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Retour sur Sons d’Hiver 2013

Un pari de diversité musicale ambitieux et réussi.

D 4 mai 2013     H 08:22     A Armel Bloch    


Retour sur Sons d’hiver 2013 : un pari de diversité musicale ambitieux et réussi.

L’hiver quand il fait froid, on a tendance à se replier sur soi... à moins de sortir pour suivre des événements culturels et ainsi se changer les idées, car la culture a aussi cette vocation, parfois non entendue ou oubliée par certains politiques, qui lui affligent une forme de rentabilité nécessaire voir obligatoire avant toute autre chose.

On peut donc assister à des concerts pour apprécier de plus près (dans la mesure de nos disponibilités) la très belle programmation du festival Sons d’Hiver (ou « sons divers » lorsqu’on constate sa grande diversité musicale sur quatre semaines à Paris et dans le Val-de-Marne.

Une programmation musicale transversale et très variée

À Sons d’hiver, il y en a pour tous les goûts, car c’est aussi ça le jazz d’aujourd’hui. On retrouve des pointures de la musique improvisée (Joëlle Léandre, Marteau Rouge, le trio Robinson/Teyssot-Gay/Bultingaire du collectif Son Libre), du free jazz de Chicago (Kidd Jordan Quintet), du free funk avec le groupe Free Form Funky Freqs dont le guitariste Vernon Reid fait partie et l’hommage rendu à Jef Lee Johnson (récemment décédé) par Jean-Paul Bourelly et Reggie Washington.

Autres hommages respectueux : celui consacré au rock de Jimi Hendrix avec le Dee Alexander’s Funkin With Electric Soul, au rythm’n’blues de James Brown avec ce même projet de la chanteuse américaine Dee Alexander, et Nino Ferrer avec la création très attendue de Denis Colin et la chanteuse Ornette baptisée Univers Nino, au rock progressif des Pink Floyd avec Tribute to Dark Side of the Moon, au blues avec le big band de David Murray et James « Blood » Ulmer en invité pour Stompin and Singin’ the Blues, à des partitions inédites de Sun Ra dans le projet de Mike Reed et Jason Adasiewicz intitulé Living by Lanterns, à la chanson française avec Short Songs du trio Caratini/Wanzlawe/Sciuto, à Steely Dan et David Bowie avec le Burnt Sugar The Arkestra Chamber dirigé par Greg Tate, au post rock du groupe Tortoise avec quelques invités d’honneur des mondes du jazz et de l’improvisation comme Nicole Mitchell, J.T. Bates et Jim Baker rejoints par un bel échantillon de la nouvelle génération montante du « jazz » contemporain français : Antonin-Tri Hoang, Julien Desprez et Aymeric Avice.

On retrouve dans la programmation quelques grands noms de la scène européenne, comme Tony Hymas & The Bates Brothers ou de la scène internationale : Billy Martin (le batteur de l’explosif trio Medeski, Martin & Wood) et son brass band de poche Wicked Knee qui l’associe à trois personnalités marquantes des instruments à cuivre de la scène new-yorkaise, pour une « musique au terrain de jeu infini sans frontière de genre, d’école ou d’origine ».

Cette 22ème édition était aussi l’occasion de revoir sur scène quelques grandes pointures du jazz français, régulièrement invitées à nous faire partager quelques beaux sons divers : Bernard Lubat (un grand habitué du festival) qui fêtait les 35 ans de la Compagnie Lubat en très bonne compagnie (citons à titre d’exemple Archie Shepp), Michel Portal en duo avec Hamid Drake, Louis Sclavis et son Atlas Trio, sans oublier d’autres figures particulièrement intéressantes du jazz hexagonale : Denis Colin dans Univers Nino, Hélène Labarrière et son magnifique quartet (l’un des plus intéressants du moment, qui existe depuis dix ans sans avoir pris une seule ride) pour interpréter le répertoire de son dernier disque Désordre (fortement recommandé), le quintet Watershed de Denis Fournier...

