« Le jazz tisse sa toile... »
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Vitrine de janvier 2013 : dix disques

Bouquet de chroniques : les « OUI » fleurissent...

D 17 janvier 2013     H 17:04     A Edouard Hubert, Jean Buzelin, Pierre Gros, Thierry Giard    


Pour débuter 2013, dix chroniques de disques aux caractères bien marqués et bien différents.
Une brassée de « OUI ! » enthousiastes car on aime vraiment cinq de ces disques.

Sommaire :

Retrouvez certains de ces disques et d’autres dans le « Pile de Disques » mensuelle de CultureJazz.fr. (ICI !)


Ron CARTER GOLDEN STRICKER TRIO : « San Sebastian »

Ron CARTER GOLDEN STRICKER TRIO : « San Sebastian » -  voir en grand cette image
Ron CARTER GOLDEN STRICKER TRIO : « San Sebastian »
IN+OUT Records / Orkhêstra

Ce trio emprunte son nom à une composition du pianiste John Lewis interprétée en conclusion de ce disque live : The Golden Stricker. L’écriture raffinée et swinguante du pianiste du Modern Jazz Quartet colle bien à l’esthétique de cette formation que dirige le contrebassiste légendaire, Ron Carter (né en 1937).
Depuis 3 ans environ, Mr Carter a choisi de se passer de percussion(s) pour se recentrer sur les échanges veloutés et harmoniquement denses que permet le trio piano-contrebasse-guitare en compagnie de Russell Malone (guitare) et Mulgrew Miller (piano).
Ce double album (CD + DVD) permet d’écouter et de voir jouer sur la scène du festival de San Sebastian (Espagne - juillet 2012) ces trois musiciens de grand talent à l’allure de gentlemen distingués. Certains auront noté qu’ils avaient déjà enregistré ensemble en 2003.
Chaque thème est développé longuement sans pour autant susciter d’ennui car le programme s’avère varié : un clin d’œil au Brésil (Samba de Orpheu), l’incontournable standard (My Funny Valentine) et une très envoûtante interprétation de Saudade, thème de Ron Carter qui met en valeur son art du glissendo... Le leader est bien la pièce centrale du trio car il ne manque pas de prendre la part du lion comme principal soliste de ce disque.
Le DVD est proposé en bonus. Outre le plaisir de voir jouer ces brillants instrumentistes, cette musique n’est guère vivante sur le plan scénique et le film n’apporte pas grand chose de plus (ajoutons que le DVD doit permettre d’accéder aussi à des bonus audio... à condition que votre équipement soit compatible, ce qui n’est pas notre cas !).

. ::Thierry Giard ::.

> Ron CARTER GOLDEN STRICKER TRIO : « San Sebastian » - IN+OUT Records IOR 77103 (CD) et IOR771039 (CD + DVD+ bonus) / Orkhêstra

Ron Carter : contrebasse / Russell Malone : guitare / Mulgrew Miller : piano

CD : 01. Candle Light (Ron Carter) / 02. My Funny Valentine (Rodgers/Hart) / 03. Saudade (Ron Carter) / 04. Samba de Orpheu (L. Bonfa) / 05. The Golden Stricker (J. Lewis)
DVD : 01. Laverne Walk (O. Pettiford) / 02. Candle Light (Ron Carter) / 03. My Funny Valentine (Rodgers/Hart) / 04. Saudade (Ron Carter) / 05. Samba de Orpheu (L. Bonfa) / 06. The Golden Stricker (J. Lewis) / 07. Free Audio Sampler (20 pistes en bonus) // Enregistré en concert à San Sebastian (Espagne) le 22 juillet 2012.

