« Le jazz tisse sa toile... »
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Vitrine de disques d’avril 2014.

Six disques pour changer d’atmosphère(s)...

D 24 avril 2014     H 06:04     A Thierry Giard, Yves Dorison    


Avec le printemps, nous avons eu envie de couleurs et de changement d’air(s).
Voilà donc une sélection de six disques qui renouvellent chacun à sa façon l’atmosphère du jazz.
Atmosphère, atmosphères... ?

Au sommaire :


ANA KAP : « Ana Kap »

ANA KAP : « Ana Kap » -  voir en grand cette image
ANA KAP : « Ana Kap »
Petit Label / www.petitlabel.com

« Ana Kap, c’est Nino Rota qui prend un café sur les bords de Marne, une cave de jazz enfumée, squattée par des danseuses étoiles de l’opéra d’Oulan Bator, Yvette Horner aux bras de James Bond lors du bal annuel du Grand Orchestre du Consulat Helvétique Oriental (alias G.O.C.H.O.). ». Voilà donc dressé par ses auteurs, le cadre imagé de la musique de ce trio atypique et bigrement imaginatif. Ceux qui ont rencontré la poésie inventive du quintet Renza Bô ne s’étonneront pas de retrouver ici Pierre Millet qui s’affranchit d’une section rythmique pour nous entraîner dans un univers musical singulier qui peut ravir petits et grands. C’est que le garçon a gardé la fraîcheur de son âme d’enfant et ne manque pas de refaire un tour avec délectation dans l’univers malicieux de Jean de La Fontaine, chez le cinéaste Yasujiro Ozu ou de penser aux « enfants qui lisent », passage symbolique vers l’indépendance.
Voilà donc une musique pour toutes les oreilles curieuses et grandes ouvertes, sans faiblesses, forte et fraîche à base d’accordéon (Jean-Michel Trotoux) , de violon (Manuel Decocq), de cornet ou de bugle chaleureux... Une formule « de chambre » comme disent « les grands » où traînent encore quelques jouets ou accessoires inattendus. Tout un art !

. :: Thierry Giard ::.

> Petit Label PL042 / Les Allumés du Jazz et www.petitlabel.com

Pierre Millet : cornet long, bugle, jouets, platine vinyle / Manuel Decocq : violon / Jean-Michel Trotoux : accordéon

01. Agralash 3 / 02. Lisette / 03. Akdov / 04. le corbeau, la gazelle, la tortue et le rat / 05. Le lagon qu’il est bleu / 06. Tafanji Manji / 07. La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf / 08. La mort du singe / 09. Placotango / 10. Trajisme / 11. L’indécise / 12. Le petit poisson et le pêcheur / 13. Zacusca / 14. L’enfant lire / 15. Gosses de Tokyo / 16. L’œil tranquille // Enregistré chez Pierre Millet (Calvados-France) en février 2013

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Brian BLADE & THE FELLOWSHIP BAND : « Landmarks »

Brian BLADE & THE FELLOWSHIP BAND : « Landmarks » -  voir en grand cette image
Brian BLADE & THE FELLOWSHIP BAND : « Landmarks »
Blue Note / Universal

Oublions un peu que Brian Blade est LE batteur du quartet de Wayne Shorter pour nous intéresser de plus près aux orientations artistiques personnelles de ce musicien. « Landmarks » nous en donne l’occasion de belle manière. Il y marque son territoire musical avec son Fellowship Band, sa fidèle équipe de copains, pour ce quatrième album.
Le disque s’ouvre sur une mélodie aux harmonies vacillantes comme l’écho lointain d’un harmonium (intro de Down River). C’est peut-être une allégorie de la résonance, de ces musiques qui se sont croisées dans la vie de ce natif du sud des USA et qui vibrent toujours en lui : gospel, folk, blues, chants amérindiens portés sur les courants du jazz.
Cette musique invite à l’aventure paisible peuplée d’images d’une Amérique plurielle. Une « dimension de voyage dont les »chansons« constituent les différentes étapes. Certains morceaux sont brefs, poétiques, d’autres beaucoup plus longs, sortes de paysages épiques que nous traversons. » revendique Brian Blade. Compositeur et leader, il ne cherche jamais à imposer sa présence à la batterie, assurant avec finesse et un constant souci de musicalité un soutien rythmique irréprochable que complète la présence harmonique et mélodique de son complice pianiste Jon Cowherd.
Cette formation à deux guitares et deux saxophones se prête à une grande richesse de combinaisons au niveau de la texture sonore mais conserve en permanence une limpidité et un naturel qui se révèlent au fil des écoutes : un bon critère de qualité !

. :: Thierry Giard ::.

