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La vitrine de décembre 2012 : 9 disques.

Des disques pour terminer une belle année...

D 18 décembre 2012     H 17:27     A Pierre Gros, Thierry Giard    


Une sélection de neuf disques récents pour ce mois de décembre 2012 :

Sommaire :

Et consultez aussi notre « Pile de Disques », mois par mois !


BARBACANA : « Barbacana »

BARBACANA : « Barbacana » -  voir en grand cette image
BARBACANA : « Barbacana »
Label Babel / www.babellabel.co.uk

Voilà ce qu’on pourrait appeler un « projet Eurostar ». Grâce au tunnel, les musiciens britanniques et français s’associent de plus en plus souvent et construisent à leur façon une branche « underground » de l’Europe de la culture !
On retrouve ainsi Matthew Bourne avec Laurent Dehors, Robin Fincker à Londres avec Loop Collective, Loop en France avec le collectif Coax et, dans le cas que nous présentons ici, Kit Downes et James Allsopp avec nos frenchies Adrien Dennefeld et Sylvain Darrifourcq pour composer Barbacana.
Publié sur le très dynamique (et londonien) Label Babel, cet album est une vraie boîte à surprises. La musique qu’on y découvre n’a pourtant rien d’un bric-à-brac sorti du coffre à jouets d’enfants espiègles et pourtant on pourrait le croire à la première écoute. Chaque titre est un construit sur un maillage serré de sonorités assemblées méthodiquement. Des structures rythmiques souvent répétitives, des cellules mélodiques se soudent et se scindent, des moments d’errance mènent sur de nouveaux espaces aux climats changeants. Les musiciens interagissent avec une grande liberté dans une atmosphère toujours contenue, sans coups d’éclats (ce que certains pourront regretter).
Barbacana invente une architecture sonore singulière reposant sur des fondations à l’instabilité très maîtrisée (Sylvain Darrifourcq en maître des rythmes bizarres), habitée par les sonorités croisées des claviers de Kit Downes (musicien à l’inventivité débridée ici et pianiste remarquable ailleurs), des cordes d’Adrien Dennfeld et des anches de James Allsopp. Rien que de très brillants musiciens plus soucieux de défricher des sentiers broussailleux que d’emprunter les voies du conformisme musical.
Pour ceux qui craindraient de s’égarer à l’écoute de ce disque, on évitera de chercher ses références dans le swing pur et dur ! On se place plutôt dans la continuité des formations mythiques du rock-progressif des seventies (de Soft Machine à Hatfield & The North et consorts) avec une pincée de Michael Nyman, Steve Reich et autres penseurs du minimalisme en musique sans oublier les polyinstrumentisme venu du free et des musiques créatives.
Un projet qui ne manque pas de caractère et qu’on espère découvrir sur scène. Ce disque ne peut que nous y inciter.

. ::Thierry Giard ::.

> BARBACANA : « Barbacana » - Label Babel BVD13118 / www.babellabel.co.uk

James Allsopp : saxophone ténor et clarinette basse / Sylvain Darrifourcq : batterie, objets, jouets / Adrien Dennefeld : guitare, violoncelle / Kit Downes : orgue, clavier, piano préparé

01. Animation (Downes) / 02. Steam (Downes) / 03. Adobes (Dennefeld) / 04. Barbacana (V. Clastrier) / 05. For No Raisin (Allsopp) / 06. Migration-Big BIG Shop (Downes/Allsopp) / 07. Outro (Dennefeld)

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Lionel BELMONDO Trio : « Plays European Standards »

Lionel BELMONDO Trio : « Plays European Standards » -  voir en grand cette image
Lionel BELMONDO Trio : « Plays European Standards »
Bflat Records / Discograph

