L’enfant qui prie (D’après R. Schumann) / 04. Rêverie (D’après R. Schumann) / 05. Le Poète parle (D’après R. Schumann) / 06. Troisième Gnossienne (Satie) / 07. Choral et Variations (Dutilleux) / 08. Prélude à l’après-midi d’un Faune (Debussy) // Enregistré au Studio de Meudon (92-France) les 8 et 10 mars 2017.

« Jazz » - Les photographies de Ted Williams

> Editions Grund - Format 237x300 mmm, 352 pages. - ISBN : 978-2-324-02083-4 - 39,95€

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