> Blue Note 0602537702596 / Universal Music France

Jon Cowherd : piano / Myron Walden : saxophone alto, clarinette basse / Melvin Butler : saxophones ténor et soprano / Marvin Sewell, Jeff Parker : guitares / Chris Thomas : contrebasse / Brian Blade : batterie

01. Down River (Cowherd) / 02. Landmarks (Cowherd) / 03. State Lines (Blade-Sewell) / 04. 04. Ark.La.Tex. (Blade) / 05. Shenandoah (trad.) / 06. He Died Fighting (Blade) / 07. Friends Call Her Dot (Blade) / 08. Farewell Bluebird (Blade) / 09. Bonnie Be Good (Blade) / 10. Embers (Blade)

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GET THE BLESSING : « Lope and Antilope »

GET THE BLESSING : « Lope and Antilope » -  voir en grand cette image
GET THE BLESSING : « Lope and Antilope »
Naim Jazz / Harmonia Mundi

« C’est l’aboutissement de quatre jours d’enregistrement, trois ans de tournées et douze ans à boire du thé et du gin. » Dixit le groupe.
Enregistré donc dans une usine de poterie désaffectée avec pour seul leitmotiv, l’improvisation. Eh oui !
Formé en 2000 par Jim Barr et Clive Deamer (rythmique de Portishead) avec en sus Jake McMurphie et Pete Judge, Get The Blessing oscille entre les genres urbains avec une touche de punkitude assez sayante. Non dénué de mélodies acoustiques, l’album accroche l’oreille de prime abord par un vrai son, un son original.
Le quartet de Bristol réussit amplement son pari, un pari risqué qui le démarque nettement de ses précédentes productions. Ici, tout n’est qu’atmosphère, mid tempo, effets et, au final, on se trouve séduit par le savant amalgame ainsi créé.
Bon, on n’est pas à la renverse non plus, mais cela mérite d’être écouter avec les deux oreilles.

. :: Yves Dorison ::.

> Naim Jazz naimcd199 / Harmonia Mundi (parution le 11/02/2014)

Clive Deamer : batterie, tambourin et barabrith / Jim Barr : basses et effets / Pete Judge : trompette, bugle, piano, effets / Jake McMurchie : saxophones ténor et baryton, effets

01. Quiet / 02. Little Ease / 03. Corniche / 04. Antilope / 05. Luposcope / 06. Viking Death Moped / 07. Hope (For The Moment) / 08. Trope / 09. Lope / 10. Numbers // Enregsitré en 2013 au Pays de Galles.

> Retrouvez ce disque dans la « Pile de Disques » de février 2014.

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Hans LÜDEMANN TRIO IVOIRE : « Timbuktu »

Hans LÜDEMANN TRIO IVOIRE : « Timbuktu » -  voir en grand cette image
Hans LÜDEMANN TRIO IVOIRE : « Timbuktu »
Intuition / SocaDisc
On aime ! -  voir en grand cette image
On aime !

Né à Hambourg en 1961, le pianiste Hans Lüdemann a acquis une solide expérience musicale qui l’amène à explorer méthodiquement aujourd’hui des modes de jeu en duo et, surtout en trio. Nous en avons eu une illustration édifiante avec le coffret « Die Kunst des Trios 1-5 » (l’Art des Trios) paru en 2005 sur le label hongrois BMC qui présentait en cinq disques des déclinaisons aux esthétiques contrastées de la formule du trio piano-basse-batterie. Le Trio Ivoire existe, lui, depuis la fin des années 90 et Timbuktu est le quatrième album d’une série commencée en 1999. Autant dire que cette formule ne répond pas à une mode mais à une attirance du pianiste-leader pour les musiques de l’Afrique qui ne date pas d’hier. Si Joachim Kühn a remplacé la basse par le gumbri du marocain Majid Bekkas, Hans Lüdemann a opté pour les balafons de l’ivoirien Aly Keita. On arrêtera donc là le parallèle entre deux trios de pianistes germaniques !
La singularité du Trio Ivoire réside donc dans l’exploration de couleurs et de formes musicales singulières dans des formes, des compositions qui sont autant de passerelles à double sens entre les cultures africaines et européennes. L’instrumentarium en est d’ailleurs l’illustration puisqu’un des balafons se fait chromatique et adapte ses sonorités aux gammes occidentales alors que le piano virtuel permet d’adopter des échelles tonales qui renvoient aux musiques africaines. Christian Thomé complète seq cymbales, toms et percussions d’une légère touche d’électronique pour le liant de cette recette savoureuse.
Il en résulte une musique riche en climats et haute en couleurs basée sur des mélodies et des harmonies d’une richesse inhabituelle. Savante et originale, elle n’en est pas moins chantante et captivante et on se laisse volontiers envoûter par cette découverte imaginaire d’une authentique « fusion » musicale intercontinentale parfaitement aboutie.
Le Trio Ivoire possède une force poétique formidable !

. :: Thierry Giard ::.

> Intuition INTCHR 71310 / SocaDisc

Hans Lüdemann : piano, piano virtuel / Aly Keita : balafon diatonique et chromatique / Christian Thomé : batterie, percussion, électronique

01. Timbuktu / 02. Heartbeats / 03. Maloya / 04. Perles Noires / 05. Love Confessions / 06. Crum / 07. Makuku / 08. Treiben / 09. Douentza / 10. Ndo // Enregistré au Loft de Cologne les 9 et 10 décembre 2012.