Depuis le projet « Hymne au Soleil », formation co-dirigée par Lionel Belmondo et son frère Stéphane, on sait que les Belmondo sont de fins gourmets en terme de musique. Il savent apprécier et mettre en valeur les belles et bonnes choses pour faire partager leur passion.
Cette fois, plus d’orchestre, juste un trio. Le dépouillement d’une formule minimale pour une musique qui n’a rien de minimaliste.
Saxophoniste ténor et soprano mais aussi flûtiste (Élégie de Fauré et Prélude de Chopin), Lionel Belmondo a choisi de baser le répertoire de ce disque sur des thèmes extraits d’œuvres des grands compositeurs « classiques » : Bach, Brahms, Wagner, Schubert, Tchaïkovski, Rachmaninov, Chopin et Fauré (déjà cités).
Il y ajoute deux de ses compositions qui s’incluent dans l’ensemble avec plus ou moins de bonheur (on s’interroge sur la présence de « Désillusion », un peu « raide » dans ce contexte).
On apprécie l’aspect « naturel » de cette musique qui évite tout artifice et sait mettre en valeur la sonorité de chaque instrument de manière équilibrée (le trio est un exercice délicat !). Lionel Belmondo a su extraire des œuvres choisies un bel ensemble de thèmes qu’il a adaptés pour qu’ils se prêtent à l’exploration collective sans freiner l’improvisation. On oublie les sources pour écouter la musique s’écouler et suivre son propre cheminement.
Le saxophoniste-flûtiste s’exprime avec une sonorité chaleureuse portée par une respiration naturelle. Il est remarquablement accompagné par Sylvain Romano et Laurent Robin, une rythmique qui a su intégrer la dimension de ce projet qui, pour être ambitieux, a pour qualité essentielle de rester simple et sobre.
Un disque qui s’écoute avec plaisir et qui recèle de bien jolies choses.

. ::Thierry Giard ::.

> Lionel BELMONDO Trio : « Plays European Standards » - Bflat Records 6106985 / Discograph

Lionel Belmondo : saxophones ténor et soprano, flûte et flûte alto

01. Passionate (Belmondo/Brahms) / 02. Cercle Mineur (Belmondo) / 03. The Love Of a Dead Man (Belmondo/Tchaikosky) / 04. Elegie pour violoncelle et orchestre (G. Fauré) / 05. Désillusion (Belmondo) / 06. Serenade (F.P. Schubert) / 07. Come Sweet Death (J.S. Bach) / 08. Prelude (F. Chopin) / 09. Assimilation ( Belmondo/Rachmaninov) / 10. Song of the Evening Star (R. Wagner) / 11. In the Bleak Midwinter (G. Holst)

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Frédéric BOREY : « The option »

Frédéric BOREY : « The option » -  voir en grand cette image
Frédéric BOREY : « The option »
French Sound New Talent / SocaDisc

The Option, cinquième album du saxophoniste Frédéric Borey.

Compositions bien construites, jamais banales, mise en scène intelligente, ce disque d’un certain classicisme formel (thème-solo-tutti-solo-thème), s’écoute sans ennui, évite le banal, le déjà dit.
L’intérêt y est constamment entretenu par de belles mélodies, des orchestrations, des textures (du sextet au quartet), des ostinatos rythmiques, par l’inspiration sans faille des solistes : excellent Florent Nisse, incisive Camilla Ben Naceur, précise Indar Fridman qui ont des histoires à raconter, sans omettre un solide Stefano Lucchini à la batterie.
Cette veine musicale Bebop, Postbop, Hardbop, Blue Note, c’est celle d’un musicien que l’on devine sérieux et rigoureux dans sa démarche à l’instar d’un Lee Konitz ou d’un Jerry Bergonzi, qui creuse patiemment un sillon et dont nous pourrons, espérons le, apprécier les fruits et les développements dans de nombreux concerts en cette année 2013. Il(s) le mérite(nt).

Et nous écouterons alors sans relâche Olinka la belle ballade « shorterienne » qui clôture ce disque et peut justifier à elle seule l’achat. Pour l’aventure, la prise de risque attendons le prochain opus.

. ::Pierre Gros ::.

