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Les cartes postales : Raven, un drôle d’oiseau...

Meilleurs souvenirs des pays du jazz...

D 1er février 2015     H 05:30     A Christian Ducasse, Florence Ducommun, invité(s), Thierry Giard, Véronique Pinon    


Envoyez-nous vos meilleurs souvenirs « jazz et musiques improvisées » : nous les publierons ! Comment faire ?.
À quand de vos nouvelles ?


Ci-dessous, les « cartes postales jazz » de :
Raven au New-Morning (Paris) | Sara Lazarus Quartet au Sunside | Nuit TSF Jazz 2014 à l’Olympia (Paris) || Le crooner lyrique, à Paris (20è) || Airelle Besson : « Fatty se déchaîne » à Coutances ||« Over The Hills » à Rochefort-du-Gard || Eric Bibb - Ruthie Foster - Harrison Kennedy à Coutances

> Paris, New Morning le 29 janvier 2015 :

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RAVEN un drôle d’oiseau !

RAVEN, alias Manu Domergue aime les mots, les verbes, au diapason de son jeune mentor Samy Thiebault, créateur du label Gaya. Quelques années après sa création, Gaya apparaît telle une galaxie, territoire d’expressions multiples sans format préconçu. Ainsi va l’œuvre de Manu Domergue, chanteur rare qui récemment lors d’une jam avait capté l’attention de la belle newyorkaise Becca Stevens. C’était il y a à peine un mois sur cette scène étincelante du New Morning, de celles qui permettent d’étendre ses ailes même si on se réclame de Maître Corbeau. Raven, sans discuter, un nouvel et singulier oiseau qui prolonge sur scène la densité d’un CD paru il y a peu chez Gaya Music (distribution Socadisc - chronique ici). Ce mercredi soir, Manu Domergue et ses amis conviaient d’autres originales présentes dans leur disque : Mônica Passos et Leila Martial furent de leurs envolées pour le bonheur d’une salle copieusement remplie.

. ::Christian Ducasse ::.

RAVEN : Manu DOMERGUE : Chant/Mellophone, Raphaël ILLES : Saxophones, Damien VARAILLON-LABORIE : Contrebasse
et Nicolas GRUPP : Batterie/Glockenspiel. Invitées : Mônica PASSOS et Leïla MARTIAL

> Sara Lazarus Quartet au Sunside (Paris) - 30 Décembre 2014

Finir l’année en gaieté (et en jazz)

La célèbre comédie musicale « Un américain à Paris » affichait complet. De même pour Le Sunside et son américaine à Paris, Sara Lazarus.
Depuis longtemps en effet cette chanteuse s’est établie dans la capitale et sillonne les clubs européens, français et donc parisiens répandant, ses standards, son swing, son énergie scénique, sa gaieté sur son passage.
Ses standards venus de Cole Porter, de Betty Carter, de Monk, nul besoin de les dépoussiérer ou de les rajeunir : sortis de leur écrin, ils sont inaltérés . Sara Lazarus leur redonne vie tout simplement. Avec fougue, invention sans affectation : l’émotion intacte.
Et pour ce faire, un trio l’épaule avec complicité. Ce n’était pas Alain Jean Marie au piano mais Vincent Bourgeyx ( parti à la fin de ses études aux Etats Unis et de retour en France après le 11 septembre 2001) ainsi que Gilles Naturel à la contrebasse et Philippe Soirat à la batterie. Le tout servi sans pingrerie mais avec une grande générosité : rien moins que trois set et même si nous avons dû autour de minuit nous dispenser du dernier (métro oblige !), cela faisait déjà deux heures que Sara Lazarus swinguait sur scène pour le plaisir de ceux qui avait choisi de finir l’année en beauté.

La chanteuse Anne Ducros lui succédera les 23 et 24 janvier prochain.

. :: Jean-Louis Libois ::.

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Souvenir de la nuit TSF JAZZ à l’Olympia.
Que du beau monde, avec en surprise Marcus Miller (basse) pour la fin, accompagné par Avishai Cohen (trompette) et le groupe Electro Deluxe.

. ::François Gournel ::.
(envoi à CultureJazz.fr)

YOU AND THE NIGHT AND THE MUSIC
Olympia - Paris - lundi 12 décembre 2014 - 20h00

> Paris - novembre 2014.

Le crooner lyrique

Opéra & jazz

Coup de chapeau au « crooner lyrique » Stéphane Lasry vu (et entendu ! ) au Théâtre Populair du Reinitas, dans le vingtième arrondissement parisien. Ce pianochanteur seul sur scène nous conte la tumultueuse histoire de Carmen.

Certes «  L’amour est décidément un oiseau rebelle », c’est la raison pour laquelle Mr Jazz tente de raisonner Moralès : « You don’t know what love is » ! L’originalité de ce spectacle réside dans l’alternance constante des registres.

Oscillation permanente entre le lyrique (pas seulement Bizet, mais aussi Purcell, Mozart, Gounod, Wagner) et le jazz ; le tout sur des paroles écrites et adaptées en français. L’artiste entonne de sa voix de baryton «  It don’t mean a thing » et virevolte de corps et d’âme (« Body and soul  ») en voix de tête, le tout avec aisance, incarnant les différents personnages…

Au bout d’une heure, le torréador nous adresse ses remerciements sur le rythme brésilien de Desafinado. Ainsi se conclut ce spectacle vitaminé au cours duquel se seront mêlés les harmonies jazz et l’art du bel canto.

. ::Véronique Pinon ::.