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Evan CHRISTOPHER’s CLARINET ROAD « Volume III – In Sidney’s Foot steps »

Evan CHRISTOPHER's CLARINET ROAD « Volume III – In Sidney's Foot steps » -  voir en grand cette image
Evan CHRISTOPHER’s CLARINET ROAD « Volume III – In Sidney’s Foot steps »
STR digital records / www.louisianamusicfactory.com

On peut s’interroger sur l’intérêt d’un disque revival comme celui-ci, ce qui peut le faire apprécier. Pourquoi serait-on susceptible d’aimer un enregistrement qui reprend la musique d’un genre qui se rapproche plus de Sidney Bechet que d’un Chris Speed ou d’un Mark Turner. Sidney lui-même avait repris ce type de répertoire dans les dernières années de sa vie mais il était la base sur laquelle il avait grandi, c’était la modernité de sa jeunesse. J’en veux pour preuve l’enregistrement avec Martial Solal où aucun des deux musiciens ne fait de concession sans brider aucunement l’expression.
Ainsi Evan Christopher, entouré d’un groupe d’excellents musiciens français, nous fait entendre dans cet enregistrement la sienne de modernité. Il est impossible d’échapper à soi-même, quel que soit le répertoire ou la manière. On peut dire que c’est un instrumentiste, un musicien en pleine possession de ses moyens que l’on apprécie ici, non un quelconque plagiaire et c’est peut-être ça le plaisir que l’on a à écouter ce disque. Reprendre ce répertoire à sa façon avec des arrangements soignés, des soli inspirés où l’on sent par moment des bribes de bebop, où la contrebasse n’est surtout pas celle de Pop Foster, où la nostalgie n’a pas son mot à dire.
Dans son genre ce disque est une réussite qui s’écoute avec bonheur.

. ::Pierre Gros ::.

> Evan CHRISTOPHER’s CLARINET ROAD « Volume III – In Sidney’s Foot steps » - STR digital records STR-1020 / disponible sur www.louisianamusicfactory.com

Evan Christopher : clarinette / David Blenkhorn : guitare / Julien Brunetaud : piano / Sebastien Girardot : contrebasse / Guillaume Nouaux : batterie

01. I Got A Right To Sing The Blues / 02. Cinq Minutes ! / 03. What Is This Thing Called Love ? / 04. The Broken Windmill / 05. Petite Fleur / 06. Old Fashioned Love / 07. En Ti Punch / 08. This Is That Tomorrow I Dreaded Yesterday / 09. Blues In The Air / 10. Manoir de Mes Rêves / 11. When I Grown Too Old To Dream

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Macha GHARIBIAN : « Mars »

Macha GHARIBIAN : « Mars » -  voir en grand cette image
Macha GHARIBIAN : « Mars »
Bee Jazz / Abeille Musique

Le disque qui nous est parvenu ne donnait guère envie d’être écouté : un CDR portant un nom quasiment illisible au marqueur noir... Bizarre, le label Bee Jazz nous avait habitués à mieux pour sa promo.
Et c’est ainsi que nous avons découvert Macha Gharibian, une musicienne qu’il faut vraiment écouter quel que soit le support. Elle chante naturellement comme on raconte des histoires en visant l’expression et l’authenticité. C’est aussi (surtout ?) une pianiste de formation classique qui est tombée dans le jazz depuis 2005, à New-York, en rencontrant des musiciens des plus recommandables comme Craig Taborn ou Jason Moran (belles références au piano), le saxophoniste Ravi Coltrane ou le trompettiste Ralph Alessi auquel elle dédie « Affect Stories » dans ce disque.
Le long de neuf belles plages, des compositions aérées et aériennes , elle nous entraîne du côté de ses origines en Europe de l’Est (on pense au Bojan Z des débuts), elle décline à sa façon un sorte de blues aux couleurs pastel et laisse vivre la musique, en parfaite harmonie avec des complices très en phase avec son art. Fabrice Moreau et Théo Girard assurent une base rythmique sans pesanteur ferme ou légère selon les thèmes développés et la guitare de David Potaux-Razel sait garder la juste place en soulignant les phrases de la pianiste-vocaliste et en traçant des lignes aux couleurs diffuses qui apportent une profondeur aux paysages musicaux de ce disque très attachant (on pense à Patricia Barber qui aime cette complicité guitare-piano).
Cette musique vaut vraiment le détour et nous y revenons avec plaisir, sans aucune lassitude. En magasin, vous trouverez un vrai disque avec une belle pochette qui annoncera le printemps en avance. « Mars » arrive en février cette année !