> Frédéric BOREY : « The option » - French Sound New Talent FSNT-416 / SocaDisc

Frédéric Borey : saxophones, compositions / Indar Fridman : guitare : Camelia Ben Naceur : piano / Florent Nisse : contrebasse / Stefano Lucchini : batterie / + invités sur plages 1 et 4 : Yoann Loustalot : bugle / Michael ballue : trombone

01. My home / 02. The option / 03. Lo Zio / 04. Earth complains / 05. The tightrope walker / 06. Endless trail : 07. mr J. R / 08. Still raining / 09. No nap / 10. Olinka

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Richard BONNET & Tony MALABY Duo : « Haptein »

Richard BONNET & Tony MALABY Duo : « Haptein » -  voir en grand cette image
Richard BONNET & Tony MALABY Duo : « Haptein »
Futura & Marge

Un voyage aux États-Unis, une rencontre fortuite, peu de mots échangés, le parti pris évident de ne rien dire, d’échanger très peu de mots et de se retrouver autour du micro pour laisser libre cours à son imagination, de prendre tous les risques.
Ce disque radical sait se faire désirer et il faut plusieurs écoutes pour s’y retrouver et apprécier ces moments qui ne laissent jamais indifférent. Les sons se croisent ou s’enlacent, s’enroulent sur eux même pour mieux se séparer et reprendre leurs libertés qui les distingueront à nouveau.
Les sons travaillés,distordus, suaves de la guitare de Richard Bonnet ou écorchés vifs du saxophone de Tony Malaby.
Les sons rock, pop, jazz.
Et l’on sent sourdre de cette musique de l’instant, bouillonnante et sans concession, ce désir d’ailleurs dont on a déjà eu un premier aperçu comme relaté à Granville (ici).
On attend la suite et mon petit doigt me dit qu’on l’on pourrait avoir d’autres enregistrements d’ici peu. L’ouvrage est en marche.

. ::Pierre Gros ::.

> Richard BONNET & Tony MALABY Duo : « Haptein » - Futura & Marge Hôte Marge 04 / disponible sur futuramarge.free.fr

Richard Bonnet (guitare électrique 7 cordes) & Tony Malaby (saxophones ténor & soprano)

01. Verticale de l’Instant / 02. Synapse / 03. Gaba / 04. Kaïnate / 05. MPFC /
06. Mécanismes Inconscients / 07. LOFC / 08. Vibrations / 09. DLPFC /
10. Intelligence Divergente / 11. Flot Psychologique / 12. Trains D’ondes /
13. Extase de L’éphémère
// Enregistré le 17 avril 2012 au John Kilgore Sound & Recording studio à New York (USA) Produit par Richard Bonnet & Gérard Terronés


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DICE FACTORY : « Dice factory »

DICE FACTORY : « Dice factory » -  voir en grand cette image
DICE FACTORY : « Dice factory »
BABEL LABEL / www.babellabel.co.uk

Le label Babel est décidément un vecteur important pour la diffusion du (jeune) jazz britannique. Ses productions permettent ainsi de découvrir de nouvelles formations prometteuses ou des suivre des musiciens qui ont déjà fait parler d’eux (Billy Jenkins, Acoustic Ladyland etc.).
Nous découvrons ainsi le quartet Dice Factory qui adopte une formule instrumentale assez conventionnelle pour développer une musique vraiment personnelle et ça, c’est plutôt engageant !
Les compositions sont dues à trois des membres du groupe à l’exception du batteur. La cohésion esthétique est totale et on sent que ces musiciens ont un solide bagage et des références communes partagées. Les remerciements adressés à leurs professeurs, des amis musiciens et au Collectif Loop prouvent que ces quatre instrumentistes assument totalement leur cheminement.
La musique de Dice Factory ne vient pas d’un jeu de hasard : cette « usine de dès » produit une musique bien carrée mais chacune de ses facettes laisse beaucoup de place à la libre expression de chacun des membres.
Le batteur Jon Scott installe des structures rythmiques souvent complexes et denses sur lesquelles évoluent ses complices. Tom Farmer stabilise l’ensemble avec des lignes de contrebasse sobres et assurées pendant que le pianiste George Fogel installe un canevas harmonique qui joue subtilement des dissonances. Le saxophoniste ténor Tom Challenger place les lignes mélodiques qui dessinent les contours de compositions souvent anguleuses.