Théâtre Popul’air du Reinitas - 34 rue Henri Chevreau, 75020 Paris - Tél : 01 46 36 74 15

> Coutances (50) - Théâtre Municipal, le vendredi 28 novembre 2014 à 20 h 00.

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Rire en noir et blanc,

Chez Airelle Besson c’est surtout le talent et les qualités de la trompettiste qu’on connaît et reconnaît. En acceptant de devenir pour deux ans « artiste en résidence » à Coutances, elle apporte la preuve de sa capacité à composer et monter des projets, parfois dans des délais courts.
Pour exemple, ce ciné-concert « monté » en quatre jours sur trois courts-métrages d’une grande drôlerie réalisés en 1917 par Roscoe « Fatty » Arbuckle. Présenté en séances scolaires avec beaucoup de succès, on le retrouvait ce vendredi soir en séance « tous publics ». Une réussite car le travail des musiciens imbrique avec subtilité les bruitages et un accompagnement musical original à base de mélodies simples et de rythmes associés au déroulement souvent trépidant de la narration.
Airelle Besson et l’accordéoniste Lionel Suarez ont déjà travaillé ensemble dans d’autres contextes. Ils ont trouvé en Jocelin Quentin (percussions) et Jérémy Delorme (platines, scratch) deux complices polyvalents particulièrement inventifs.
Une création qui mériterait de ne pas rester sans lendemain.

. ::Thierry Giard ::.

PS : on notera qu’Airelle Besson a déjà l’expérience d’un ciné-concert d’envergure puisqu’elle a écrit une partition pour l’Orchestre National de Lyon sur le film « Loulou » de Georg Wilhelm Pabst/ Allemagne, 1929. (commande de 2012. À Lyon, le 17 octobre 2014...)


> Chapelle du Castellas - Rochefort-du-Gard (30) le 15 novembre 2014 à 20h30

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Alain Blesing, Olivier Thémines et Jean Aussanaire : « Over The Hills »
© Florence Ducommun - novembre 2014

« Over The Hills ! »

Une des œuvres maîtresses de Carla Bley revue grâce à Bernard Santacruz et Bruno Tocanne, avec l’aide de sept autres musiciens : un rêve qui se réalise !

Un succès bien mérité pour ce 14ème concert, ce qui est une performance à l’heure actuelle, soulignée par Rémi Charmasson à l’origine de la programmation de cette œuvre à la Chapelle du Castellas. Ce concert a été dédié à la mémoire de Jack Bruce décédé dernièrement, bassiste électrique membre du groupe Cream. Il jouait dans « Escalator over the Hill », opéra ambitieux crée en 1971 par Carla Bley et Paul Haines. À l’époque, des musiciens aussi importants que Don Cherry, John McLaughlin, Paul Motian, Charlie Haden (entre autres) ont été associés à ce projet.

Ce soir-là, les neuf musiciens qui n’ont pas démérité : Antoine Läng (voix, électronique), Jean Aussanaire (ss, ts), Olivier Thémines (bcl, as), Rémi Gaudillat (tp, bugle), Fred Roudet (tp), Perrine Mansuy (p), Alain Blesing (elg), Bernard Santacruz (elb, cb), Bruno Tocanne (dm).

A suivi très opportunément la projection du film Mortelle Randonnée de Claude Miller avec Isabelle Adjani et Michel Serrault, dont la bande son avait été composée par... Carla Bley !

. ::Florence Ducommun ::.


> Coutances (Manche), samedi 15 novembre :

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Harrison Kennedy, Ruthie Foster, Eric Bibb,
© Thierry Giard - novembre 2014

Nous rêvons...

Vous rếvez ? Ils rêvent !
Ils ont rêvé qu’en montant ensemble sur scène pour reprendre le flambeau des grands « blues, folk, pop singers » des années 60, ils pourraient parler d’un monde meilleur (Promise of a Brand New Day, dit Ruthie). Eric Bibb a proposé à Ruthie Foster et Harrison Kennedy de s’associer pour unir leurs voix comme ici à Coutances en cet automne 2014 pour cheminer ensemble et porter un message de paix et de fraternité.
« We Have a Dream » est un hommage à Martin Luther King. Il y est aussi question de marche, de passages et de ponts, symboles d’engagement et de détermination. Pour eux, il est urgent de porter à nouveau ces messages de tolérance et de défense des libertés. Un magnifique moment où le blues se teinte de folk music et de soul paisible : musique des racines sans nostalgie, pure et toujours ancrée dans le présent au regard du passé.
Nous connaissions Eric Bibb, grand monsieur du blues tempéré. Ruthie Foster nous a impressionné par la sincérité sans faux semblants de sa voix chaude et expressive. Harrison Kennedy nous a enchanté par sa bonhomie et son approche qui nous transporte aux racines du blues : la profondeur du chant et de l’âme. Le québécois Michael Jérome Brown complète l’équipe, apportant les bonnes vibrations d’un jeu de guitare sobre et chaleureux.

Marchons, marchons... pour défier les vents contraires... (« Blowing in the Wind » chantèrent-ils).

Peace !

. ::Thierry Giard ::.

  • Écoutons : Eric Bibb : « Blues People » - Ruthie Foster :« Promise Of A Brand new day »
  • Lisons : « Marcher, une philosophie » de Frédéric Gros [Champs essais - Flammarion 2011] - « Protest Song », la chanson contestataire dans l’Amérique des sixties - Yves Delmas - [Editions Le Mot et le Reste]

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