NB : certains d’entre-vous auront déjà pu écouter Macha Gharibian dans « Papiers d’Arménies » et « Les Ogres de Barback », deux formations auxquelles elle s’est associée.

. ::Thierry Giard ::.

Macha GHARIBIAN : « Mars » - Bee Jazz / Abeille Musique

Macha Gharibian : voix, piano & fender rhodes / David Potaux-Razel : guitare / Théo Girard : contrebasse / Fabrice Moreau : batterie

01. Ritual Prayer / 02. Byzance / 03. Night / 04. La Douceur / 05. Kele Kele (Komitas Vardapet) / 06. Parmani (Khatchadour Avedissian) / 07. Passage Des Princes / 08. Affect Stories (to Ralph Alessi) / 09. Sei Kei

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Raphaël IMBERT – André JAUME : « Janus »

Raphaël IMBERT – André JAUME : « Janus » -  voir en grand cette image
Raphaël IMBERT – André JAUME : « Janus »
Label Durance / Orkhêstra
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

Une sacrée histoire et presque une histoire sacrée racontée sous les auspices de Janus, « dieu des commencements et des fins, des choix, des clés et des portes » [1].
Comme le divin bicéphale, André Jaume et Raphaël Imbert se sont retrouvés dos à dos, face à face, côte à côte dans le studio de l’AMI pour enregistrer ce disque au contenu bouillonnant.
Deux têtes et un grand esprit, une sorte de trinité réinventée entre le père (paternité esthétique), André Jaume (né en 1940), le fils spirituel, Raphaël Imbert (né en 1974). Avec eux, on est aux anches !
Le grand esprit (sain d’esprit), l’élément fédérateur et incitateur, c’est Alain Soler qui a éclairé les choix en proposant, composant et organisant les prétextes musicaux ici développés. Il a donné les clés et ouvert les portes pour que s’évade une musique qui devait bien sortir un jour.
Raphaël Imbert entre en scène le premier en un solo qui porte déjà les bribes des éléments qui seront développés tout au long de ces presque 50 minutes.
873 est une sorte de déclinaison libre et joyeuse à la manière de Four Brothers (réduits à deux mais ça sonne comme quatre) : marquage au millimètre et soli en grand-huit.
Les titres suivants grouillent d’inventivité, de créativité, de finesse, d’humour et à écouter toutes ces anches (et flûte), on se sent pousser des ailes. Sont convoqués à cette sorte d’assemblée générale des monstres du jazz : John Coltrane et Bach, Roland Kirk et les oiseaux du paradis, Ellington et Albert Ayler, j’en passe et des meilleurs... Tout cela à deux plus un (qui ne joue pas mais arbitre ce combat des dieux). On sort K.O. mais on en redemande !
En ce mois de janvier 2012, mois de Janus, il a fait exceptionnellement chaud à Château-Arnoux, au moins dans le studio, pour l’enregistrement de ce disque à la force quasi volcanique... Nom de Dieu(x) !

. ::Thierry Giard ::.

> Raphaël IMBERT – André JAUME : « Janus » - Label Durance Durance-IJ032012 / Orkhêstra

André Jaume : clarinette basse, saxophones, flûte / Raphaël Imbert : clarinette basse, saxophones

01. Raphaël’ Solo : 02. 873 / 03. J & B / 04. Strolling again / 05. Painting in « D » / 06. Going to that « B » / 07. B & J / 08. Thanks to « T » / 09. Painting in « G » / 10. André’ Solo

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Dave LIEBMAN + Lewis PORTER : « Surreality »

Dave LIEBMAN + Lewis PORTER : « Surreality » -  voir en grand cette image
Dave LIEBMAN + Lewis PORTER : « Surreality »
Yellowbird / Harmonia Mundi