Un beau travail collectif présenté dans un disque qui livrera toute sa richesse au fil d’écoutées répétées.
À découvrir : la curiosité sera récompensée !

. ::Thierry Giard ::.

> DICE FACTORY : « Dice factory » - BABEL LABEL BDV12110 / www.babellabel.co.uk

Tom Challenger : saxophone ténor / George Fogel : piano / Tom Farmer : contrebasse / Jon Scott : batterie

01. Heyu Nantucket / 02. Gooch / 03. Saribund / 04. You’re lucky / 05. Eternal sleep / 06. Zout / 07. Eternal moment / 08. Pipes / 09. T.N.G / 10. Saribund (Coda)

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Antoine HERVÉ : « PMT QuarKtet »

Antoine HERVÉ : « PMT QuarKtet » -  voir en grand cette image
Antoine HERVÉ : « PMT QuarKtet »
RV productions / Harmonia Mundi

Leçon de jazz : Antoine Hervé est un pianiste, compositeur, chef d’orchestre, pédagogue, conférencier français au vécu musical enviable et respectable. Actif, très réfléchi et pas indifférent à l’humour !
Suite des épisodes récents : Antoine Hervé s’est fait une spécialité des « Leçons de Jazz » dans lesquelles il excelle en direct devant un public, comme sur DVD pour présenter avec sérieux et un peu de fantaisie la vie et l’œuvre de célèbres musiciens (de jazz et des environs).

Dans le passé, ce pianiste a beaucoup joué sa musique et pas seulement celle des autres et l’envie lui revient à échéances régulières de cultiver des projets personnels un peu « différents ». C’est ainsi que paraît aujourd’hui le disque du PMT QuarKtet, formation qui vit et vibre épisodiquement depuis plusieurs années.
Pourquoi ce titre direz-vous ? Un petit décodage s’impose. PMT pour Pierre et Marie Tuerie... Humour : Curie/Tuerie !... Comme aurait dit Boby L. « son cœur pleure mais sa bouche rit ! ».
Voilà donc un disque qui pourrait être scientifiquement saignant car dans le laboratoire du Docteur Hervé on trouve des instruments acoustiques, à anches, cordes, peaux etc. mais aussi un dispositif informatique piloté par Madame Véronique Wilmart, « l’acousmaticienne bouclophoniste » qui met les mains dans les sons pour mieux les pétrir.
Laboratoire de charcutier ou pâtisserie ? C’est un peu les deux car cette musique n’est pas si tueuse qu’on l’annonce. Ce QuarKtet ne travaille pas de la matière morte. À quatre ils inventent une vie musicale nouvelle et s’émerveillent de leurs créations en espérant faire partager leur plaisir (en conviant virtuellement des copains samplés comme Michel Benita...).
Ce disque, propose une musique originale nourrie de multiples influences (Weather Report quand Jean-Charles Richard est au soprano et distille des notes flottantes à la W. Shorter...). Une musique joyeuse et pleine de vie comme dans Les Triplettes de Barbès (allusion à celles de Belleville dans un film d’animation célèbre et plein d’humour), très ancrée dans le jazz mais de manière souvent distanciée par l’apport des sons inventés par Véronique Wilmart (dont les recettes musicales sont irrésistibles !).

Un album d’une grande diversité dans son unité esthétique servi par une équipe très complice au talent indiscutable.

. ::Thierry Giard ::.

PS : Décodage, la suite : QuarKtet ?... Peut-être une piste ici ?