> Retrouvez ce disque dans la « Pile de Disques » d’avril 2014.

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Roy NATHANSON’S SOTTO VOCE : « Complicated Day »

Roy NATHANSON'S SOTTO VOCE : « Complicated Day » -  voir en grand cette image
Roy NATHANSON’S SOTTO VOCE : « Complicated Day »
Enja - Yellow bird / Harmonia Mundi

Ça commence comme un jeu d’enfants, version anglophone de « Jacques a dit... va à la pêche  ! » (Simonsays go fishing). Ça se poursuit dans la même veine, enjouée, chantante, légère et très subtile !
Une telle fraîcheur se fait rare aujourd’hui et Roy Nathanson qui n’est pas né de la dernière pluie a la finesse d’un esprit inventif pour ne pas confondre musique actuelle et bétonnage rythmique armé, jazz et sport cérébral. Les ambiances (au sens noble) sont légères et portent l’authenticité des musiques populaires sorties du grenier et dépoussièrées... mais, le jazz est toujours là avec de belles envolées du saxophoniste leader comme dans « No Storytelling ». Voix et cordes s’entrelacent, le trombone de Curtis Fowlkes rugit ou ronronne et, en l’absence de percussion, c« est le »beatboxing« (percussion vocale, Napoleon Maddox fait deux apparitions à ce titre) qui prend le relais par touches et renforce la dimension »nature" de ce disque attachant.

. ::Thierry Giard ::.

> Enja - Yellow bird Yeb-7441 / Harmonia Mundi

Roy Nathanson : saxophones alto, soprano et baryton, voix sur1, 4, 6, 8 / Curtis Fowlkes : trombone, voix, chant sur 3 et 1 / Tim Kiah : basse, voix sur 1 et 3, chœurs / Jerome Harris : guitare, banjolin, voix / Napoleon Maddox : beatbox, chœurs, voix sur 2 et 4 / Sam Bardfeld : violon, chœurs / Gabriel Nathanson : voix et trompette sur 9 / Gerald Sterne : récitant sur 5

01. Simon / 02. Do Your Thing (I. Hayes) / 03. Complicated Day / 04. No Storytelling (Bringing Up The Brought Up) / 05. The Nettle Tree (Stern-Nathanson) / 06. Slow Boat To China (Loesser) / 07. World Of Fire / 08. And / 09. I Can See Clearly Now (J. Cash) / 10. Nettle Song // Enregistré dans le New-Jersey (2013 ?)

> Retrouvez de disque dans la « Pile de Disques » de mars 2014.

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David VENITUCCI Trio : « Travelling »

David VENITUCCI Trio : « Travelling » -  voir en grand cette image
David VENITUCCI Trio : « Travelling »
ENJA – Yellowbird / Harmonia Mundi
On aime ! -  voir en grand cette image
On aime !

On perçoit aujourd’hui une saine émulation dans le petit monde de l’accordéon. Ça bouge et l’instrument occupe une place enviable dans nombre de formations sur la/les scène(s) du jazz.
David Venitucci est un élément essentiel dans ce courant qui fait oublier l’antique piano à bretelles qui devient aujourd’hui un instrument recherché tant son potentiel mélodique, harmonique et rythmique est vaste.
Une polyvalence qui permet à ce trio assez atypique de fonctionner sans failles pour nous emmener sur plusieurs routes à la fois. En se positionnant entre le trombone et la batterie (Denis Leloup et Christophe Marguet pour viser l’excellence !), David Venitucci assure à dix doigts et à bras le corps l’habillage harmonique et les lignes de basse, impulse les mélodies reprises par le trombone et souligne les lignes rythmiques indémaillables tissées par le batterie.
Le disque s’ouvre sur une rêverie solitaire et s’achève comme un songe à trois sur la mélodie de Léo Ferré, Avec le temps... Ce Travelling invite au voyage dans des univers musicaux où se mêlent les saveurs franches et délicates des musiques populaires. Il est agencé avec le savoir-faire d’un architecte jouant sur les formes et les volumes.
Ça chante, ça danse, ça swingue, ça brode et on en redemande !

. :: Thierry Giard ::.

> ENJA – Yellowbird Enj-7742 / Harmonia Mundi (parution le 08/04/2014)

David Venitucci : accordéon, compositions sauf 10 / Denis Leloup : trombone / Christophe Marguet : batterie

01. Rêverie / 02. Travelling / 03. Pêle-mêle / 04. L’impatience / 05. En équilibre / 06. Faux air / 07. Cathédrale / 08. Le nez en l’air / 09. Castel del monte / 010. Avec le temps (L.Ferré) // Enregistré aux Studios La Buissonne (Pernes-les-Fontaines, 84) les 4, 5 et 6 janvier 2013 par Gérard de Haro

> Retrouvez ce disque dans la « Pile de Disques » d’avril 2014.

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