Voici une parution qui, sur le papier comme dans les oreilles, risque de ravir la plupart des jazzfans : j’ai nommé Surreality, premier album issu de la collaboration musicale du saxophoniste Dave Liebman et du pianiste Lewis Porter. Entre compositions des deux leaders et ballades collectives improvisées (joliment intitulées, ou non-intitulés, Untiteld Free Ballad), le quintet s’attaque également à trois monuments de maîtres de la New Thing (Albert Ayler, Ornette Coleman et John Coltrane).
Pour l’occasion, Liebman et Porter font appel à une section rythmique qui s’intègre avec brio à cette musique ouverte et participe de la couleur sonore très actuelle du projet (Brad Jones à la contrebasse et Chad Taylor à la batterie). La guitare de Marc Ribot est également convoquée ; élément essentiel de cet orchestre, il ajoute une touche blues et rock à ce free jazz tournoyant.
L’album prouve aussi (une fois de plus) que Liebman est l’un des plus grands maîtres du saxophone actuel, et excelle autant au soprano qu’au ténor. Quant à Lewis Porter, également musicologue de renom mais trop peu connu dans nos contrées sous sa casquette de pianiste, il brille par son interprétation, tant acoustique qu’électrique. Rien que pour cela, cet album est une nécessité.
Surreality est un disque de free jazz moderne, qui fait résonner les accents typiquement outre-atlantiques de toute une histoire musicale.
Entre tradition et modernité. Entre hommage et invention. Du jazz, quoi.

. ::Édouard Hubert ::.

> Dave LIEBMAN + Lewis PORTER : « Surreality » - Yellowbird - ENJA YEB 7727-2 / Harmonia Mundi

Dave Liebman : saxophones / Lewis Porter : piano / Marc Ribot : guitares / Brad Jones : contrebasse / Chad Taylor : batterie

01. Olivier / 02. Untitled free ballad 1 / 03. Omega is the Alpha / 04. Trigonometry / 05. Surreality / 06. Untitled free ballad 2 / 07. Get me back to the apple / 08. Alabama

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Yoann LOUSTALOT : « Derniers reflets »

Yoann LOUSTALOT : « Derniers reflets » -  voir en grand cette image
Yoann LOUSTALOT  : « Derniers reflets »
Fresh Sound New Talent / SocaDisc
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

« J’aime le son du bugle... ». C’est ainsi que Michel Delorme débutait, en novembre 2006, la chronique du disque Primavera (Label Elabeth) d’un certain Yoann Loustalot. Un musicien et un disque dont il disait grand bien et il concluait en écrivant :« Un disque qui peut paraître un peu sage à la première écoute, mais parce que ce n’est QUE de la belle musique. En toute simplicité. »
Six ans plus tard, ces propos pourraient presque s’appliquer à ce nouveau disque du trompettiste. Yoann Loustalot n’y joue pas QUE du bugle mais les traits de caractère de sa musique sont préservés. Ce musicien avance et évolue tout en restant lui-même, à savoir, un des trompettistes les plus intéressants, attachants et intelligents du jazz français (et au-delà puisque Jordi Pujol lui fait confiance à Barcelone avec son label Fresh Sound même si Y.L. n’est plus vraiment un New Talent !).
« Derniers reflets » ? Espérons que le titre du disque n’annonce pas une fin car on ne peut qu’attendre la suite tant on se délecte de la musique servie ici par un quartet de grands faiseurs.
La belle section rythmique porte avec beaucoup de finesse les compositions originales réunies dans cet album. Alternant trompette et bugle, Yoann Loustalot joue en fin mélodiste qui pense l’improvisation en vrai développement du thème, comme un funambule sûr de son équilibre et non comme un acrobate des notes trop exubérant.
Un tempérament qui correspond parfaitement à celui du pianiste François Chesnel. Il construit une partie de piano exemplaire dans ce disque avec une grande justesse harmonique et mélodique. Une complicité avec le trompettiste construite depuis quelques années dans le cadre du quartet Kurt Weill Project que dirige le pianiste (un disque est attente de publication).
Derniers Reflets est un disque sensible et paisible, mélodique mais jamais monotone car chacun n’a de cesse de raviver les couleurs et la flamme de cette musique.
Une superbe déclinaison du jazz sans volonté de rupture mais avec la marque d’une vraie personnalité.