Autre particularité de cette manifestation : celle de laisser chaque année une place majeure aux nouveaux projets. Le festival présentait six créations et sept projets inédits, dont une majorité de formations étrangères, de quoi saluer la part de risque qu’il prend et le positionnement artistique originale et différent qu’il défend au milieu de la plupart des autres festivals ou lieux d’accueil, qui préfèrent souvent présenter des formations déjà connues (ne favorisant ainsi pas la naissance de nouveaux projets ni leur accompagnement) et des figures très médiatisées pour les rassurer de toutes craintes de voir des salles peu ou partiellement remplies.

Le festival s’efforce également de mettre en valeur la culture afro-américaine grâce aux différents artistes invités, aux projets franco-américains (cas du quartet new-yorkais et parisien Divine Pocket Bouncers avec son « voyage surprise rétro-funk-pop-hip-pop », du duo Portal/Drake, du quintet « Le partage des eaux » de Denis Fournier) et aux conférences organisées en parallèle des concerts.

Un rapport privilégié avec la littérature

Autre particularité de ce festival et pas des moindres : il entretien un rapport privilégié avec d’autres formes d’arts comme la littérature, qu’il s’efforce de faire connaître au public. La programmation propose des moments de rencontres et de discussions avec des artistes pour mieux comprendre le sens profond et les multiples directions qu’empruntent leurs démarches et pour favoriser un lien entre public, musiciens, musique, histoire et société.

Le public a pu apprécier plusieurs conférences et débats sur des thèmes variés : « L’apport original de la culture afro-américaine », « Art et citoyenneté : la folle expérience d’Uzeste musical », « Actualité(s) de l’afro-futurisme : autour de Sun Ra », « La Nouvelle Orléans et la musique » et « Autour de Wobblies et Hobos » de Joyce Kornbluh. Le tout est coordonné par Alexandre Pierrepont et proposé dans le cadre d’une collaboration avec le département « Littérature, Art et Cinéma » de l’Université Paris-Diderot, la Columbia University, le Musée du quai Branly et la librairie « Envie de lire » d’Ivry-sur-Seine avec des interventions de critiques et professeurs tels que Greg Tate, Robert O’Meally, Francis Marmande, Mike Reed et Yves Citton.

Autres événements en rapport avec d’autres formes d’arts : la création « Satchmokovich plays the ballad of Mr. Four », un roman graphique interprété live par Mike Ladd, Antoine Berjeaut et Raz Mesinai, la performance en duo du poète, chanteur et acteur Saul Williams, le ciné concert « Body & Soul » (1924) joué par l’orchestre Burnt Sugar The Arkestra Chamber dirigé par Greg Tate (écrivain et critique musical new-yorkais), co-fondateur avec Vernon Reid de la Black Rock Coalition.

Retour sur quelques beaux sons divers de cette 22ème édition

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François Corneloup et Hélène Labarrière - Festival Sons d’Hiver 2013
Photo © Christian Ducasse

Nos rédacteurs ont déjà parlé de quelques beaux projets entendus à Sons d’hiver. Le quartet d’Hélène Labarrière en fait partie. Il donne au jazz contemporain une touche de diversité enrichie par l’apport d’une écriture intelligente qui laisse la place à des espaces ouverts à de longues improvisations évolutives (à écouter : celle de Corneloup dans « Le pouvoir de Loc’ha »), à de belles mélodies (« 10’ » dédié à Sylvain Kassap, un compagnon musical de longue date), à la chanson (« La chanson de Craonne »), à la danse (« Montreuil Mali »), à des influences de musiques traditionnelles (« In my room »), parfois à une énergie free jazz et rock. Lorsqu’on connaît les pointures de la scène du jazz actuel qui entourent la contrebassiste (François Corneloup au saxophone baryton, Hasse Poulsen à la guitare et Christophe Marguet à la batterie), ce concert nous donne l’impression d’écouter une musique écrite sur mesure pour eux tant la forte personnalité musicale de chacun ressort aisément. La musique y est intensément riche de propos, d’énergie, de tensions et de contrastes alternant parfois un sentiment tragique rageur (« Le pouvoir du Loc’ha »,« Montreuil Mali ») et d’autres moments à l’impression de bien-être plus reposant (« Désordre », « La chanson de Craonne », « Voleur »). Des auditeurs non habitués au jazz m’ont rapporté avoir beaucoup apprécié ce concert, notamment par son alternance de climats, son ouverture sur d’autres musiques tout en gardant une grande cohérence tournée vers le jazz contemporain.