> Antoine HERVÉ : « PMT QuarKtet » - RV productions RVC 123 / Harmonia Mundi

Véronique Wilmart : ordinateur – acousmatique / Jean-Charles Richard : saxophone soprano et baryton / Philippe « Pipon » Garcia : batterie / Antoine Hervé : piano, claviers, direction artistique

01. Parallèles / 02. Swim & swing / 03. Les triplettes de Barbès / 04. Reflets / 05. Multitudes / 06. Transe n’dance / 07. Canal saint Martin / 08. Dubbin’high / 09. Tag / 10. Broke Jim’s 2T waltz / 11. Ministère des loops / 12. Choral élastique / 13. Last confidences

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Ibrahim MAALOUF : « Wind »

Ibrahim MAALOUF : « Wind » -  voir en grand cette image
Ibrahim MAALOUF : « Wind »
Mi’ster Productions / Harmonia Mundi

« Je dédie cet album à Miles Davis dont le génie a complètement inspiré mes compositions. » À l’écoute de ce disque qui est en fait la musique d’un film muet, « La Proie du Vent » de René Clair, on se dit que la dédicace est évidente, honnête et sans doute sincère. L’ambiance évoque inévitablement « Ascenseur pour l’Échafaud », film de de Louis Malle, musique de Miles Davis.
En 1957, Miles avait enregistré la musique du film à Paris avec des musiciens français. Ibrahim Maalouf est allé, lui, à New-York accompagné de Frank Woeste pour retrouver deux musiciens américains : le contrebassiste Larry Grenadier et son complice du trio « Fly », le saxophoniste Mark Turner.
« C’est la première fois que j’enregistre un album en live studio, avec tous les musiciens sur place en même temps » ajoute le trompettiste. « C’est une première à plus d’un titre ».
Pour nous aussi, c’est bien la première fois que nous prenons plaisir à écouter et réécouter un disque de ce trompettiste qui, jusqu’alors ne nous avait touché, c’est le moins qu’on puisse dire (« Diagnostic »- chronique octobre 2011). Cette fois, il y a indiscutablement une ambiance, un souffle et même une âme qui traverse cet album à l’ambiance très cool mais jamais ennuyeuse. La prise de son est irréprochable, claire et limpide et, dans ce contexte, Maalouf fait merveille avec sa fameuse trompette à quart de ton (une différence notable par rapport au modèle davisien).
La présence de Frank Woeste, complice habituel du leader, donne une stabilité et un équilibre à cette entreprise. Les deux américains, esprit ouvert, expertise technique indiscutable sont entrés dans le jeu sans peine... mais avec une relative réserve. Mark Turner reste globalement « un peu en dedans » mais c’est sans doute l’esprit du projet.

Un beau disque qui pourra vous charmer sans peine... à moins que le cool vous lasse ?

. ::Thierry Giard ::.

> Ibrahim MAALOUF : « Wind » - Mi’ster Productions IBM4 / Harmonia Mundi (parution le 06/11/12)

Ibrahim Maalouf : trompette , compositions (dédiées à Miles Davis) / Frank Woeste : piano / Mark Turner : saxophone / Larry Grenadier : contrebasse / Clarence Penn : batterie

01. Doubts / 02. Suspicions / 03. Waiting / 04. Questions & Answers / 05. Waiting 2 / 06. Excitement / 07. Certainty / 08. Sensuality / 09. Issues / 10. Surprises / 11. Doubts 2 / 12. Mystery

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MAGICO (Jan GARBAREK – Egberto GISMONTI – Charlie HADEN) : « Carta de Amor »

MAGICO – Jan GARBAREK – Egberto GISMONTI – Charlie HADEN : « Carta de Amor » -  voir en grand cette image
MAGICO – Jan GARBAREK – Egberto GISMONTI – Charlie HADEN : « Carta de Amor »
ECM / Universal Music France