. ::Thierry Giard ::.

> Yoann LOUSTALOT : « Derniers reflets » - Fresh Sound Records - New Talent FSNT 412 / SocaDisc

Yoann Loustalot : trompette, bugle, compositions (sauf 8) / François Chesnel : piano (composition : 8) / Blaise Chevallier : contrebasse / Antoine Paganotti : batterie

01. Promenade avec Tomasz / 02. Après la neige / 03. Premier reflet / 04. Dans les feuilles / 05. Heures perdues / 06. Intro Mélodie oubliée / 07. Mélodie oubliée / 08. Hibernatus / 09. Vers luisants / 10. Deuxième reflet / 11. Sous la glace / 12. Dernier reflet // Enregistré aux Studios La Buissonne les 2 et 3 mai 2011.

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PARIS JAZZ UNDERGROUND : « Paris Jazz Underground »

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PARIS JAZZ UNDERGROUND : « Paris Jazz Underground »
Paris Jazz Underground
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

Si les trois mousquetaires étaient six, ils pourraient s’appeler le P.J.U. tellement ils ne font qu’un dans cet album.
Leur devise ? Collectif de musiciens encore jeunes mais musicalement matures ayant chacun leur autonomie, leur personnalité, leur carrière, partageant la même ambition exigeante de la musique.
Originalité de la formation : deux saxophonistes alto, ténor, deux guitaristes aux sons travaillés qui évitent de se marcher sur les cordes et une rythmique de haut vol.
Indépendance et solidarité. Les ingrédients sont réunis pour faire de la belle musique ancrée dans la tradition jazzistique aux arrangements soignés, aux compositions originales et aux atmosphères renouvelées qui évitent la redondance, qui évitent les clichés.
Que demander de plus sinon des soli inspirés qui racontent des histoires, des joutes salutaires, habillés par le bretteur Karl Jannuska à la précision rythmique et aux bottes redoutables. Ça d’autant plus que chacun met son égo, au profit de l’ensemble sans perdre son âme, un pour tous, tous pour un on vous dit.
On ne sait si ce répertoire a été rodé lors de prestations publiques mais la complicité évidente, l’harmonie que dégage cet enregistrement inspire le plus grand respect en ces temps du sauve qui peut et du chacun pour soi.

Chapeau bas messieurs du P.J.U. l’honneur est sauf !!!

. ::Pierre Gros ::.

PARIS JAZZ UNDERGROUND : « Paris Jazz Underground » - Paris Jazz Underground PJU010 / www.parisjazzunderground.com et plateformes de téléchargement.

David Prez : saxophone ténor / Olivier Zanot : saxophone alto / Sandro Zerafa : guitares / Romain Pilon : guitares / Yoni Zelnik : contrebasse / Karl Jannuska : batterie

01. Moon Woman (Pilon) / 02. The 1000 Yard Stare (Zerafa) / 03. Fomm ir-rih (Prez) / 04. Pju Blues (Prez) / 05. Pollock (Pilon) / 06. Stealth (Jannuska) / 07. Edmonton Sound (Jannuska) / 08. Ah Ba Ba Ba (Prez) / 09. For F. Mompou (Prez)

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THE DROPS : « Spray »

THE DROPS : « Spray » -  voir en grand cette image
THE DROPS : « Spray »
The Drops Music / www.thedrops.net