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Louis Sclavis, Gilles Coronado, Benjamin Moussay - Le Mans, 5 mai 2012
© CultureJazz.fr

Le trio de Louis Sclavis baptisé « Atlas », qui a déjà joué dans de grands festivals (Nevers, Le Mans, A Vaulx Jazz, Coutances ce début mai...) est à chaque prestation très émouvant. Trois musiciens rodés à la mixité des styles, au jazz contemporain et à ses innombrables ramifications vers les musiques du monde, du rock, de la pop, des musiques électroniques, contemporaines et bien sûr du jazz traditionnel même si il n’est nullement question de cela dans ce magnifique trio à l’instrumentation très singulière. Sclavis réalise avec ce nouveau projet un grand pas de plus dans sa carrière de compositeur, soliste et improvisateur de haut vol. Il prouve qu’il est capable de renouveler sa musique, chose pas forcément commune à de grands jazzmen de notre temps qui ont déjà traversé bien des routes. Le clarinettiste évolue avec le temps, sensible à la musique qui suscite notre intérêt, notre curiosité et qui remplit nos oreilles de bonheur. Cette musique voyageuse raconte une histoire. Elle n’aurait certainement pas été celle-ci sans l’apport très créatif du phrasé et des riffs inventifs de Gilles Coronado (guitare), des accords mystérieux des claviers et du piano de Benjamin Moussay (l’un des pianistes les plus intéressants du moment). Le son électrique se mêle à l’acoustique, les fonctions de solistes et accompagnateurs s’échangent avec de fortes interactions. Les couleurs et climats proposés nous semblent nouveaux, contrastés, l’interprétation des thèmes très précise et délicate (un des caractères forts chez Sclavis). Ce dernier est capable de beaucoup avec finalement peu de choses. Il nous fait l’honneur d’associer à son trio le percussionniste étonnant Keyvan Chemirani qui excelle sur ses instruments traditionnels (zarb, tambourins...) et incite le public à se concentrer sur son jeu surprenant, sophistiqué avec ses accents rythmiques en tous genres. Sa présence renforce le côté énergique, rythmique et finalement assez magique devant un public ravi.

Denis Colin, à Coutances, le 15 mai 2010. -  voir en grand cette image
Denis Colin, à Coutances, le 15 mai 2010.
Photo © CultureJazz

En première partie de cette soirée donnée à la salle Jacques Brel de Fontenay-sous-Bois, le festival accueillait la nouvelle création du clarinettiste Denis Colin et de la chanteuse Bettina Kee (alias Ornette) consacrée à l’univers du grand Nino Ferrer. Ce dernier est à considérer comme l’une des figures les plus singulières de toute l’histoire de la chanson française. Les deux musiciens se sont réappropriés la musique de Ferrer pour la rendre plus étonnante, l’ouvrir à d’autres horizons musicaux, la transformer avec soin en respectant les thèmes d’origines et les paroles du grand Nino. Le septet revisite quelques chansons connues (« Les cornichons », « Mirza », la célèbre chanson « Le Sud » dans un magnifique rappel...) et d’autres qui évoquent moins de souvenirs au grand public (« La maison près de la fontaine », « La Rua Madureira ») mais qui regorgent d’intérêts. Ce projet nous fait admettre que la musique de Ferrer est intensément proche du jazz avec des arrangements orchestraux très peaufinés, riche et ouverte à de nombreuses adaptations entre chansons au caractère tragique (« La Rua Madureira », « Le Sud »), d’autres plus chaleureuses et festives (« Les cornichons », « Mirza »), des thèmes aux accents blues, soul, rythm’n’blues, le tout très perméable aux improvisations dans lesquelles il est difficile de ne pas reconnaître le talent des soufflants Antoine Berjeaut (trompette, bugle) et Denis Colin (qui nous fait l’honneur d’utiliser en plus de son habituelle clarinette basse la clarinette contrebasse dans certains thèmes) soutenus par une rythmique de choc : la basse de Théo Girard associée à la batterie de François Merville... Il faut dire que Ferrer a commencé par être avant tout un contrebassiste de jazz, également très sensible au blues. Nous apprécions le travail d’habillage sonore subtil, dans lequel le guitariste Julien Omé aux improvisations bluesy décoiffantes et la claviériste et chanteuse Ornette accompagnée de la vocaliste plus discrète Diane Sorel y sont pour beaucoup. Cette création n’est pas que musicale : la plasticienne Chia-Wen Tsaï, le sonorisateur Julien Reyboz et Jean-Mo Dutriaux (lumières) ont fait un travail remarquable sous l’oeil attentif de Bruno Girard (conseiller artistique). A découvrir absolument si vous avez la chance qu’un programmateur diffuse cet Univers Nino enchanteur.

