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SUPERSONIC salue SUN RA à Marseille.

ou SUN RA « visité » par Thomas de POURQUERY

D 19 mai 2014     H 07:00     A Florence Ducommun    


Comment parler de Thomas de Pourquery sans répéter ce que disent de lui tous les médias et journalistes accrédités ?
Trublion, fou du roi, illuminé, extravagant, génie et j’en passe... Ce Gargantua du jazz me rend aussi dingue qu’il peut l’être chaque fois où je vais l’écouter...
Ce concert du mardi 6 mai 2014 n’a pas dérogé à ce tremblement de terre dès la première note !

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Thomas de Pourquery, Supersonic - Marseille, mai 2014
© Florence Ducommun

Je pourrais parler d’amour avec Thomas, sans tomber dans la guimauve ! Le véritable Amour dont beaucoup se moquent en riant grassement et en parlant de naïveté... Non, Thomas de Pourquery nous apporte cela en jouant, en chantant de sa voix quelque peu céleste et extra-terrestre (mais n’est-il pas cet extra-terrestre dont Sun Ra annonçait la venue ?). L’état dans lequel je me trouve alors plongée (et on ne rit pas SVP !) s’apparente aux délices de l’amour et son septième-ciel. J’en veux pour preuve la décharge d’endorphines qui s’en est suivie et l’absence totale de fatigue malgré le coucher tardif et les kilomètres parcourus. Un ressenti global... très féminin !

Autour de Thomas de Pourquery, l’équipe de choc de Supersonic avec Laurent Bardainne (saxophones ténor et baryton),Fabrice Martinez à la trompette (mon coup de cœur de février 2014 - lire ici !),Edward Perraud le batteur fou (!), Frédéric Galiay à la basse et Arnaud Roulin aux claviers.

Edward Perraud - Marseille, mai 2014 -  voir en grand cette image
Edward Perraud - Marseille, mai 2014
© Florence Ducommun
Fabrice Martinez - Marseille, mai 2014 -  voir en grand cette image
Fabrice Martinez - Marseille, mai 2014
© Florence Ducommun
Laurent Bardainne - Marseille, mai 2014 -  voir en grand cette image
Laurent Bardainne - Marseille, mai 2014
© Florence Ducommun

Le concert à présent... The Perfect Man ouvre la danse : premières notes, premier coup de foudre, je me tourne vers mes copains, on sent que Supersonic va donner ce soir ! Dans le désordre, nous entendrons aussi et plus particulièrement Shadow World (Laurent Bardainne au saxophone baryton dans un motif répétitif hallucinant, très physique), Love in Outer Space où la voix pure de Thomas de Pourquery me donne la chair de poule :
- "Sunrise
- Love for everybody
- Sunrise In Outer Space
- Love for every face...
"
C’est presque une berceuse amoureuse.
Enlightenment où les 6 musiciens chantent ensemble par groupes de 2, « Hereby, my Invitation - I do invite you be of my Space World ... ». Je voudrais chanter aussi et je murmure dans le noir...

Watusi Egyptian March est à l’opposé un joyeux tohu-bohu où chacun se déplace et trouve sous la main ce qui peut faire caisse de résonance, Rio à Marseille...
C’est là que j’ai imaginé ce concert au milieu d’une foule dansante et non pas assise et bien installée. Les jambes me démangent.

Puis Discipline avec un Martinez merveilleux, d’une douceur infinie, le titre tiré du CD de Sun Ra « Space is the place » n’ayant rien de disciplinaire ! Bien au contraire...
Je me souviens aussi de la batterie folle de Perraud dont les cymbales volent à nouveau. Ou encore les coups de l’énorme gong derrière lui qui vont droit au plexus. Il nous sidère par sa démesure en reculant tout en jouant et poussant le gong en arrière. Il repousse les limites, c’est bien cela !

Edward Perraud - Marseille, mai 2014 -  voir en grand cette image
Edward Perraud - Marseille, mai 2014
© Florence Ducommun
Thomas de Pourquery - Marseille, mai 2014 -  voir en grand cette image
Thomas de Pourquery - Marseille, mai 2014
© Florence Ducommun
Thomas de Pourquery, Fabrice Martinez - Marseille, mai 2014 -  voir en grand cette image
Thomas de Pourquery, Fabrice Martinez - Marseille, mai 2014
© Florence Ducommun

En tout deux heures de concert avec deux reprises et un public qui ne voulait rien lâcher ! Encore ! Encore !
Les mains claquent, les pieds tapent !
C’est le délire et Thomas de Pourquery revient avec Martinez et Perraud. Impro totale, des notes lancées au public qui reprend les ritournelles ! Ah comme on vous aime les gars, ne pas vous quitter, faire la fête toute la nuit avec vous, personne n’a envie de clore la soirée qui se prolongera devant le théâtre en prenant un verre pour attendre la sortie des artistes !

Ce concert a été un grand moment populaire, pour le peuple dans le sens festif ! Je crois que les cris des marseillais n’étaient pas maîtrisables, jaillis du plus profond d’eux-mêmes. La circulation d’énergie a été circulaire tout au long du concert, totalement magique...
Et ce soir-là, l’échange a été total. Les musiciens ont certainement ressenti cette alchimie et ce bonheur partagé entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent. C’était palpable. En cela, Thomas de Pourquery est un émissaire idéal de l’Amour dont parlait également Sun Ra.

Théâtre du Gymnase - 4 Rue du Théâtre-Français 13001 Marseille - Mardi 6 mai 2014 à 20h30.

> Pour aller plus loin...

  • On lira avec intérêt l’entretien avec Thomas de Pourquery dans JazzMagazine/Jazzman de février 2014 . Quand on pense que Thomas de Pourquery s’est fait voler son ordinateur avec tous les arrangements deux semaines avant la création, après plus d’un an de travail ! On remercie presque le gredin qui a provoqué un tsunami créateur pour accoucher à nouveau de partitions qui n’avaient plus rien à voir avec les premières... Incroyable,mais vrai !
  • Lire également la chronique du CD dans la « Pile de disques » de mars 2014 (par Thierry Giard).
  • L’interview de Thomas de Pourquery dans Culturebox
  • Écouter aussi l’émission de Jazz à FIP qui lui est consacrée en première partie lors d’une rencontre fortuite dans les couloirs de RadioFrance ! (Très belle petite sélection de plages musicales par T. de P....)

PS : que les puristes ne me tiennent pas rigueur en ce qui concerne une analyse parallèle de Sun Ra et Thomas de Pourquery... Je connaissais bien sûr Sun Ra mais d’assez loin et j’était plus séduite par son côté hors-norme que par sa musique. Du coup, je l’écoute à nouveau, d’une toute autre oreille. Merci Thomas de me le faire redécouvrir !

> Lire aussi dans les pages de CultureJazz.fr :
À propos de deux concerts en 2011,


> Liens :