Après « Falling from The Sky », le duo Christophe Panzani / Federico Casagrande récidive avec « Spray » et entame la « saison 2 » des aventures de leur équipée à trois en cultivant leur image de gentlemen à chapeau melon.
Cette fois, le batteur Ted Poor a laissé les baguettes à Ferenc Nemeth, musicien d’origine hongroise établi aux États-Unis où il travaille avec Lionel Loueke ou Joshua Redman. Autant dire qu’il a une certaine habitude de la complicité avec un guitariste et un saxophoniste. Et il n’est sans doute pas donné à n’importe qui de prendre sa place dans cette musique qui se déroule comme un chant limpide et clair à mailles serrées dans un esprit pop où les voix se fondent dans un ensemble qui privilégie la mélodie, les mélodies (avec quelques jolies perles).
Le trio sax-guitare-batterie n’est pas une formule facile et il faut bien reconnaître The Drops s’en sort vraiment bien au point que ce disque ne dévoile ses subtilités et la qualité des compositions qu’au-delà d’une première écoute (qui fut peu enthousiaste pour notre part). Il faudra donc y revenir en oubliant de guetter les coups d’éclats de tel ou tel soliste, de distinguer le jeu de l’un ou de l’autre : c’est bien d’une musique de groupe qu’il s’agit.
Un duo / trio à découvrir aussi sur scène, sans aucun doute.

. ::Thierry Giard ::.

> THE DROPS : « Spray » - The Drops Music / www.thedrops.net + téléchargement sur les plateformes (Itunes etc.) - (parution le 16/01/2013)

Christophe Panzani : saxophones / Federico Casagrande : guitare / Ferenc Nemeth : batterie

01. Pouff ( FC) / 02. First Drop (FC) / 03. Shinjuku Gyoen (CP) / 04. Am I Leaving (FC) / 05. Lost (FC) / 06. L’art du dehors (CP) / 07. The Storyteller (FC) / 08. Nounours (FC) / 09. Sotto Voce (CP) / 10. Birth (FC)

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Bruno TOCANNE : « In a suggestive way »

Bruno TOCANNE : « In a suggestive way » -  voir en grand cette image
Bruno TOCANNE : « In a suggestive way »
Label IMR / Musea
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

Pas seulement musicien, Bruno Tocanne est un acteur essentiel du jazz et des musiques d’improvisation qu’il fait rayonner depuis son fief du Beaujolais, dans la région Rhône-Alpes et bien au-delà. Membre fondateur et très actif du collectif Imuzzic, il est aussi une des chevilles ouvrières du label IMR [2] (sur lequel paraît ce magnifique disque) et impliqué dans de nombreuses actions d’ouverture et de sensibilisation aux musiques créatives et inventives (à Lyon, par exemple dans le projet LS Jazz au collège).
Quel rapport avec ce disque direz-vous ? La création, la production de disques et de projets donne un sens à l’action. Dans le cas de « In a Suggestive Way », il s’agit bien de sortir d’un microcosme franco-français afin de s’ouvrir à d’autres artistes qui œuvrent pour que je jazz garde la flamme de la liberté et de l’inventivité.
À New-York, les deux compères, Bruno Tocanne et Rémi Gaudillat sont allés retrouver le saxophoniste Quinsin Nachoff (un de leurs compagnons de jeu habituels en France), et ce remarquable pianiste qu’est Russ Lossing, musicien encore trop ignoré dans l’Hexagone (lire les chroniques des disques « Oracle » et « Line-up ») .
Pour donner du corps et une âme à leurs échanges musicaux, il fallait plus qu’un prétexte, l’envie (le besoin ?) de rendre hommage à Paul Motian, batteur inspirateur du batteur Tocanne et formidable compositeur...
Pas de compositions de Motian au menu mais des thèmes des uns et des autres qui vont ouvrir le voie à une vraie communion musicale, très inspirée dans un quartet sans contrebasse, instrument dont Motian avait pris l’habitude de se passer.

Une réussite esthétique et artistique, toute en finesse et d’une grande sincérité. _ Bel esprit !

. ::Thierry Giard ::.