Denis Fournier (au centre) & Watershed.
Denis Fournier (au centre) & Watershed.

Autre belle découverte, celle du quartet « Watershed » (Le partage des eaux) rassemblé par le batteur Denis Fournier, trop peu vu sur nos scènes, auteur de très beaux projets dans lesquels son travail de compositeur a souvent démontré des idées mélodiques très pertinentes. Il est entouré de son habituel contrebassiste Bernard Santacruz au touché délicat et profond, et de trois musiciens américains : la flûtiste Nicole Mitchell au jeu très souple (une figure de proue de cette édition et du label RogueArt qui a édité le disque de ce groupe vivement recommandé), la violoncelliste au phrasé lyrique Tomeka Reid et le saxophoniste et flûtiste très inventif Hanah Jon Taylor dont on regrette juste qu’il n’ait pas utilisé les effets électroniques comme il le fait dans l’album. Certes ces musiciens sont libres et savent très bien pratiquer le free jazz mais la musique qui en ressort n’a rien de totalement free et est parfaitement conduite sur la base d’un très beau fond mélodique (on regrette aussi que le dernier thème joué en rappel n’ait pas été gravé à ce jour). Elle ne part pas dans tous les sens à partir d’improvisations totales, loin du quintet de Kidd Jordan qui m’avait laissé très perplexe et assez indifférent. Les thèmes sont écrits essentiellement par Denis Fournier et les improvisations très construites. Le violoncelle se marie très bien avec les flûtes de Mitchell, Taylor et les frottements de peaux très sensibles du batteur. Ce projet à l’instrumentation singulière est un exemple significatif des trop rares passerelles qui existent entre musiciens américains et artistes français. Des festivals comme Sons d’hiver nous donnent l’occasion de découvrir sur scène ces belles rencontres qui confrontent les cultures, les histoires musicales et surtout les talents.