Un de ces assemblages « maison » réalisés par Manfred Eicher pour le label ECM. Ça a fonctionné et cet enregistrement le prouve.
Après deux albums à succès enregistrés en 1979, le premier en juin, « Magico », et le second en novembre, « Folk Songs », Charlie Haden (l’étatsunien), Egberto Gismonti (le brésilien) et Jan Garbarek (le norvégien) se retrouvaient sur la scène de l’Amerika Haus de Munich en avril 1981.
C’est cet enregistrement « live » qui est publié aujourd’hui, soigneusement retravaillé à partir des bandes analogiques originales.
Il nous semble bien percevoir aujourd’hui la forte présence de Gismonti qui impulse une énergie qui faisait de lui, alors, un musicien très recherché sur les scènes européennes. Charlie Haden et Jan Garbarek ne sont pas en reste pour autant. Le contrebassiste retrouve ici l’esprit « universaliste » qui faisait la force de son Liberation Music Orchestra et le saxophoniste, amateur de folk songs, n’est jamais déplacé dans ce contexte.
À notre époque où la world-music un peu insipide est encore au goût du jour, on apprécie de retrouver la farîcheur de cette musique qui donnera sans doute envie de se replonger dans les œuvres personnelles de chacun des membres de ce trio.

. ::Thierry Giard ::.

> MAGICO – Jan GARBAREK – Egberto GISMONTI – Charlie HADEN : « Carta de Amor » - ECM – 2 CD 278 9004 / Universal Music France (parution le 05/11/12)

Jan Garbarek : saxophones ténor et soprano / Egerto Gismonti : guitares et piano / Charlie Haden : contrebasse

CD1 : 01. Carta de Amor (Gismonti) / 02. La Pasionaria (Haden) / 03. Cego Aderaldo (Gismonti) / 04. Folk Song (trad. arr. Garbarek) / 05. Don Quixote (Gismonti) / 06. Spor (Garbarek) //

CD2 : 01. Branquinho (Gismonti) / 02. All that is Beautiful (Haden) / 03. Palhaço (Gismonti) / 04. Two Folk Songs (trad. arr. Garbarek) / 05. Carta de Amor, var (Gismonti) // Enregistré en concert à Münich en avril 1981 – inédit

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Peter VAN HUFFEL’S GORILLA MASK : « Howl ! »

Peter VAN HUFFEL'S GORILLA MASK : « Howl ! » -  voir en grand cette image
Peter VAN HUFFEL’S GORILLA MASK : « Howl ! »
Between The Lines / DistrArt

Nous avions découvert le saxophoniste allemand Peter Van Huffel avec le disque « Like the Rusted Key » (2010), qui nous avait vraiment captivé.
Cette fois, il délaisse la quartet pour une formule en trio saxophone alto / contrebasse / batterie beaucoup plus « sauvage » comme l’évoque l’intitulé de l’album. En fait, selon une stratégie bien connue, on entame les hostilités par un titre coup de poing assez saignant sur une thème minimaliste (Legendarious) pour mieux distiller ensuite des ambinaces plus appaisées.
Ce masque de gorille, c’est un peu celui de King Kong effrayant, méchant en apparence mais un tendre en réalité... C’est ainsi qu’on peut aborder ce disque en se laissant embarquer, chahuter dans une ambiance cahotique entre tourmente et moments de calme relatif (Fire Burning, plus flottant). On sent une inclinaison pour les rythmiques dures et lourdes (Dirty City) mais aussi pour les développements libres, voire libertaires (Monkey’s Revenge et Haven’t You learnt...).
Un trio qui ne manque pas de fougue emmené par un saxophoniste au jeu très expressif, voir expressionniste, mais cette musique sans concessions et assez agitée nous semble moins personnelle que celle du disque précédent. Une impression de déjà entendu dans le genre power trio free-rock-grunge...

. ::Thierry Giard ::.

Peter VAN HUFFEL’S GORILLA MASK : « Howl ! » - Between The Lines BTLCHR 71232 / DistrArt

Peter Van Huffel : saxophone alto / Roland Fidezius : contrebasse, bruitages / Rudi Fischerlehner : batterie et percussion

01. Legendarious / 02. Z / 03. Fire Burning / 04. Monkey’srevenge / 05. Dirty City / 06. Haven’t You Learned Your Lesson Yet / 07. Iggy’s Secret / 08. Fucked / 09. Angry Monster

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