Label IMR IMR 007 / Musea

Bruno Tocanne : batterie / Russ Lossing : piano / Quinsin Nachoff : saxophones et clarinettes / Rémi Gaudillat : trompette

01. Bruno Rubato (Tocanne - Domancich) / 02. NYC to NJ (Lossing - Gaudillat) / 03. Canto 1 (Russ Lossing) / 04. Ornette and Don (Rémi Gaudillat) / 05. Kumo to mine (Quinsin Nachoff) / 06. One P.M (Rémi Gaudillat) / 07. A suggestive way (Tocanne - Nachoff) / 08. Firely (Quinsin Nachoff) / 09. Votage(s) (Gaudillat - Lossing - Tocanne) / 10. Whatever (Lossing - Tocanne) / 11.Frémissement (Rémi Gaudillat)

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Jasper VAN’T HOF SOLO : « WhyBecause »

JASPER VAN'T HOF SOLO : “WhyBecause“  -  voir en grand cette image
JASPER VAN’T HOF SOLO : “WhyBecause“
Hôte Marge / Futura & Marge
« OUI ! On aime ! »
« OUI ! On aime ! »

Né en 1947, le pianiste et claviériste hollandais Jasper van’t Hof s’est fait connaître en 1969 au sein du groupe Association PC dirigé par son compatriote, le batteur Pierre Courbois — ils enregistrèrent ensemble, déjà pour Gérard Terronès, avec le contrebassiste belge Paul van Gysegem en 1971, « Aorta », récemment réédité (Futura GER 27). Mais c’est au sein de Pork Pie (Charlie Mariano-Philip Catherine-J.F. Jenny-Clark-Aldo Romano) qu’il se fait largement connaître en France et à Paris, le groupe faisant notamment les belles nuits (enfumées !) du Riverbop à partir de 1973. Il voyage ensuite partout, accompagnant Archie Shepp, Jean-Luc Ponty, etc., et se liant très tôt avec Didier Lockwood, chez qui il a enregistré une partie de ce nouveau disque.
Musicien nomade, Jasper van’t Hof s’est toujours situé en dehors du grand courant de la nouvelle musique hollandaise initié par ICP (Bennink-Breuker-Mengelberg), ce qui fait qu’on n’a jamais reconnu dans sa musique d’éléments caractéristiques de ce mouvement. Flirtant souvent avec le jazz rock, ce pianiste complet de formation classique, mais au demeurant vrai jazzman, a largement expérimenté et utilisé toutes sortes de claviers électroniques. Nous le retrouvons cette fois seul derrière le Steinway pour notre plus grand bonheur.
Si son approche pianistique séduira d’emblée les amateurs de « beau » piano, Van’t Hof se distingue de nombre de ses jeunes confrères actuels qui, sous des dehors pseudo post-romantiques, alignent les clichés sous un déluge de notes qui n’expriment finalement pas grand-chose, sinon des charmes faciles et des émotions superficielles. Ce disque, extrêmement varié et composé, et merveilleusement bien joué, offre un moment rare comme seuls les grands mélodistes savent le faire. La musique de Jasper van’t Hof, également grand rythmicien par ailleurs, dégage, grâce à une succession de climats souvent prenants, une intense et profonde poésie.

. ::Jean Buzelin ::.

> JASPER VAN’T HOF SOLO : “WhyBecause“ - Hôte Marge 06 - Disques Futura & Marge

Jasper van’t Hof (piano solo).

01. À vol d’oiseau / 02. April in Paris / 03. Marais de Vincent / 04. Brutto Tempo / 05. My Belle / 06. Quiet American / 07. The Way She Looks / 08. Benefit of the Doubt / 09. Résidence forcée / 10. Reflexions / 11. Counterpoints / 12. WhyBecause

Compositions originales de Jasper van’t Hof (sauf 2), enregistrées au CMDL de Dammarie-les-Lys en décembre 2011, et à Deventer (NL) en 2012.

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> Plus de disques présentés chaque mois dans la « Pile de Disques » de CultureJazz.fr.

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