Michel Portal & Hamid Drake
Michel Portal & Hamid Drake

En deuxième partie de ce concert donné un dimanche après-midi au Théâtre Paul Eluard à Choisy-le-Roi, le festival nous propose un autre exemple significatif de jazz franco-américain avec la rencontre au sommet du très attendu Michel Portal (clarinette, saxophone, bandonéon) et du batteur américain Hamid Drake. Je savais que Portal était friand de duos : ces expériences avec Richard Galliano, Martial Solal, Mino Cinelu, Jacky Terrasson, Bernard Lubat, Sylvain Luc, Bojan Z... nous l’avaient déjà prouvé. J’avais eu connaissance d’un duo occasionnel entre Hamid Drake et le clarinettiste Sylvain Kassap mais je n’avais jamais entendu et surtout vu ce batteur de Chicago sur scène. Dès les premières minutes, je suis époustouflé par la découverte de son jeu très régulier, d’une énergie redoutable matérialisée par une frappe franche, nette et très énergique. Drake sait tout faire avec très peu de chose et interpelle la curiosité des auditeurs par ses sons et gestes. Avec lui, la batterie n’est plus qu’un instrument de musique : elle devient un instrument chorégraphique avec sa gestuelle épatante. Je ne connais pas d’autres batteurs au monde qui donnent à la batterie le même son, les mêmes rythmiques et couleurs, des idées et un élan identiques, très loin des techniques traditionnelles d’accompagnement souvent entendues dans le jazz. Comment fait-il ? On ne saurait trop le dire mais le plus important est de voir ce batteur opérer sur scène (et pas uniquement l’entendre sur disque), considéré comme l’un des meilleurs dans le monde du jazz actuel. Portal est aussi en très grande forme (jamais vu en aussi grande forme d’ailleurs), de bonne humeur et blagueur à souhait sur une improvisation inspirée du Boléro de Ravel dont il apprend le rythme à Drake. Ce clarinettiste imprévisible est à l’aise dans de nombreux contextes (classique, jazz, musiques improvisées...) avec des musiciens de différents styles et générations. Il démontre très simplement sa spontanéité de propos, son phrasé rond et chantant reconnaissable parmi tous les clarinettistes au monde et sa très grande virtuosité. Il décompose une mélodie dans tous les sens pour en faire ressortir la substantifique moelle. Ce duo soudé nous offre une musique généreuse et riche de sens. C’est aussi ça ce que propose Sons d’hiver.

Je ne parlerai pas plus en détail du reste des groupes proposés par Sons d’hiver, non pas par manque d’intérêt mais par méconnaissance du sujet étant donné que je n’étais pas au rendez-vous.

Sons d’hiver : de nombreuses autres opportunités musicales rares à découvrir

Quand on ne connaît pas les formations ou artistes d’une programmation, on a tendance à foncer voir ceux que l’on connaît et ne pas assez mettre l’accent sur les découvertes, peut-être par méfiance d’être déçu. Ce comportement, je l’ai eu et l’ai encore même après avoir découvert et tenté de découvrir de nombreuses formations. Beaucoup d’autres l’ont, aussi bien du côté des auditeurs, des programmateurs et mêmes des musiciens. Parait-il que cette attitude de méfiance en vers l’inconnu, donc de manque d’ouverture, constaté sur le plan artistique, culturel et même à plein d’autres niveaux est assez française. Nous devons admettre que l’on ne peut s’enrichir, élargir notre culture musicale et plus largement artistique que par des découvertes donc de la curiosité.

Bref, tout cela pour dire que Sons d’hiver nous permet de vivre en live ces découvertes ou redécouvertes lorsqu’il s’agit d’hommages à des noms qui nous évoquent bien quelque chose, en donnant au public l’opportunité d’écouter une musique très variée, excluant totalement le souci d’étiquetage systématique que subit la musique en France, avec parfois des musiciens exceptionnels très peu entendus sur nos scènes parce que nous connaissons peu leurs musiques ou parce que les coûts générés par les transports ne nous permettent pas de les voir dans notre pays. Alors pourquoi se priver d’une telle chance ? Au regard de cette belle programmation, je me dis que je suis certainement passé à côté de très beaux moments, parce que je ne connaissais pas les musiciens qui en étaient à l’origine et que leur musique ne m’évoquait pas assez de choses. La plupart des projets inédits et de créations proposés par Sons d’hiver n’existent pas sur disque à ce jour. Ils n’existeront peut-être jamais compte tenu de la crise du disque, d’où l’intérêt d’aller écouter ces concerts pour avoir au moins entendu et sûrement apprécié une fois dans sa vie la musique de ces beaux projets.

Une chose me réjouit : celle de savoir que Sons d’hiver en est à sa 22ème édition, qu’il a déjà initié de nombreux projets, et rencontres, que les salles que j’ai vu étaient toutes pleines, et que sa programmation en fait un événement unique qui trouve pleinement place dans la sphère des festivals français et à plus large échelle européens. Autre chose me satisfait : celle de savoir qu’un festival de musique sait créer un lien important avec une autre forme d’art. Alors il ne me reste plus qu’une chose à vous dire : n’ayez pas le même comportement que moi : allez voir ce que vous ne connaissez pas à Sons d’hiver l’an prochain parce que peu d’autres manifestations vous proposeront de telles opportunités.


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